Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

-------


" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


mardi 19 novembre 2013

62 - Le Royaume c'est maintenant (2)


Dans ce texte de l'évangile, on voit un prof de fac surdiplômé faire passer un examen à Jésus, pour voir s'il peut obtenir un Master en Théologie ! Le must en quelque sorte… Jésus rend une excellente copie et obtient les félicitations du jury. Mention très bien.
Le problème c'est que Jésus renvoit le type dans les cordes… Il dit au prof spécialiste que tout ce fatras de connaissances, de règles et de préceptes n'empêchent pas que ce savant est à côté de la plaque : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu ». Ce qui veut dire en substance, mon pauvre gars, tu n'y es pas encore… Même si tu es un grand spécialiste…

Alors quoi ? Tout bien faire : ça ne suffit pas ? Qu'est-ce qu'il faut de plus encore ? Qu'est-ce qu'il faut ajouter ? Quel ingrédient manque ? Il n'y a pas assez de sel ? Pas assez de sucre ? Faut rajouter du beurre ? Mais quoi, à la fin !
Est-ce que cela veut dire qu'au final ce royaume ne sera jamais accessible au commun des mortels et même aux spécialistes tous aussi mortels ?

Quand je regarde mon expérience de vie, je constate que tout ce que j'ai pu apprendre ou qu'on m'a forcé à apprendre en ce domaine, cela ne m'a jamais vraiment conduit vers aucun royaume qui puisse procurer la paix heureuse.
Je n'ai pas non plus trouvé cette paix dans bien d'autres circonstances, dans mes errances, mes erreurs, mes fausses croyances si nombreuses et que je prends pour argent comptant.

Autrement dit, il n'y a rien à ajouter encore. Au contraire il y a à élaguer et élaguer encore, tout l'inutile fatras pesant et qui cloue plus d'un sur place…

Le Royaume c'est maintenant, suppose un retournement par l'intérieur, une petite révolution (au sens de : quelque chose est révolu, obsolète, donc poubelle! Par exemple toutes les représentions de dieu…). Finalement c'est d'une "conversion" dont il s'agit. Voila le mot. Pas au sens religieux ("La conversion ne mérite ce nom selon l'Église, que dans la mesure de sa conformité au dogme que l'Église a défini" - Traité de théologie…. Mouarf ! … )
Une "conversion" au sens de : "Changement du sens d'un mouvement en cours, par retournement".

Pour ma part, je ressens ce changement du sens, comme un mouvement constant, comportant des va-et-vient, des retours arrière, des progressions et des régressions, des certitudes et des doutes, des accommodements douteux et des rigueurs intenses.
Si le royaume c'est maintenant, moi, je n'y suis pas toujours…

11 commentaires:

  1. « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu ».
    Il me semble que cet homme a dû bondir de Joie en entendant Jésus lui dire cela.
    Pour moi ça veut dire : "Oui, oui, continue, tu es proche proche ! kéa

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis pas bien sûr de ça ! (bondir de joie), vu que lui et les autres profs n'ont plus rien dit , et n'ont plus posé de questions... Alors, peut-être que c'était en raison d'un retournement intérieur ?
      Parce ce que le "continue" ça suppose d'abandonner tout ses "savoirs de riche de connaissances" et... suivre Jésus, ... à leur yeux ce petit étudiant.... :-)
      (pour rester dans ma comparaison contemporaine...)
      ce petit prophète de catégorie inférieure auquel il faudra bien faire rendre gorge un jour....

      en revanche ce que je trouve "fort" c'est comment Jésus lui tend la main, lui indique un chemin et le laisse libre dans le même temps, car il ne lui donne aucun "ordre" quelconque....

      Supprimer
    2. Je n'avais pas cliqué sur ton lien (Dans ce texte de l'évangile) relatant l'événement.
      La phrase suivante : "Voici le premier: Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur" me semble sectaire et tout ce qui est sectaire me fait dresser les poils sur les bras.
      Mais celle-ci : "tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force." fait que mon cœur se met à danser (ce qui pour moi indique que ce sont bien là des paroles d'un grand maître).
      En ce qui concerne le fait que personne n'a plus rien dit ni posé de question, à mon avis c'est qu'ils ont été touchés profondément et qu'ils en sont restés bouche bée et Jésus a dit : "Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu." parce que pour un instant il avait oublié toute sa science et était redevenu comme un enfant, parce que c'est bien vrai ça qu'il n'y a que les cœurs d'enfants qui peuvent entrer dans le royaume.
      Enfin, c'est ma compréhension à moi de la situation,... pour le moment ! kéa

      Supprimer
    3. C'est très intéressant la perception et la compréhension que tu as de ce texte. J'ai du mal à voir de cette manière, qui est pourtant si dynamique et prometteuse !
      Je réalise en te lisant que tous ces gens savants qui gravitent dans l'évangile, tous ces curés et prélats d'aujourd'hui.... je ne les crois pas capables de sortir de leur suffisance ! (celle que je leur attribue en tout cas...)
      Je suis encore loin moi-même du royaume alors.... gardant rancoeurs contre eux en raison de mon histoire personnelle largement relatée ici....

      Supprimer
  2. Ces deux textes sur " Le royaume , c'est maintenant" m'interpellent.
    Le royaume est proche, cela voudrait peut-être dire qu'il est déjà là et en nous. Il est derrière cette porte que nous tenons fermée par peur d'être trop aimé ou pas assez, parce que nous avons des réticences à accueillir pleinement ce que nous sommes et ce que les autres nous renvoient...; parce que tout ce qu'on sait ou qu'on croit savoir encombre faussement tout ce qui est et est à venir en nous, et je te suis quand tu dis qu'il faut peut-être commencer par "élaguer tout ce fatras pesant " qui nous plombe la vie!
    Ce royaume est ici et à venir en même temps, il est à construire et à faire grandir. Chacun à notre place, nous y participons déjà mais sans vraiment en prendre conscience sauf à partir du moment où s'amorce en nous ce changement de direction que nous sommes seuls à saisir et à décider de prendre. Dieu propose , l'homme dispose!
    Dieu n'existe pas en temps que représentation d'un idéal, d'un "obligé à suivre, il est plutôt de l'ordre du relationnel, d'un choix à faire en toute liberté pour faire grandir la vie qui coule en nous, par cette essence même, ce carburant de notre énergie vitale et spirituelle( d'où cette idée de mouvement, de va et vient, d'aller-retour , de doutes et de certitudes dont tu parles ).
    Dieu est l'invitation à changer notre regard sur nous-même et sur les autres, à changer notre écoute pour mieux percevoir cette petite voix intérieure qui nous conduit vers l'essentiel, vers cette conscience d'être , plus que d'avoir.
    Cet évangile dont tu parles me fait penser à celui de l'homme riche ( Marc 10, 17-27) qui demande à Jésus ce qu'il doit faire pour obtenir la vie éternelle, une vie plus belle encore que celle qu'il a , alors qu'il pense avoir déjà tout fait en suivant tous les commandements.Jésus lui dit "une seule chose te manque! ".Et c'est le regard que Jésus va lui adresser qui va le bouleverser profondément. Amour et tendresse lui sont offerts en face à face. Que va-t-il en faire? Il y a une invitation , un choix de vie à faire!
    Nos richesses ne sont pas seulement d'ordre matériel. Elles sont un don à partager. Et ce blog en est un, ce blog qui livre tes textes propices à notre réflexion et au partage de tous les commentaires qu'il suscite)...
    La relation entre les hommes devient comme un trésor que l'on découvre et que l'on veut garder précieusement, comme un diamant qui brille de tous ses feux pour faire rayonner en soi et autour de soi cette joie de vivre qui devient plus forte que toutes les difficultés auxquelles la vie nous confronte car l'espérance qui nous habite alors nous pousse en avant.
    Le Royaume de Dieu apparaît alors plus comme un mystère à approfondir, un dérangement à accueillir, une liberté à saisir (la liberté des enfants de Dieu) une joie à partager; Il est une promesse d'éternité! ça commence ici et maintenant.
    Tu dis que tu n'es pas toujours dans ce royaume mais moi, je crois que dès l'instant qu'on cherche, on est sur le bon chemin, cette recherche n'empêche pas les difficultés mais elle nous appelle à rebondir sur notre passé et comme l'eau érode la pierre, notre pierre à nous ( notre caractère parfois dur et entier) est façonnée par toutes nos expériences et c'est en les partageant pleinement qu'on marche vers un mieux être,. Le royaume en nous devient alors comme une certaine sérénité et paix intérieure.
    Brigitte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci, Brigitte, de prendre le temps de ce commentaire intéressant qui me rejoint pour l'essentiel.
      Je soulignerai simplement ce que tu dis sur la croyance d'un dieu apparaissant comme une figure d'idéal, conception souvent inculquée dans l'éducation, alors que Jésus nous parle d'un père et d'une relation à ce père qu'il nous montre lui-même.
      Pour ma part, je vis le père comme celui qui invite à « être », à exister, à devenir pleinement soi. C'est ainsi que j'ai essayé et que j'essaye toujours d'être, autant que faire se peut, en tant que père vis-à-vis de mes enfants. La transmission de la vie est fondamentalement un appel à la liberté de l'autre, pas celle de faire n'importe quoi, mais celle d'accomplir librement ce pourquoi on se sent fait dans la vie.

      La quête de Dieu est fondamentalement une aventure relationnelle. Je suis bien d'accord là-dessus.
      On a un attrait pour cette quête… Ou pas… Et en ce sens, je continue à trouver terrible à quel point la religion a fait de Dieu « un truc chiant et moralisateur »… (En tout cas c'est ainsi qu'il en fut pour moi…).

      Supprimer
    2. J'aime beaucoup également ce regard dans le commentaire de Brigitte :-)

      Supprimer
  3. Comment voyons -nous, imaginons nous ce royaume idéal ?
    Pour moi ce serait un peu comme une famille très heureuse avec un bon père, une bonne mère et de chouettes enfants ...où tous ces bons et beaux rôles seraient possibles et interchangeables....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce genre de rêve est intéressant, dans la mesure où c'est une manière d'exprimer des aspirations personnelles qui ont existence aujourd'hui en nous-mêmes.
      Ces aspirations méritent d'être identifiées pour les vivre dans la vie concrète aujourd'hui.
      Autrement dit dans ce royaume idéal, quelles sont les valeurs et les potentialités qui sont les miennes que je pourrai mettre en oeuvre dans des réalisations d'aujourd'hui ?

      Supprimer
  4. Le royaume, je peux donc m'en approcher, je peux aussi y accéder, mais cela ne signifie peut-être pas que j'arriverais à y rester en permanence ?

    Car en effet, les mots sont plus faciles. Les actes, le ressentir en est bien tout autre chose. Et en fonction du vécu présent, parfois je peux me retrouver loin de se royaume alors que j'ai pu également le toucher, l'effleurer, le visiter.

    Cela ne vient-il pas seulement sous entendre que faire les bons choix dans la vie, qui mériterait l'Amour inconditionnel, ne soit pas si facile que cela. Cela demande un courage, un dépassement de soi (ou un vrai dépouillement) par moment pour y arriver.

    "Tu n'es pas loin du royaume de Dieu" viendrait peut-être donc dire cela ?

    C'est ainsi que je l'ai interprété en lien avec mon expérience spirituelle ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je crois que c'est ce que tu dis…
      On pourrait résumer assez simplement : on est dans le royaume quand on aime…
      mais voilà… aimer, dans la réalité des faits quotidiens… des fois on y est, des fois on n'y est pas !
      Et on est aussi dans le royaume quand on accepte que cet amour-là, ne nous appartient pas comme une possession. On en est dépositaire. le job c'est de le redonner et d'en reconnaître la source ailleurs qu'en nous-mêmes.

      Pour tout cela il faut fréquenter son « moi profond ». Et ce n'est déjà pas totalement évident d'y accéder. mais quand on y arrive, tout cela devient relativement évident, parce qu'on le ressent profondément. C'est juste que les mots pourront rendre compte ne sont pas si faciles que cela à trouver...
      Il nous arrive de faire les choses par devoir. l'amour de devoir… c'est déjà pas si mal... puisqu'au fond, ontologiquement dirais-je, il s'enracine dans la profondeur de l'être.
      quand on aime par devoir. Sans doute peut-on aussi dire : tu n'es pas loin du royaume ...

      en même temps… tout cela n'est pas aussi simple bien entendu…
      C'est peut-être la qui est le plus intéressant…

      Supprimer

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser à : alainxenreve (at) yahoo.fr
Merci.
Je le publierai en votre nom.