Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


samedi 3 mai 2014

70 - Comment aimer "comme Lui" ?


C'est sa demande :
"Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé". (Ev. Jean, 15, 9-17)
Aimer et être aimé.. OK ! Je suis pas nul en ce domaine. —  Mon désir d'aimer l'autre "pour lui en premier" ne m'est pas étranger. — Me laisser aimer tel que l'amour m'est offert par des personnes, d'accord, je me suis éveillé à cette dimension de recevoir gratuitement, sans me sentir "moralement obligé" de rendre la pareille — Manque d'amour, je connais aussi (hélas). Mon billet précédent ne baigne pas dans l'amour d'autrui, prélats compris !!!


— Aimer et être aimer je vois à peu près ce que cela représente dans ma vie et dans ce que je vois vivre. Le "commandement" de Jésus n'est pas un fardeau pesant, c'est à la portée de tout homme "de bonne volonté" qui veut bien faire un minimum d'effort. Et d'ailleurs il verra bien qu'il obtient en retour sa "récompense" : aimer donne du bonheur.

MAIS : "… comme je vous ai aimé"….
Qu'est-ce à dire ?
Déjà il faut commencer par le commencement : — Moi ? Jésus, tu m'aimes moi ? Comment ? quand ? où ?

L'expérience la plus marquante en ce domaine provient de ma vie de couple. Je l'ai relaté à deux endroits : Le billet 22 : "rupture et reliance"

Depuis tant et tant d'année, je vis consciemment (la plupart du temps) que l'amour de ma compagne s'origine en Lui (en sa divinité). C'est une réalité quotidienne. Ma gratitude est double : envers ma compagne qui a une qualité d'amour hors du commun (je suis loin d'être le seul à le dire…) ; et envers Celui qui la suscite au coeur de l'être profond où il a sa résidence.
Je peux étendre mon observation à d'autres personnes, proches ou plus lointaines, intimes ou moins intimes : je ressens un amour offert et j'ose penser qu'il n'est pas seulement "humain" même s'il passe totalement et nécessairement par des personnes. Qu'importe que les autres pensent autrement et dans tous les cas ils ont ma gratitude, et parfois celle-ci est intense.

Se sentir aimé : très bien ! Reconnaitre une "origine" dans un "plus-qu'en-l'homme" : OK ! Mais Aimer "comme Lui" ? Penser que ce soit possible d'aimer comme Jésus aima ? …. Chapeau à ceux/celles pour qui c'est facile et évident !

Si on aime, peut-on donner à quelqu'un un "commandement" qui ne correspondrait pas à ses possibles ?
Mon amour de père m'a fait "commander" à mes enfants certaines choses, attitudes, comportements, défis, audaces … parce que je sentais bien que c'était "grandissant" pour elles, à leur mesure, même s'il fallait encourager, susciter le maintien des efforts, se réjouir des avancées, etc…. Agir autrement, laisser faire, c'eut été de l'abandon de famille… 

le "aimer comme lui" est donc à ma portée. Enfin… pas bien loin...
Et il m'arrive de le vivre. Au début la surprise me prenait. Je pense en particulier à mon métier d'aidant. D'où me venaient donc ces "inspirations", ces "intuitions" de l'intervention juste, des propos libérateurs, du mot qu'il fallait à cet instant, du geste salvateur. D'où me venait ce sentiment que tout m'était "donné" dans l'instant, sans préméditation, sans longue réflexion préalable. De ma formation ? de ma compétence professionnelle ? du hasard sympa ? Alors, oui, de cela aussi bien entendu. L'expérience crée la compétence. Mais il il avait plus et autre.
Parfois je disais à ma compagne (sans jamais rien dire des contenus) : —  "Dans le RDV de ce matin j'ai vraiment été inspiré. Je crois qu'on a bien progressé."

"Inspiré" : C'est le mot. Il m'a été soufflé ce qui convenait au moment même. Longtemps j'ai référé au Mystère. C'était plus commode quelque part. le Mystère peu recouvrir tout et son contraire. Parfois je me laissais habiter par d'autres mots de Jésus : Ceux où il est question "d'envoyer l'Esprit" (l'Esprit de mon Père — l'Esprit de vérité — quelque chose qui "sera éternellement avec vous", etc…).
Ce ne peut qu'être obscur si on reste à distance, si on intellectualise, disserte, discutaille, raille, doute ou se moque…
D'ailleurs Lui, le dit clairement : "L'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous." (Jean 14:17)

Maintenant, je  suis "obligé" de reconnaitre que oui : Je le connais ! (un petit peu…)

(à suivre…)

15 commentaires:

  1. Je te lis mon cher Alain et ce mot "inspirée" (ça a soufflé en moi) je le reconnais comme étant bien proche de ce que tu écris.

    Seulement pour moi, il y a deux choses inséparables: aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé et il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime. Or ça, si lui a pu le faire, moi pas. Des fois on airmerait tant, mais ce n'est pas possible, à moins de lui faire assez de place pour que ce soit Lui qui le fasse.

    Je dois être réopérée la semaine prochaine, mais depuis la première intervention j'ai l'impression d'être plongée dans une sorte de baptème (être immergée dans) qui doit me faire passer d'un état A (beaucoup de contrôle) à un état B (suivre et non pas diriger) .

    Peut être que aimer, c'est la vie qui vous l'apprend, je ne sais plus..

    Pardon d'avoir utilisé ton blog pour parler des états internes...

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    1. J'entends bien que tu dis à propos de ces deux choses inséparables. dans mon billet il y a un : « à suivre… ». Je pensais aussi à cet aspect du « jusqu'où ? ». J'y reviendrai…
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      Zut ! Tu dois être réopérée… C'est quand même difficile à vivre ça !
      Je penserai bien à toi. J'espère que cette fois tout « marchera » (c'est le cas de le dire…) parfaitement…
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      C'est très bien que tu parles de tes états internes. Ce blog est fait pour pouvoir y exprimer vécu et ressenti…
      Merci donc de ce que tu dis. Face

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  2. Et si ce mot autour duquel tu butines sur cet espace n'était pas dans le souffle, tout simplement, ce qui te relie à la vie depuis le coeur.
    Au coeur du souffle, il n'y a plus personne pour aimer, il y a un brasier brulant, ce dont rend très bien compte, je trouve, l'image du buisson ardent.
    A toi.

    Nat

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    1. Je lis et relis ton commentaire, sans en percevoir tout le sens… J'ai donc simplement à me laisser faire.
      le coeur brûlant, je connais. Enfin il me semble… Mais le feu qui me brûle parfois n'est pas dissociable du souffle. Je le ressens ainsi. Si tant est qu'il soit possible de mettre des mots sur certaines expériences intérieures…

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  3. Charlotte03 mai, 2014

    "Maintenant, je suis "obligé" de reconnaitre que oui : Je le connais ! (un petit peu…)"
    Tu as de la chance... ou la grâce. Je te lis et me dis que je rate quelque chose ... et j'aurais tendance à ajouter: c'est de ma faute...J'aime comme je peux... Un professeur signé Jésus, pourrait écrire en bas de ma copie:" Peut faire mieux" Je suis d'accord mais comment faire quand on est comme on est... "Aide toi et le ciel t'aidera". Où est l'aide Dieu? Je crois plutôt à l'impératif du "aidons nous les uns les autres". Il s'agit de la survie de l'humain.
    il faudrait peut-être commencer par la solidarité, l'accompagnement,l'écoute,la présence et surtout souvent par le de Jésus"ne jugez pas" . C'est sans doute cela déjà l'amour plutôt qu'un sentiment éprouvé, ressenti et qui varie je ne sais combien de fois par jour...

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    1. Je pense que l'amour profond est une permanence au fond de soi-même. Ce n'est pas un sentiment fluctuant au gré des humeurs. ( Mais nos humeurs fluctuantes existent…). C'est comme « un réel » qui se reçoit sans cesse pour être donné. Reste que, chacun fait avec cela ce qu'il veut…
      Quant au professeur Jésus, je ne me le représente pas comme écrivant « peut mieux faire »… C'est trop sclérosant cette formule. Peut-être écrirait-il : « continue comme ça et tu recevras de quoi aller encore plus loin… »

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  4. Comme Charlotte, à te lire je me dis que tu as de la chance et de la grâce.
    L'amour que tu vis avec ta compagne est un très bel amour qui fait rêver.
    L'attention que tu portes aux autres est si... pas de mots pour le dire.

    Cette qualité d'amour serait-elle uniquement une question de volonté ? Je ne le pense pas.
    Je pense effectivement qu'il faut être "touché" par quelque chose de "surnaturel" comme tu penses que ta compagne est "touchée".
    Je le pense d'autant plus qu'il m'arrive parfois de ressentir dans des situations tout à fait banales (notamment plusieurs fois au volant de ma voiture tout en conduisant) un amour m'envahir, un amour puissant, doux, géant (universel ?), rempli de plénitude.
    Quand ça survient je me dis que cet amour sera de plus en plus présent dans mon âme et que ma vie va s'émerveiller, s'adoucir, s'épanouir.

    Bon dimanche à toi AlainX et à ta compagne si aimante.

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    1. Ouais, c'est bien cela, comme tu le dis : « "être touché" ». affaire de chance ? De grâce ? Je ne sais… J'ai tendance à penser que c'est quelque chose d'assez ordinaire, pour ne pas dire presque banal… Et je crois surtout que l'on passe souvent « à côté de ça »…
      Mais pas toi : tu le dis : ce que tu vis en conduisant…
      C'est exactement ça. Faut juste y croire, et surtout peut-être : cultiver cet amour-là en soi.

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  5. juste dire que je suis touchée à la foie
    par ton billet
    par les commentaires
    par tes réponses aux commentaires
    voilà! et merci!

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  6. Navré AlainX,
    Je ne suis pas en résonnance.
    "Aimez-vous comme je vous ai aimé" ne signifie rien pour moi. Jésus ne s'est pas sacrifié pour l'humanité, comme les auteurs de la bible voudraient nous le faire croire... Jésus est mort pour ses convictions.
    Tu me diras, "mourir pour cela, c'est déjà une force de caractère"...
    Il a aimé ave altruisme, devrions-nous faire autrement ?

    Quand je lis la bible, je me mets en colère tellement il y a d'anachronismes, de contradictions, d'approximations... Incohérents et non structurés, voilà comment je trouve ces écrits... Alors comment organiser une structure comportementale à partir d'un brouillon ?

    L'amour est une idée dont on use selon sa personnalité. Chacun adapte l'idée d'amour de façon fort étrange, périlleuse parfois ou terriblement affreuse... Souvent égoïste, déformée, décadente...

    Vraiment "aimez-vous comme je vous ai aimé" n'a aucun écho en moi... Sans doute que cela ne s'adressait pas à moi...
    Sourires.

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    1. À chacun sa résonance !
      Je n'ai pas trouvé qu'il soit dit dans la Bible que Jésus s'était sacrifié. Ni d'ailleurs dans la doctrine chrétienne. Il est plutôt question de ce que tu dis : il est mort pour ses convictions. Il a donc donné sa vie volontairement et en toute connaissance de cause. Sinon, cet homme n'a pas beaucoup d'intérêt… Il faudrait lui appliquer la chanson de Brassens : « mourir pour des idées… ».
      Il est sans doute un des rares à dire que c'est pour l'humanité…Mais il n'est pas le seul.
      On peut estimer que ceux qui ont donné leur vie pour une cause (les résistants durant la guerre, par exemple, qui sont morts sous la torture sans dénoncer les copains…), ont donné leur vie pour une « certaine » humanité…

      Quant à la Bible pour en comprendre la logique interne il faut, en effet, y être introduit par des personnes qui ont une certaine compétence. J'ai eu cette chance, mais surtout cela m'intéressait…

      À mon tour de ne pas être en résonance avec la fin de ton commentaire pour ce qui est de l'amour. Ce que tu en dis, (c'est-à-dire plus ou moins ses errements), est loin de faire le tour de la réalité de l'amour en ce qui constitue sa valeur éminente et nécessaire à toute vie en société.
      Je veux bien que l'homme soit un loup pour l'homme… Mais en rester là c'est un peu court…
      Jésus parlait de la douceur des agneaux… C'est pas inintéressant non plus…
      Bien à toi.

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  7. "L’Église a porté trop de fruits mauvais pour qu’il n’y ait pas eu une erreur au départ."
    Simone Weil est si intègre, c'est un exemple pour moi ! même si je ne partage pas toutes ses façons de comprendre la réalité.
    Et pour moi l'erreur dont parle Simone vient du fait que l'Église et le message de Jésus n'ont pas grand chose à voir ensemble ! L'Église catholique s'est approprié le message de Jésus ! et moi je trouve que c'est de l'usurpation ! Ce message n'appartient à personne en particulier... et à chaque cœur pur qui a la capacité de l'entendre. kéa

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    1. Je suis bien d'accord avec toi, Kéa, Jésus n'appartient à personne. Il n'est pas venu fonder une religion, il est venu apporter un message d'amour universel qui les transcende toutes, et dont, selon lui, cet amour à une origine dans un au-delà-de-l'homme.
      Je ne sais exactement de quelle « erreur de départ », parle Simone Weil. Pour ma part, L'empereur romain Constantin (277-237) en faisant de la chrétienté une religion d'État, en faisant construire des édifices religieux démentiels, tel Saint-Pierre de Rome, en distribuant des privilèges aux « croyants », est à l'origine de bien des déboires, de volonté de puissance et de domination de la chrétienté de par le monde. Totalement l'inverse du message évangélique.
      Il paraît que cet empereur Constantin a vu Jésus dans les cieux, lui dire qu'il allait gagner les guerres !
      il semble que les chrétiens ont cru à ces inventions. Pour une connerie, c'est une belle connerie !
      cela n'a pas empêché les orthodoxes de faire de Constantin un saint parmi les plus vénérés… ( merci Saint Constantin tu nous as apporté le pouvoir, le fric, les privilèges, les honneurs et le souci de préserver les riches…)
      Nouvelle connerie de chez connerie !
      Il y a donc bien de quoi être en colère parfois…

      Ma colère étant notamment qu'aujourd'hui le Vatican et sa clique continue dans la même direction, torturant « les coeurs purs »…

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    2. Simone disait que d'autres à part Jésus étaient venus apporter le même message, ce qui faisait d'elle une hérétique selon l'Église catho. C'est sûr, partager le pouvoir ce n'est pas intéressant !
      Je veux bien respecter tout le monde, toute les façons de voir, en autant que c'est vraiment leur façon de voir et non un endoctrinement à partir du berceau. Respecter la personne oui, encourager ce que je ressens comme faux, non ! kéa

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