Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


vendredi 25 novembre 2016

95 - Il est temps de faire le point



( Vague approche de l’embryon d’une tentative de perception de l’essentiel du Chemin du Voyageur…)


Voilà plusieurs mois que je n'ai pas écrit ici. Normal. Je ne publie un billet que quand la nécessité intérieure s'en fait sentir au regard de mon parcours personnel, et sur des aspects que j'estime intéressant pour moi, (peut-être pour quelques lecteurs ? ?), en restant dans l'esprit du premier billet de ce blog.


Donc, je ressens la nécessité de faire le point pour essayer de mieux m'éclairer moi-même en tentant une expression suffisamment élaborée et compréhensible.

J'ai eu des échanges intéressants avec un certain nombre de personnes concernant ce que je vais appeler une sorte de relation institutionnelle : Jésus/religion chrétienne. Des relations par Internet, et aussi des relations « en live », soit avec des personnes qui partagent volontiers plus intimement, mais aussi avec des étrangers de ma sphère habituelle sur ce sujet de « la croyance et la pratique religieuse » (pour faire un peu simpliste dans l’expression).

Tout cela me fait apparaître de plus en plus que je suis considéré comme une sorte « d'ovni spirituel ». Le fait de dire que l'on a pour Maître de Vie (entre autres) quelqu'un qui se nomme Jésus, induit 99 fois sur 100 que l'on me range dans le tiroir « chrétien », et pire encore : « chrétien qui s'ignore ! »
Quand je parle de Jésus, un chrétien comprend Christ, ce qui n'est pas mon positionnement.
Quand je parle de Jésus, un autre comprend « chef d'une religion ».
Quand je parle de Jésus, la plupart ne savent pas de qui je parle, et bon nombre n'ont pas ouvert un évangile depuis des années et des années, alors qu'ils vont à la messe chaque dimanche. Ils ne connaissent de l'Évangile que la toute petite partie que les curés choisissent de lire à haute voix, et de commenter d'une manière… comment dire… chrétienne ! Je veux dire par là qu'on voit en Jésus un Dieu et beaucoup  moins un homme ordinaire, au parcours extraordinaire.
C’est d’emblée une évidence enseignée qui ne souffre pas la contestation Jésus = Le Christ = Dieu-trinitaire ( le 3  en 1)
Bref, il est rarissime d'avoir devant moi quelqu'un qui a une perception de Jésus assez approchante de la mienne. Je ne dis pas qu'il n'en existe pas, j’en ai côtoyé. Je ne dis pas non plus que ma perception serait « la meilleure » et qu'il faudrait qu'elle soit partagée par grand nombre de personnes. Cela ne m'intéresse pas. J'aimerais juste, et ça me semble assez normal, que l'on puisse un peu percevoir ce que je perçois moi-même.

Mais pourquoi cela devrait-t-il avoir l'importance que je crois donner ?
Après tout, ça ne devrait regarder que moi…
Pourtant c’est insuffisant.
C'est probablement parce qu'il n'y a pas de possibilité d'avoir un tel Maître de Vie, sans quelque chose qui ressemble à une aventure communautaire qui accompagne cela. Il me semble qu'on ne peut guère avoir un maître sans qu'il y ait DES disciples. Je dis bien une aventure communautaire, je ne dis pas une religion avec des cultes. L'aventure dont je parle étant essentiellement et même quasi exclusivement une aventure intérieure.
Il en fut ainsi de mes maîtres en chair et en os, même si aujourd'hui ils sont tous morts. En moi ils continuent leur chemin de vie. Mais ça c'est encore autre chose…

l’Aventure communautaire dont je parle  n'est pas la religion chrétienne. Elle ne peut pas l'être pour des raisons historiques et même ontologiques. C’est-à-dire : qu'est-ce que l'être ? qu'est-ce que l'être divin ?
Au plan historique, la religion chrétienne s'enracine dans une histoire de grenouillage politico- religieux. Les premiers chrétiens, considérés comme une secte néfaste à combattre, sont combattus et persécutés, jusqu'à ce qu'ils se trouvent une porte de sortie avec la conversion plutôt stratégique de Constantin Ier Cette sorte de respiration (fin des persécutions) permettra de faire naître la grande déviance vers une religion qui deviendra une machinerie à conquérir le pouvoir un peu partout sur la planète, au prix de massacres, de compromissions, de guerres, de petites et grandes saloperies, etc. Et ce, jusqu'à nos jours…

il n'y aura pas que cet aspect là, évidemment. Il y a tout l'aspect disons caritatif, de type œuvres de charité, destiné à lutter contre la misère des gens et à favoriser un enseignement… pour ne pas dire un endoctrinement chrétien. C'est de bonne guerre ! Et c'est quand même la moindre des choses quand on veut se référer à Christ qui parle d'aimer l'autre comme que soi-même et même d'aimer son ennemi… mais pour ce qui est des ennemis de la religion… on préférera plutôt les massacrer ! Rien n'est parfait… après tout ils n'avaient qu'à se convertir, c'était pourtant pas compliqué…  


En brandissant le Christ (être divin), on a décharné et dépecé Jésus ! (l’être humain).
Ou a travesti son message et sa conception du « Royaume intérieur », proprement révolutionnaire, mais totalement incompréhensible aux yeux d'une religion. D’une certaine manière cet homme a encore 2000 ans d'avance sur son temps… 

Aurais-je la prétention de détenir la parole de vérité sur Jésus ?
Que nenni évidemment !
Je n’ai quand même pas cet orgueil ou cette prétention. On peut même estimer que je me trompe sur moi-même depuis bien des années… c'est possible après tout…

Pour moi le message de Jésus, en tant que Maître que je me suis choisi, c'est ce qu'il appelle la « promesse du Royaume », qui n'a évidemment rien à voir — absolument rien à voir —, avec je ne sais trop quel paradis terrestre, ou je sais quel Nirvana et promesses pour demain, dans un monde meilleur, là-bas, entre Vénus et Mars…

Le Royaume comme disait l'autre, c'est ici et maintenant.
À condition de bien vouloir y rentrer à titre personnel.
À condition d'avoir dans la bouche et sur les lèvres le goût d'un certain bonheur intérieur.
À condition « d'être » !
Le Royaume c’est un consentement à « l'étant ».
À condition de reconnaître que ce Royaume, qui est  donné, n'appartient pas à celui qui le reçoit. Non pas qu'il viendrait « d’ailleurs », mais c’est qu’il vient de « dedans ».
Il n’est pas donné, au sens qu'il s'agit simplement d'un dépôt dont on a la garde jusqu'au jour de sa mort, c'est-à-dire qu'ensuite, il se transmet.

(Je dois sans doute paraître obscur pour certains lecteurs… désolé en ce sens… je peux juste préciser que ce ne sont pas pour moi des propos « théoriques ». Ils reposent uniquement sur mon expérience personnelle de vie. J’ai l’expérience que j’ai reçu et que je  transmets).

Le Royaume, ce n'est pas seulement la perception du moi personnel et du moi intime. il n'y est cependant pas étranger car la porte d'entrée de ce Royaume se situe dans le moi intime.  Le Royaume, ce n'est pas une divinité ayant installé son campement dans le « moi » des psychologues.

Jésus déclare : — mon Royaume n'est pas de ce monde… alors on a cru qu'il s'agissait d'un truc ailleurs, après la mort,  au-delà de je ne sais quelle planète… En réalité, quand il dit « ce monde » il parle du monde de l'extériorité. 

il y a « ce monde » (de l'extériorité, de l’avoir et de la possession)  ici et maintenant.
Il y a « le Royaume intérieur » ici et maintenant. (Le domaine de l’être et de l'au-delà de l'être)

Si une image pouvait être parlante de ce moi intime du Royaume, ce serait celle-ci, ( mais j'en sens tout de suite l'extrême limite) :
En ouvrant la porte intérieure située au coeur  de soi,  sur le Royaume, on y découvrirait une sorte d'escalier se dirigeant vers des profondeurs insoupçonnées, et il faudrait accepter de descendre cet escalier sans véritable torche lumineuse pour se guider facilement. Il faudrait alors recourir à l'ensemble de ses sens pour commencer à percevoir comment et dans quelles conditions il faut descendre l'escalier. Ce ne peut donc pas être un escalier à dévaler en quelques instants… Il faut prendre du temps, beaucoup de temps, peut-être des années, et être attentif à ce qui se passe à chaque marche descendue. Alors, au bout d'un moment, une lueur lointaine finit par apparaître, vers laquelle on a envie de se diriger parce que l'attirance devient irrésistible.

Pour être plus concret, cette ouverture de tous les sens que j'évoque matériellement, c'est à la fois une réalité physico-biologique (passant pas le corps, la chair), en même temps qu'une activité de l'esprit et de l'intelligence. Autrement dit c'est un peu la méditation éclairée, en particulier par les paroles de Jésus. En commençant par celles qui, le plus spontanément, nous attirent, soit parce que l'on s'y retrouve, soit parce qu'elles interrogent, soit parce qu'elles provoquent, soit parce qu'elles ouvrent l'esprit et le cœur sur le Royaume lui-même. 

Je reconnais toutefois que cette attirance ne se fait pas forcément « comme ça ». Il faut s'environner d'un minimum de connaissances historiques, de la religion juive, des mœurs de ce temps-là, de la situation politique, etc. Sinon le risque est grand de faire des confusions et des contresens surtout en extrayant des paroles de Jésus un peu n'importe comment et en voulant les mettre à toutes les sauces. Mais pour cela on n'a pas besoin de diplômes de je ne sais quelle théologie, et tout le tralala de l'intellectualisme religieux, enfermés dans le crâne par 10 ans d'études….
Par ces chemins-là, on transforme Jésus en moraliste pénible, comme savent si bien le faire les chrétiens, et on perd de lui son aspect révolutionnaire des relations humaines et de la conception de « l'être heureux ».
J’ai eu moi aussi à lutter contre mon côté ignare de certaines choses d’une côté, et à l'inverse contre la croyance que plus j'aurai des connaissances sur Dieu, plus j'approcherai du Royaume. Dans ce genre de démarche on s'embrouille dans l'épaisseur étouffante de la mousse religieuse.

Autrement dit, la connaissance de Jésus oblige à s'éloigner des religions, de leurs pratiques, leurs morales, leurs préceptes, leurs obligations et leurs interdits, le bien et le mal, le bon et le mauvais, le permis et l'interdit, le sacré et le profane, un dieu qui punit et/ou récompense, une divinité auquel on fait et offre des sacrifices, brûlent des cierges, égorge des animaux, supplie à genoux, gueule contre un Dieu, cherche à faire copain copain, s'imagine qu'il peut tout, fait tout, voit tout…,  etc. etc.…
Bref toutes les conneries qu'on véhicule sans cesse un peu partout quand il est question d'un Dieu… comme s'il nous fallait toujours un espèce d'être supérieur que l'on peut implorer ou engueuler bref comme si l'avenir de l'homme c'était l'infantilisation permanente.

Je reconnais très volontiers que je ne suis pas exempt de ce genre d'attitude infantile à titre personnel. Ça me reprend parfois quand je me suis éloigné du Royaume.


(Ce sera tout pour aujourd’hui… mais j'ai encore tellement à dire… on verra si cela doit avoir sa place ici…)