Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck.

« Une force qui est, qui ne peut pas être seulement de nous, mais qui ne peut pas être sans nous. Cela c’est de Dieu. - Mais je ne sais absolument rien de Dieu je sais seulement qu’il y a quelque chose en moi qui monte. C’est une trace, un chemin, un parcours toujours nouveau. » - Marcel Légaut

samedi 11 février 2012

7 - La première fuite


En ce temps-là, celui de la très Sainte Église Catholique triomphante et tutélaire il y avait une messe chaque dimanche à partir de cinq heures du matin jusqu'à l'heure de l'apéro. Nous y allions rarement tous en famille. Chacun choisissait son heure. Je devais accompagner l'un de mes parents où mon frère. Vers l'âge de 10 / 11 ans, je réussis à gagner en autonomie, considéré comme suffisamment grand, je pus aller à la messe seul. Plus précisément, je partais en avant, pour arriver à l'heure, ce qui était un gage de bonne catholicité vis-à-vis des parents, tandis que mon père avait tendance à toujours être en retard. À ce propos d'ailleurs, la question se posait de savoir à partir de quel quantité de retard la messe était encore « valable ». Je me souviens que ma mère, désireuse d'être en règle avec le ciel, la posa à un prêtre en visite chez nous, mais j'ai oublié sa réponse… 


Les églises étaient alors bondées, les retardataires s'agglutinaient debout dans le fond, quelques téméraires osaient s'avancer dans l'allée centrale après avoir repéré une chaise vide. Mieux valait affronter quelques regards courroucés pour atteindre une place assise, plutôt que de poireauter debout serrés comme des sardines.

Donc, parti en avant, plutôt que de rejoindre l'église, je me rendais dans une ruelle éloignée, et là, avec délectation, sentiment de liberté, plaisir de la transgression, je fumais en cachette quelques cigarettes achetées avec l'argent détourné des commissions. C'était un enivrements délicieux. Comme j'avais le droit de mettre le dimanche une vieille montre de mon frère, je surveillais la grande aiguille, histoire de revenir à l'église cinq minutes avant la fin, de sortir avec tout le monde et de chercher mon père du regard pour rentrer avec lui main dans la main. Parfois il semblait émettre quelque doute :
 — Je t'ai cherché du regard, et je ne t'ai pas vu !
— Ah bon ? Pourtant j'étais là !

Plutôt que l'amour cultivé avec Jésus, j'entrais dans le mensonge.
Bien évidemment, la très Sainte Église Catholique n'y est pour rien…

5 commentaires:

  1. J'aurais tant aimé échapper à la surveillance parentale pour ... aller à la messe !

    Piété ou désir de transgression ? je penche pour la première réponse, parce que cela m'arrange.

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  2. Et si c'était les deux ?
    Après tout, ce qui caractérise Jésus, n'est-il pas qu'il est un être transgressif ?
    Il ose tout ce qu'il ne faudrait pas faire
    et on finira par avoir sa peau…

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  3. Je trouve ça tellement sain de transgresser ces lois absurdes. Un petit coin de liberté...

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  4. « Un petit coin de liberté »… Oui !
    Je pense à la chanson de Brassens :
    un petit coin de paradis
    contre un coin de parapluie

    Ce protéger par la transgression…

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  5. Ah ! quelle chance d'avoir vécu son enfance à une époque où il y avait encore des tabous à transgresser... aujourd'hui il me semble que la transgression est récupérée par le système et devient la règle (mais je m'égare...)

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