Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


dimanche 12 février 2012

8 - Transgression vacancière

Au cours des vacances familiales d'été, au bord de la mer ou à la montagne, les jours où le temps ne semble guère favorable, on fait des « excursions », lesquelles consistent le plus souvent à rouler en voiture et visiter des églises… C'est en tout cas le souvenir que j'en ai.


En ce temps-là, elles sont ouvertes à tous les vents. Les vols de statues et autres objets de culte ne sont pas encore à la mode. Même chez les malfrats, ce serait sacrilège ! Comme ce n'est pas aux heures des messes, que les curés ne rôdent pas, que mes parents sont occupés à lire le « Guide bleu » et chercher la statue du XIIe siècle  de Sainte Machine, qui guérit du rhume de cerveau, je me dis que je peux en profiter. Occasion rêvée de « monter en chaire », c'est-à-dire de gravir les marches qui mènent à cette sorte de podium adossé à un pilier de la nef, où le prêtre proclame son sermon en tentant de se prendre pour Bossuet. Découvrir cet endroit interdit ou le divin doit certainement planer au-dessus de la tête du prêtre, telle la Colombe à rayons qui orne généralement le dôme de la chaire. Peut-être aurais-je là quelque révélation secrète.
Mais mieux encore, pénétrer dans le choeur, franchir la grille interdite qui sert de banc de communion, monter les quelques marches, oser me croire enfant de choeur quelques instants, découvrir la clé du tabernacle et son petit ruban à pompon rouge, cachée sous le tapis de l'autel, trembler intérieurement à l'idée de la saisir, d'ouvrir la petite porte à côté de laquelle brille la lumière rouge, signe de la présence divine. Oui, pourquoi ne pas oser, subrepticement, pour voir quel mystère apparaîtrait, pour voir si Jésus ne se mettrait pas à émettre quelques rayons, comme ceux que l'on voit irradier de sa tête sur les images pieuses.

C'est alors que le courroux familial s'abat sur moi. Interdit ! Descends de là ! C'est une honte ! Tu iras te confesser !

Me voici sacrilège ! Je devrais pourtant savoir que, ni Dieu, ni Jésus ne sont accessibles. Assignés à résidence dans leur petite prison. Visite totalement interdite. C'est la loi. C'est la règle. Ne laissez pas venir à moi les petits enfants. C'est la très Sainte Église Catholique qui a enseigné tout cela à mes parents bons pratiquants.

12 commentaires:

  1. Je suis le feuilleton depuis le début.
    C'est étrange, ça colle assez bien avec mon expérience. Pourtant, je n'ai pas été élevé dans une famille catholique. Mes parents n'étaient même pas passés à l'église pour leur mariage.
    J'ai pourtant été baptisé par tradition j'imagine. A l'époque de ma communion solennelle, j'ai rêvé de devenir prêtre, pour la fascinante possibilité de faire surgir Dieu du bout des doigts...
    N'ayant plus la foi et l'existence ou l'inexistence de Dieu (mais qu'est-ce que Dieu ?) étant indémontrables, je suis, par définition, un agnostique.
    Par bonheur, la spiritualité n'est pas réservée aux croyants. L'expérience mystique elle-même me semble ouverte à tout un chacun, athées compris.
    Je suis curieux de lire la suite.

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  2. Content, Walrus, de te voir suivre le feuilleton.
    Je suis tout à fait d'accord, l'expérience mystique est ouverte à tous.
    À tous ?… Je mettrais presque un bémol : est-elle vraiment accessible à tous les gens d'église, « fonctionnaires de Dieu », comme le titre d'un livre d'un ancien moine. Ils me semblent tellement emberlificotés dans leurs pratiques réifiées...

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  3. Ben moi, j'aurais bien aimé visiter les églises, mais non, ma mère était malade en voiture, alors pas d'excursion. J'étais donc condamnée à accompagner mon père au match de foot.

    Décidément, on n'a pas le parents qu'il nous faut.

    Commentaire sur le commentaire ci-dessus : pour avoir été le témoin émerveillé du regard d'amour que le Père L* portait sur le Christ avant de célébrer la messe, je vous accuserais (!) volontiers de généralisation abusive. Par contre, je doute de la capacité à aller jusqu'à l'expérience mystique (ou seulement spirituelle) des hussards noirs de la République qui m'ont dressé à la soumission (peut-être une généralisation hâtive et abusive ;-) )

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  4. moi je "vois" ce petit garnement qui s'en va fouiller dans le tabernacle, saint des saints!!!
    Il est insupportable...!!!! ;-)))

    Ton dernier paragraphe... c'est exact que Jésus a été emprisonné de mille façons!

    je te suis avec beaucoup de curiosité...je m'y reconnais tellement, sauf que moi dans les circonstances que tu décris, je suis restée une petite fille sage et obéissante: je me mourrais d'ennui, mais j'attendais...
    Je crois que tu avais le bon bout: celui de la rébellion!

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  5. Et bien, chère Nicole, j'accepte la mise en accusation ! Et même, je suis disposé à accepter le « plaider coupable »… :-)
    En effet, comme vous je pense, certains curés W et abbés Z ont aussi été pour moi des exceptions qui confirment la règle… !

    Il est probable que les hussards noirs de la république se sentaient tout aussi missionnaires que les "corbeaux" (*) de la très Sainte Église Catholique…
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    (*) Sur l'emploi que je fais du mot corbeau, il faudra lire les billets à venir pour comprendre pourquoi j'utilise ce vocables.

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  6. Il se fait, chère Coumarine, que je me demande si Jésus était un petit garçon bien sage…
    Dans l'Évangile, je cite de mémoire, il me semble qu'il est dit quelque part : « il grandissait en sagesse et en grâce ».
    J'aurais tendance à croire qu'il s'agit, comme on dit aujourd'hui : « d'un élément de langage » !…
    Vu le <bord**, pardon le bazar, qu'il a mis plus tard un peu partout…

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  7. Je te lis avec beaucoup d'intérêt, Alain, depuis le début . Moi aussi je revois mon enfance catho entre tes lignes:)) Et j'ai pris beaucoup de distance vis à vis de la "religion "que tu décris si bien.

    Mais j'aime beaucoup le commentaire de Nicole86 aussi.

    J'en ai connu des hypocrites en soutane, mais je connais aussi une femme, qui a voué sa vie à Dieu depuis presque 70 ans. Elle en a 90 ! Je ne connais pas de personne plus rayonnante qu'elle:))) sans doute parce qu'elle vit sa foi , sans vouloir l'imposer aux autres.
    Clementine

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  8. Oui, comme souvent, ceux qui vivent sans vouloir imposer, gagnent en crédibilité, de fait…

    Il faut côtoyer des personnes rayonnantes…
    Elles nous éclairent !

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  9. Monter en haire, ça je l'ai fait (mais à mon époque les curés n'y montaient plus). Par contre, ouvrir le tabernacle, ça j'aurais pas osé ;)

    L'esprit de transgression à commencé tôt et audacieusement, chez toi :)

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  10. Je pense que mes audaces transgressives n'ont aidé quelque peu à sauver ma peau !
    ( Celle-là… Comme d'autres…)

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  11. Mon professeur de religion ( à 8ans) était une religieuse qui de surcroit était la mère sacristine de son couvent( les religieuses du Sacré Coeur) Elle racontait que tous les matins ,elle allait dire bonjour à Jésus dans son tabernacle. Elle ouvrait le petite porte ,elle prenait une hostie et l'embrassait puis remettait tout à sa place. J'étais fascinée par ce qu'elle nous racontait et je me disais:" Comme elle a de la chance !..."

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  12. Jusqu'au la sublimation va-t-elle se nicher…

    Mais quand même, cela ne vaut pas les orgasmes mystiques de Thérèse d'Avila…

    Quoique, comme tu avais huit ans, la religieuse de raconter peut-être pas tout…

    Bon, plus sérieusement… D'une certaine manière cette démarche est assez touchante…

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