Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


mardi 19 janvier 2016

87 - Où il est question de la discipline.


Lorsque j'étais enfant, le concept de discipline comportait tout ce qui était interdit, autrement dit tout ce qui entravait ma liberté. Il s'agissait de se montrer conforme à toutes sortes de normes et d'obligations imposées, sans que pour autant il m’ait été expliqué leur nécessité… éventuelle… 
Il était encore moins questions d'en discuter les aspects et les prescriptions. Le principe global était simple : On obéit ! C'est tout ! Et à défaut la punition tombe !


Sur le carnet scolaire il y avait même une note concernant « la discipline ». Comme par hasard, j'avais le plus souvent une mauvaise note… j'ai même failli passer au fameux« Conseil de discipline ». 
Autant le dire clairement : je ne regrette nullement mes transgressions. Au contraire ! Je les vois comme le reflet d'un enfant, non pas rebelle, mais d'un enfant intelligent et qui aurait préfèré comprendre l'intérêt de ne pas faire tout et n'importe quoi. La juste guidance, dont le pourquoi est expliqué, structure une personnalité. Or, au lieu de cela, les obligations formalistes qu'elles soient familiales ou à l'école, apparaissaient  à l’enfant comme des choses le plus souvent inutilement inventées par des personnes qui aimes dominer les autres. Et je me souviens d'un enseignant qui adorait punir à tour de bras, Et moi en particulier… les pervers sont partout !

Tout ça a laissé longtemps des traces négatives :  la discipline c'était quand même quelque chose de mauvais ! 
Ce qui est une erreur manifeste.

Aujourd'hui, et ce n'est pas d’hier, je suis un adepte de la discipline personnelle.
Tout simplement parce que cela me fait un bien profond, un bien plus profond que le laisser aller.

C'est l'observation de quelques-uns de mes maîtres qui m'a fait avancer sur ce terrain.
La plupart, pour ne pas dire tous, avaient une discipline de vie. Pas quelque chose de rigide, encore moins qui leur aurait conféré une mine de déterré…, la bouche tombante, le regard mort, et le pessimisme accroché en bandoulière… C’était plutôt l'inverse, ils respiraient une joie de vivre dont on sentait qu'elle leur venait du cœur, derrière cette joie il y avait une paix intérieure quasiment communicative par osmose. D'abord je la ressentais en leur présence, puis,  je repartais avec cette joie intérieure et cette paix, que je m’efforçais  de tenter de cultiver moi-même.

Une discipline personnelle, comme son nom l'indique, est quelque chose qui vous vient de l'intérieur. Cela ne peut pas être imposé par les autres.
Chez le disciple (dont l' opposé est l'esclave, qui obéit et exécute les ordres), suivre l'enseignement d'un maître, relève de la discipline personnelle. C'est-à-dire d'un choix délibéré, envers quelqu'un qui, en temps que maître, est lui-même le disciple d'un autre au devant de lui.
Sinon on a commis une erreur de casting…

C'est pourquoi mon Maître préféré est un disciple qui se nomme Jésus.
L'une de mes attirances envers lui est son attitude de disciple envers celui qu'il appelle « son Père ».
C'est uniquement parce qu'il est ce disciple-là qu'il est mon maître en humanité.

Disciple est proche de discipline. (dérivé de discipulus (« disciple »), lui-même de discere (« apprendre »).
Et donc, j'aime observer la discipline de Jésus envers« son père ».
Car c'est cette attitude là, — se recevoir d'un plus grand que soi, —  qui permet l'humanisation, parce qu'il est alors de plus en plus difficile de se contenter de l'égocentrisme, qui nous incite sans cesse au repliement délétère, au rejet de l'autre, et pour le rejeter il faut lui faire la guerre, puisque l'objectif ultime est de l'éliminer. Éliminer son semblable… son frère en humanité…
Nos dirigeants et les peuples qui les suivent sont bien étranges au final…
Et ne parlons pas de la jungle du commerce national et international.  À côté de cette jungle, celle de Calais est une magnifique villégiature…
On voit très bien ça aujourd'hui un peu partout dans le monde, pas besoin de faire un dessin ou une caricature…

Non, c'est la seule voie que j'ai trouvée. Suivre ce maître-là, en tant que le disciple d'un autre plus grand.
Je ne crois nullement à la « spiritualité en chambre », ni au fond d'un couvent ou d'un monastère, retiré du monde, où le moine/la nonne  est  soi-disant actif par « ses prières ». Si cela pouvait avoir une efficacité dans la religion chrétienne, où des milliards d'hommes et de femmes prient depuis 21 siècles… ça se verrait quand même un peu…

L'efficacité, si tant est que ce mot puisse convenir, c'est une spiritualité en actes. C'est pour cela que Jésus est intéressant. Il EST ce qu'il dit. Ses paroles sont des actions. Pas des discours. L'Évangile en rend compte comme il peut, avec sans doute inévitablement des maladresses, car comment faire comprendre, ce que les chrétiens appelleront : « le verbe incarné ». La parole dans la chair, la chair dans la parole. (car bien évident les premiers chrétiens n'ont pas dit que des conneries… c'est surtout venu après, au fil des siècles… cette grossièreté de séparer le corps et l’esprit…). Le corps est sale, l'esprit est merveilleux… qu'est-ce qu'il aura pas fallu tout entendre !

Enfin disons que c'est cet homme-là qui m'a séduit. Je comprends qu'il ait séduit beaucoup de gens autour de lui à l'époque. Et je comprends pleinement pourquoi aujourd'hui il est largement rejeté, vu la manière dont on le présente. 
Il doit se dire : — «Putain les cons ! »
Dommage !
Et puis c'est ce qu'il disait globalement (avec ses mots à lui !) de ceux qui faisaient fonctionner l’Industrie religieuse florissante de son époque….

(À suivre… notamment sur l'aspect : Jésus = disciple = discipline - Parce que sinon le bonhomme ne m'intéresserait plus …)

15 commentaires:

  1. Le mot disciple veut aussi dire "élève" et ton passage sur l'éducation m'interpelle évidemment, moi qui ai passé ma vie à essayer d'instaurer cette "juste guidance" dont tu parles. Un enfant est capable de tout comprendre, tout dépend de la façon dont on lui explique les choses. Bienveillance et exigence ne sont pas incompatibles, et c'est le credo de toute ma vie.
    Mais c'était un temps (déraisonnable) où les normaliens étaient appelés élèves-maîtres. Ça avait une autre gueule que PES (professeur des écoles stagiaire, mots empruntés comme bien d'autres au vocabulaire de l'entreprise) et surtout, cela mettait en avant ce que tu dis: la référence à un maître, un guide, car l'éducation comme j'ai essayé de le dire durant toute ma carrière à des supérieurs bornés, dont je n'ai jamais pu faire mes maîtres, d'ailleurs, tant leur parole était vide et stéréotypée, l'éducation donc, n'est pas une science, mais un art, qui se transmet selon le principe du compagnonnage.
    On n'est pas loin de Jesus, puisque compagnon signifie "avec qui l'on partage le pain". Un respect mutuel sous-tend la relation maître-disciple, et non une sorte de pouvoir descendant (et condescendant) dont se sont servis des générations de profs et de curés pervers pour prendre du pouvoir sur des êtres en devenir, en croyant faire preuve d' autorité. En réalité, ce n'est que de l'abus de pouvoir que tout enfant intelligent refuse, comme tu l'as fait, en devenant "indiscipliné". j'ai eu aussi, à subir ce genre de remontrance: insolente, indisciplinée, orgueilleuse...
    La véritable autorité, c'est celle qui n'a pas besoin de punir pour s'exercer.
    Mes maîtres dans le métier ont été quelques collègues qui m'ont donné le goût du métier, l'amour de la transmission joyeuse, et je me sens envers eux comme Camus envers son maître d'école. Pleine de reconnaissance respectueuse et émue.
    L'auto-flagellation (au propre comme au figuré) instaurée par la religion chrétienne (au point que la "discipline" était devenue un instrument de torture au sens propre (voir Tartuffe : Laurent, serrez ma haire avec ma discipline)) a eu comme effet contre-productif que les gens se sont détournés de la parole du Christ en l'associant à ces pratiques pour le moins barbares, et à une négation de soi-même. Je lutte encore cinquante ans après contre les effets néfastes du "mea culpa" qui m'a réduite longtemps au lieu de m'élever. Il m'a fallu une force herculéenne pour m'arracher à cette négation de moi-même, les "baisse les yeux" , les "je te briserai" que certains adultes abusifs ont prononcés à mon encontre.
    Pour finir sur une note plus légère, les paroles de Jésus que tu imagines, dans un langage fleuri, en fin de billet, me font penser à cette vidéo que j'adore.
    (attention elle ne dure que 7 secondes mais elle résume bien)
    Bises célestes

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    1. Elève est un joli mot. "J'élève mon enfant". Je lui donne les moyens (donc je suis à son service) de s'élever à sa stature d'homme. Quand le système éducatif français en sera là.... les poules se laveront les dents...
      Mais c'est valable pour tous le pouvoirs. Qu'ils soient politiques, familiaux, religieux ou éducatifs.
      Dominer est plus séduisant que servir.
      C'est ce qu'on fait tes maitres-collègues. Où plutôt proposé, car ce n'est qu'en laissant grandir ta fibre pédagogue que tu devins une enseignante de qualité, comme tu en as parlé chez toi, au temps où tu exerçais.

      Lorsqu'on a été détourné du juste chemin (celui de la vie accomplie et offerte), c'est au fond de soi qu'il faut retrouver la force vitale, celle qui se sera pas herculéenne pour reprendre ton expression.
      La petite force justement. Celle que Jésus développe dans ce qu'il est convenu d'appeler le Discours sur la montagne (les Béatitudes).
      Nul ne t'interdit d'aller y fair un tour, si le coeur t'en dit ...
      Mais fait gaffe ! Ça décoiffe !!

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  2. En voulant relire ton dernier article, je découvre celui-ci dont je n'ai pas reçu la notification bien que je me sois inscrite. Donc je me réinscris car tes lectures me séduisent et me touchent profondément. J'espère être la seule à n'avoir pas reçu de notifications.
    A la suite de ce que tu écris depuis au moins les deux derniers articles, en fait je n'ai pas vraiment envie de réagir mais plutôt de recevoir... de découvrir chaque fois cette étrange aventure qui, grâce à la même lecture que nous faisons de l'Evangile, nous rend si proches par-delà toute distance ou toute appartenance à une Eglise.
    Merci, Alain, pour ton amour de la Vie, pour ton amitié avec Jésus-Christ. Car tu parles de disciple mais n'es-tu pas, plus que son disciple, l'ami de celui qui a dit : "Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
    Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître."

    J'ai acheté ton dernier livre et je me plonge très prochaiement dans tes "120 pensées plongeantes" !

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    1. J'aime profondément cette phrase : (...) cette étrange aventure qui, grâce à la même lecture que nous faisons de l'Evangile, nous rend si proches par-delà toute distance ou toute appartenance à une Eglise ; parce que je la partage totalement envers toi. C'est ce qui m'avait amené à répondre favorablement à ta sollicitation pour un article sur un site dans la mouvance chrétienne, mais dont j'avais perçu l'ouverture et l'universalisme.
      Jésus - je n'ajoute pas (encore...) Christ - transcende toutes les religions, disons, telles que nous les connaissons dans leur manière de faire habituelles. mais je ne veux pas ajouter plus dans ce commentaire à ce sujet. L'important est l'expérientiel que toi et moi vivons. C'est à dire ce aimons-nous (essayons au moins un peu !!...) les uns les autres au delà de nos croyances et appartenances d' "ici-bas". Aimer dans un "au-delà" de ces concepts restrictifs, où, dit autrement, dans un "en-dedans", celui de l'intériorité et de l'Aventure d'une humanisation qui se divinise....

      Ta dernière citation ("Vous êtes mes amis...") me touche au coeur singulièrement en te lisant. Je n'ose encore y être.... chez l'ami Jésus ! si je depuis dire ainsi.... quoique je dis parfois "mon pote Jésus" ! .....

      Merci de lire mon livre. Tu peux en faire un livre de chevet.... Une page par-ci, une par-là....

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  3. Cette discipline intérieure qui nous vient de ce Maître, est la seule discipline que je peux accepter aujourd'hui!
    C'est un élan qui me guide vers ce que je ressens comme me faisant grandir
    Mais ce n'est pas facile pour autant, il faut recommencer tous les jours à acquiescer à cette discipline, jamais fini une fois pour toutes!
    Si par ex j'ai médité aujourd'hui, c'est juste pour aujourd'hui! Demain est demain, et mon choix de discipline pris à l'intérieur de moi est à recommencer..
    Ce n'est certes pas le chemin de facilité de suivre ce Maître qui pourtant nous conduit vers un chemin de vie, de notre vie...!

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    1. Une discipline n'est jamais facile, une apprentissage de disciple non plus.
      Pas plus qu'un apprentissage d'artisan avec son maitre, qui demande parfois des années et des années pour arriver à la Maitrise de son Art....
      Il faut vraiment que cela en vaille la peine, au sens premier du terme. C'est à dire ce ressenti que tu nommes : ça me fait grandir.
      Cela m'évoque les paraboles du Royaume dont j'ai parlé précédemment. Le type qui vend tout ce qu'il a et même sa chemise je suppose ! Tout ça pour acheter un champs.... (une terre intérieure....) qu'il faudra creuser, nettoyer désempierrer et tout ça .... pour découvrir Le Trésor (la vie en abondance dans le Royaume intérieur...).

      Et parfois on en a marre de chez marre... à tout envoyer balader.....
      Ben oui.... Moi aussi des fois je me dis : - pppfffff allez ça sert à rien tout ça ....
      et je me retrouve malheureux comme la pierre...

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  4. Jésus était le disciple de ce qu'il a supposément appelé "son Père". Je ne sais pas si les évangiles ont été écrites en premier en araméen mais les traductions, c'est délicat. Alors "père" voulait dire tout autant "mère" je pense, question d'époque. Moi, je dirais : "tu es ma Mère, tu es mon Père, tu es mon Tout à moi".
    J'imagine que Jésus a eu lui aussi des/ou un Maître bien vivant (pourquoi serait-il différent de nous puisqu'il a dit que ce qu'il a fait nous pouvons le faire... l'histoire du fils unique je n'y crois pas du tout) mais ce n'est pas d'eux ou de lui dont il se dit disciple. Alors, bien que je sois entièrement reconnaissante à ceux qui m'ont tout appris, comme Jésus et d'autres, je me sens moi aussi disciple de "Cela qui n'a pas de nom et me donne la vie à chaque instant". Pour moi c'est cela suivre l'enseignement de Jésus. Ce n'est que mon expérience personnelle que j'exprime.
    Et la discipline ! c'est un tel bonheur d'avoir la chance d'en avoir une. Oui ça demande une constance (que je n'ai pas toujours) mais au moins je sais exactement ce que j'ai à faire. Juste cela, est un tel trésor dans ma vie! kéa
    Merci beaucoup Alain pour tes partages si enrichissants.

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    1. Les premiers textes sont en araméen je pense. En tout cas c'est la langue "materno/paternelle" de Jésus. Il utilisait semble-t-il le terme "Abba", ce qui signifie mon papa, voire mon petit papa ou mon papa chéri, enfin bref, il y a dans "Abba" une connotation affectueuse....
      C'est bien autre chose qu'un Dieu-Le-Père ....que l'on connait dans l'iconographie chrétienne avec son Trône, ses déguisements, sa grande barbe de Père-Noël, son regard sévère, ses sourcils ombrageux ! Et qui donne le sentiment qu'on mérite la fessée !!!!
      Bref tout pour foutre la trouille ... !!!

      On ne sait pas grand chose sur l'enfance de Jésus. J'imagine comme toi ... il avait ses parents, ses frères, (des soeurs ? on ne sait pas il me semble... en tout cas elles ne sont pas nommées), une famille, des maitres surement .On parle de ses liens avec Jean-Baptiste qui l'aurait sans doute enseigné. D'autres probablement. En tout cas ce fut un temps de formation spirituelle évident. Auprès d'autres, mais aussi une cheminement éminemment personnel et novateur....

      Novateur, comme d'appeler "Lui" (pour reprendre ton mot dans un commentaire précédent) : "mon papa".... Jamais avant dans la traditions du dieu d'Abraham on avait appelé Dieu ; mon papa chéri ...
      C'est fort quand même.....
      Et de dire à ses disciples et apôtres : Appelez-le comme ça désormais : Quand vous priez dites : Mon petit papa.....
      (Christine, si tu repasser par ici : dis moi si je dis des conneries au plan historique et sur le terme Abba...)

      Merci à toi Kéa, pour tes commentaires, toujours pertinents et pour ton éclairage personnel....

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    2. Oui, tout envoyer valdinguer !!! Renaude retourne s'amuser sur la montagne quelque temps et puis, toute penaude, revient au zendo sur le zafu, heureuse de retrouver la voie, le maître, l'ami qui veille avec une infinie bonté. Vivent la discipline, la patience, la persévérance.
      Merci pour tes billets, Alainx. C'est toujours un bonheur de te lire ainsi que les internautes ici présents.
      Filo Filo

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    3. Je viens de repasser par là, comme tu dis !
      Puisque tu me le demandes, les évangiles ont été écrit en grec (sauf peut-être une version perdue de Matthieu) bien après la mort de Jésus. Mais la langue de Jésus était l'araméen et quelques mots d'araméen subsistent dans les évangiles, dont "Abba"... comme si on ne pouvait pas traduire cette relation si intime entre Dieu et Jésus, ou Dieu et nous... Si on essaye une traduction, c'est effectivement "papa ou papa chéri..." Mais j'aime bien qu'on ne puisse pas traduire ce grand secret qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer ou concevoir et qu'on appelle Dieu "Abba"

      Ceci dit, j'aime ta liberté d'interprétation des évangiles et je ne suis pas - et ne voudrais surtout pas être - la figure de l'orthodoxie ! Il y a tellement d'orthodoxes quant au dogme ou à la morale qui ressemblent à des sépulcres blanchis... Il leur manque le cœur... l'inspiration qui procède du coeur. Et à toi, elle ne manque pas !

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    4. De ta part, chère Christine, il n'y a aucun risque d'orthodoxie ! Je me sens en effet très libre d'interprétation des évangiles, parce qu'il me semble que c'est cela les Evangiles : des écrits par des personnes qui ont vu et interprété selon leur coeur, avec évidemment un désir légitime de convaincre... Quand on a découvert quelqu'un que l'on estime digne d'être rencontré, on a envie de dire à d'autres : vas-y voir ! Alors, si on y va voir.... il nous appartiendra de nous faire notre opinion et d'aimer cet autre (ou non ....) et de désirer le suivre.... librement.... ou pas...
      Le problème c'est que les Religions veulent imposer, obliger une pensée unique, parque les Religions "SAVENT" qui est Dieu, mieux que Dieu lui-même !! D'autant qu'elles ne l'écoutent pas et préfèrent parler à sa place.... ("au nom de Dieu..." !!)
      Mais quand même, il ne s'agit pas non plus d'un tout et n'importe quoi, respect oblige ! Alors mes questions étaient au regard d'une historicité, du contexte, des moeurs du temps etc....
      Et, comme tu es théologienne non embrigadée dans des Grands Machins Religieux.... Ta parole de chercheurs de vérité m'est précieuse et je sais que tu n'es pas dogmatique...

      Et en effet j'aime que tu dises que "Abba" c'est intraduisible vraiment.... Sans doute est-ce cela qui m'attire... ce mystère d'une relation avec "Lui" et de Lui à Lui .... Non pas percer ni violer, mais contempler, est se laisser habiter....
      Et cette question : et moi ? je donne quel nom ? à "Lui" ?
      Sinon, je vais sans doute encore rester dans une distance trop lointaine...
      comme dans ces scènes de film ....
      - Hep ! toi là-bas ! Oui, toi, Machin !.... viens ici heu ... Truc !

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  5. Je pense aussi qu'une dose d'insoumission est une marque d'intelligence chez l'enfant, sauf quand c'est automatique, alors là c'est une rébellion aussi asservissante que la soumission totale. Et je suis aussi de ton avis que la discipline est une grande qualité si elle est choisie. Elle est rassurante.

    Je m'occupe peu de Jésus je pense, encore que. Ce n'est pas parce que je n'y pense pas que... :). Mais je me sens aussi une chrétienne. Sans rien pratiquer qui me soit imposé. J'aime entrer dans une église (ancienne) parce que j'y trouve beauté, silence, présence, foi, protection, fraicheur. J'aime Jésus mais je l'aime "musclé", par exemple chassant les marchands du temple à coups de fouet (oh que j'aimais cette image!), renvoyant Marthe à ses fourneaux si c'est le centre de sa vie mais signalant que Marie, elle, en délaissant un peu ses tâches ménagères, est dans plus de vérité. Il y a tant de choses qu'on n'a pas assez mises en valeur dans son enseignement...

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    1. C'est une bonne porte d'entrée que tu indiques pou mieux connaitre Jésus, non pas en tant que tel dans l'absolu, mais parce qu'elle te rejoint... Souvent, au début d'une rencontre, on apprécie quelqu'un par tel ou tel aspect de lui/elle qui nous attire.
      Jésus comme n'importe que humain attire par un aspect de lui auquel on est sensible... Mettre en valeur des choses nouvelles de son enseignement pour soi, c'est passer par le côté que l 'on aime.... Un Jésus musclé !! j'aime la formule.... Si tu lis d'autres passages, par exemple, ses discussions "musclées" avec les savants de la religion.... Tu vas pas être déçue de son sens de la répartie et comme il s'y prend pour pas tomber dans les pièges qu'on lui tend !!
      Malin aussi le Jésus ... très fine lame.... en même temps ne condamnant personne.... mais quand c'es trop, c'est trop !!
      Merci pour ton commentaire.... je suis particulièrement sensible à tes propos.

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  6. J'arrive bientôt vers la "fin" de ton blog... ou du moins, je vais bientôt devoir te suivre au fur et à mesure de tes billets.

    Je tiens à te dire que j'accueille avec beaucoup d'amour tes mots, surtout sur ces deux billets (le précédent et celui-ci) car j'ai beaucoup apprécié te suivre et voir comment cela a avancé pour toi.

    J'ai aimé te suivre dans ce cheminement dans ta relation avec Jésus, ta façon de l'interpréter (moi aucune possibilité de juger/penser Jésus par moi-même du coup), de ressentir l'homme qu'il a pu être, et ce que tu aimes de lui.

    Je reconnais là un réel rapport d'amour. Cet amour, que tu as depuis petit, il est aujourd'hui magnifié. Je le ressens car ce qui m'a traversé en te lisant, c'est une certaine forme d'apaisement.

    :-)

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    1. Voilà un peu plus de quatre ans que je tiens ce blog. Tu as lu l'intégralité en quelques semaines. Tu as laissé beaucoup de commentaires. Tu es la première personne qui pratique ainsi.
      J'ignorais évidemment si d'autres ont tout lu comme toi, et en ce cas ce fut dans le silence.

      Les reflets globaux que tu me fais me touchent énormément. Preuve une fois de plus de l'importance de l'altérité. Sur un blog, on est toujours plus ou moins « le nez dans le guidon ». D'autant que j'ai pris l'option de toujours écrire à partir de mes ressentis du présent. Quitte à ce qu'il y ait d'apparentes contradictions. Je dis apparentes, car il s'agit plutôt des méandres du cheminement intérieur propre à toute personne qui se cherche quelque peu. Du moins me semble-t-il.
      Ce que j'écris est un simple témoignage de vie. La mienne…
      D'autres perçoivent Jésus autrement que moi. Normal. D'autres perçoivent ma compagne de vie bien autrement que moi... moi qui l'aime profondément, je sais que des personnes ne la supportent pas !…
      C'est pourquoi je reprends ta parenthèse : ...(moi aucune possibilité de juger/penser Jésus par moi-même du coup)
      Si ce que j'ai dit de cet homme a pu t'intéresser, alors j'ai envie de te dire : vas-y donc voir par toi-même… peut-être que cela te sera bénéfique… peut-être pas…

      En tout cas, merci d'avoir pris la peine de me lire.
      Et je termine en disant le bien que tu me fais en évoquant « une certaine forme d'apaisement ». C'est vrai je crois. Je suis plus apaisé qu'il y a quatre ans. Mais bien du chemin reste encore à faire…

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