Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


lundi 14 mars 2016

92 - Intuitions d’enfance.

Que sont devenues mes intuitions d'enfance ?

il y a les rêves, les projets, les projections dans l'avenir, les : « Plus tard c'est moi que je serai… », les griseries, les : « on dirait que je… » qui ont accompagné l'enfance, avant que nous ne soyons rattrapés par la réalité de la vie telle qu'elle se présente.
Mais plus fondamentalement il y a les intuitions, plus fortes, plus pérennes, qui durent, qui reviennent, qui concernent ce qui pourrait être essentiel à la vie, à vivre, à accomplir.

Je précise donc : l'intuition profonde est pour moi quelque chose de profond, durable, qui ne nous quitte pas,  revient régulièrement, se manifeste à nous sans s'imposer, et dont on ne peut pas « se débarrasser ». Si nous engageons « bien » notre vie, l'intuition profonde a pour vocation de se traduire en actes et en engagements qui seront source du bonheur d'exister. Avec rejaillissements bénéfiques pour autrui.

J'ignore si beaucoup de gens ont cette expérience, de se souvenir de leurs intuitions d'enfance.

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… 3 intuitions d’enfance

1 — J’ai perçu très tôt la dimension contemplative indispensable pour vivre. Bien sûr, voilà des mots d'adultes, mais l'intuition était là, ressentie sans savoir encore la nommer. Contempler  accompagnait mes journées de solitude. Parfois, bien sûr, il y avait l'ennui. Mais souvent c'était une occupation véritable. Différent du rêve ou de l’imaginaire qui inventait jeux, situations et personnages fictifs pour meubler mon espace personnel. Là, C'était juste un acte contemplatif, comme ça, et le temps devenait éternité. J’étais comme transporté ailleurs, mais pas dans un rêve, un Ailleurs-Présence. Ce n'était pas une centration pour observer, comme je pouvais le faire des petits insectes du jardin. L'observation est une activité qui fait appel à tous les sens en éveil. La contemplation est une forme d'abandon à la vie, à sa vie, à plus grand que soi-même.

2 — Très tôt, j’eus l’intuition que quelqu'un accompagnait ma vie, et l'accompagnerait toujours.  Ce n'étaient pas mes parents, qui de toute façon me laissaient à l'abandon, ce n'était pas le « personnel de maison » qui devait simplement maintenir en bon état de propreté l'objet–enfant que j'étais. Cette évidence de « quelqu’un » me donnait une forme de confiance que rien d'invivable ne pouvait m'arriver. Et il en fut ainsi jusqu'à ce jour. Pourtant, je suis loin d'avoir été ménagé par les épreuves de vie qui ont, notamment, délabré mon corps. Je me suis sorti de tout, même s'il a fallu abandonner en chemin bien des choses que je croyais pourtant absolument essentielles à vivre. C'est ce qui me fit un jour écrire : « victorieux de l'impossible ». Ce qui sans doute m'amena aussi à cette prise de conscience qu'une parole inscrite en mon cœur : « quoi qu'il m'arrive, je m'en sortirai toujours »

3 — Une autre intuition se présente à l'origine sous des aspects disons « en creux ». Ce sentiment fort et durable que tout ce qu’on m’inculquait, vrillait dans ma tête et me rabâchait sans cesse, concernant Dieu, Jésus, le divin, ce n'était pas juste, ce n'était pas « ça ». Cette intuition là, j'ai bien failli y renoncer, puisque « les grands » notamment les curés, savaient mieux que moi qui était Dieu… 
Concernant la valeur de cette intuition, le doute finit par s'installer. Je dois reconnaître qu'il me dura longtemps. Je ne suis même pas encore persuadé de « ma vérité ».


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Douter des intuitions profondes que quelqu'un exprime, c'est probablement la pire des choses que l'on puise lui infliger. À condition bien entendue qu'il s'agisse bien de ses intuitions-là, et pas d'autres choses, du domaine des idées, concepts, ou de la sensibilité toujours prête aux emballements passagers.
C’est pareil lorsqu’on aime quelqu’un mais que l’autre en doute en permanence, on participe à l'extinction de l'amour. Douter de l’autre, c’est le punir.

Il y a sans doute d'autres intuitions profondes de ce temps-là, qui ne me reviennent pas à l'instant.

Probablement parce qu'elles s'interconnectent pour s'accomplir en vie.
C'est ce qui m'apparait majeur en écrivant.

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Ce qui me frappe c'est la dernière intuition que j'ai mentionnée, et ce doute qui ne me lâche pas vraiment. Il me reste un sentiment de culpabilité, celui d'avoir transgressé « la règle religieuse » qui aurait dû avoir plus de valeur que la parole de Jésus. En somme, une forme de conflit de loyauté, puisqu'ainsi je transgressais aussi tout un système culturo-familial, dans lequel la primauté devait être donnée aux actes cultuels et prescriptions de toutes sortes dictées par la sainte église catholique.
Pendant longtemps il m'a semblé que je n'avais pas d'autre solution que la révolte contre cette religion, à mes yeux pervertie. Le débat intérieur a viré au combat.
L’animal blessé se défend contre son agresseur. Il cherche à l'exterminer, ceci lui semblant la seule manière de survivre.

Or, aujourd’hui, l'agresseur n'en est plus un. Je veux dire il ne peut plus s'en prendre à moi personnellement. La liberté de conscience est totale. Et cependant son exercice demeure entravé. En effet, je demeure témoin des agressions de cette religion et de ses actes néfastes au plan d'une responsabilité collective de ses dirigeants et des adeptes qui soutiennent lesdits dirigeants.
Autrement dit, un certain combat m'apparaît toujours comme nécessaire.

Tout cela n'est pas encore très clair en moi.

Une personne qui a récemment lu tout ce blog, et commenté bien des billets, écrit dans l'un de ceux-ci : « Cette difficulté dans laquelle tu sembles te retrouver n'est-elle justement pas liée au fait que tu t'attaches à rester dans le ressentiment de ce vécu ? Y'a-t-il quelque chose qui te fait peur à tenter de lâcher cette prise-là ? Est-ce une question sous-jacente de perte d'identité ? »

Bien que je ne sois pas totalement certain de bien comprendre les questions, une chose m'apparaît évidente c'est ma propension à rester dans le ressentiment de mon passé religieux. Comme si je ne pouvais cesser de vouloir faire rendre gorge à tout ce milieu qui m'a perverti. Même si mes propos ce sont de plus en plus adoucis ces dernières années, ils gardent quand même une virulence sous-jacente toujours prête à bondir.
Où vais-je donc puiser des forces pour mobiliser ma volonté à agir autrement ?

Y a-t-il quelque chose qui me fasse peur ?
Peut-être le fait qu'il me faudrait un jour « pardonner » à tous ces… £$*€@≠@•#§%$…… d’éclésiastiques sans foi ni respect des lois… !!

spécimen représentatif de l'espèce

mardi 8 mars 2016

91 - L’homme fidèle.

Petit préalable :
il ne sera pas question ici de la fidélité amoureuse au sens habituel du mot : fidélité en couple, etc. Je précise, car c'est peut-être souvent à cela que le mot fidélité réfère en premier.

Lorsque je regarde des personnes qui ont marqué positivement mon existence, c'est probablement celles en qui j'ai trouvé une constante de fidélité. Il y avait « quelque chose » auquel elles se montraient fidèle. Quelque chose qui avait trait avec les profondeurs de la personne.