Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


mercredi 25 janvier 2017

96 - Vraies et fausses promesses

Dans l'Ancien Testament, il est souvent question d'une promesse. Dieu promet quelque chose à son peuple. Quelque chose qui sera « mieux ». Sortir d'une condition ancienne, pour une condition nouvelle. La promesse est souvent faite à un leader, chargé d’entraîner un peuple dans une Aventure. Abraham vers une terre nouvelle. Moïse vers la terre promise pour faire sortir un peuple de l'esclavage.
Enfin bref, il est très souvent question de quitter un endroit pour un autre, l'espérance au cœur, par fidélité à celui qui a promis. Une confiance dans la divinité.

Dans la Bible, le peuple croit en cette réalisation, c'est pour cela qu'il se met en marche. Et puis, il y a des déceptions, des errements. Le désir de revenir en esclavage parce qu'on n'était pas si maltraité que cela, alors qu'au désert on a le sentiment que la fin (la faim) s’en vient. Certes, la divinité intervient, redonne espérance, ravive des cœurs. Mais quand même… reste ce sentiment que la marche n’aboutit pas là où l'on croyait qu'était la Terre nouvelle.

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Aujourd'hui, en France, nous sommes en pleine période électorale. C'est aussi le temps des promesses. Demain, c'est promis, nous ferons ce que nous n’avons pas fait hier. Sauf que les chemins proposés sont multiples, pour ne pas dire contradictoires, et qu'un peuple doute de plus en plus de ces vaines promesses entendues depuis des lustres, alors que, apparemment, le fameux bonheur espéré n'arrive toujours pas. On devient grincheux et revendicatif : 
— Alors ! Alors ! Ça vient oui ou m… ! 

Ce n'est pas comme dans la Bible. Les promesses, on finit par ne plus y croire et on se méfie de plus en plus de celui ou celle qui les fait. On veut un guide que l'on pourrait suivre, mais aucun n’est suffisamment crédible. Le doute a prit le dessus, la défiance est reine et la désespérance s'installe. Comme c'est insupportable, on finit par se dire qu'il est préférable toutefois de « faire comme si ». Sans doute que celui qui nous plaît vaguement remplira le contrat qu'on va lui acheter contre notre bulletin de vote. Ou alors, on ne vote plus, laissant tout à vau-l’eau, chacun pour soi, et Dieu pour personne.

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Dans le Nouveau Testament, qui raconte l'histoire de Jésus, ainsi que celle de ses premiers adeptes, il y a aussi une promesse. Est-ce la même que celle de la Bible ancienne ou que celle de l'homme politique qui réclame les suffrages du peuple ?

La religion chrétienne, inventée après la mort de Jésus, — et en essayant de ne pas être trop caricatural, — tient sensiblement un discours global disant : aujourd’hui sur terre, c'est très dur pour chacun, demain, après votre mort, ce sera le paradis merveilleux. Patience, patience !

Si, dans une certaine « modernité religieuse », il est question d'un chemin qui commence aujourd'hui, il n'en est pas moins présenté comme plus ardu et difficile que source de joie et de bonheur ici et maintenant. La promesse que c'est le bon chemin, l’unique,  s'enracine dans une affirmation : ça fonctionne parfaitement, à cause de la vie, la mort et la résurrection de Jésus, désormais appelé Christ, Fils de Dieu, Dieu lui-même. 

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L'homme politique dit : « le changement c'est maintenant », sauf qu'on attend toujours. Et qu'il y a quelques jours encore dans les diverses primaires (droite et gauche confondues), il est quand même toujours affirmé : ça ira mieux demain !
Grâce à moi évidemment dit : le candidat numéro un, le candidat numéro deux, le candidat numéro trois, candidat numéro quatre, etc. etc.
À chacun de choisir celui qui formule des promesses dont on tirera un bénéfice personnel. Les plus lucides des électeurs déclarent qu'ils choisiront le moins pire dans les mensonges. Il s'agit plus d'un vote par élimination, que d'un vote d'adhésion.

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En réalité, pour qu'une promesse soit vraie, il faut que, d'une certaine manière, elle soit déjà-là. C'est  le mystère de la profondeur spirituelle, parce qu'on fait l'expérience d'un déjà-là qui va advenir.
C’est ce que Jésus propose.
C’est ainsi que je comprends le mieux cette parabole du Royaume :

Jésus dit : «Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches.» 

Voilà, tout est dit dans une petite histoire aussi simple et tellement évidente. Pourquoi quelqu’un que l’on va qualifier de sensé, planterait-t-il une toute petite graine, s’il n’avait pas la « certitude intérieure » qu'elle deviendra une immense plante potagère nourrissante pour longtemps. Si ce n'est pour toujours. Nourrissante pour soi-même et pour d'autres.
S'il fallait raccrocher un concept religieux, ce serait « l'acte de foi ». C'est-à-dire une véritable action concrète, comme ici : celle de faire l'effort de planter. Après… ça poussera….

Promesse d'abondance toute simple… enfin toute simple… Il faut pour cela rentrer de soi-même et personnellement dans le Royaume.
(Et sur ce sujet j'ai déjà écrit suffisamment… pour expliquer ce qu'est le Royaume pour moi)

Pour que la promesse s’accomplisse pleinement, il faut l'accueillir, autrement que  du bout des doigts ou du bout des lèvres, avec une forme de suspicion ou de doute, (j'ai peur de m'approcher du divin, on sait jamais… ça pourrait être  grave pour moi…).
Un peu comme on dirait : J’ai peur d’aimer et d’être aimé, ça pourrait m’être néfaste, mais quand même j’aimerais bien qu’on m’aime ! …

Accueillir la Promesse  dans un élan, celui de l'amoureux qui se jette dans les bras de l'autre parce qu'il sait que c'est là, dans ce « toi-et-moi » qu'elle s'accomplit. 
Jusqu’au jour où ce « toi-et-moi » devient un « toi-EST-moi », sans fusion ni confusion. Non pas une fusion dans un Grand Tout où l'on est indifférencié dans un magma, ni dans une juxtaposition d’un simple côte à côte d’indifférence gentille.
Il faut le côte à côte, mais relié « par  le dedans ». Être UNS tout en étant singulier….