Seuls existent les commencements,
les aurores nouvelles,
qui nous tirent de nos nuits.
Être toujours voyageur de l'Aube.

jeudi 18 juin 2020

113 — Appartenance

J'appartiens à l'univers et je peux « penser celui-ci ».

J'appartiens à une immensité infinie dont je ne connais quasiment rien, si ce n'est ce que mes sens peuvent en percevoir ou apercevoir. Cependant je ne perçois guère  les manifestations d'une immensité invisible à mes yeux. 

Un univers visible et invisible.


On peut se limiter à ce qui est tangible, palpable, mesurable et définissable. L'être humain adore ça ! Dans l'histoire des hommes, combien de découvreurs  passèrent leur temps à « tout mesurer » comme si c'était une  nécessité pour s'approprier les choses.

quand il a nommé et défini l'Homme dit : « Cela m'appartient désormais ». Et encore aujourd'hui : Quantifier la longueur, la hauteur, la  profondeur, définir mathématiquement des lois diverses universelles ou non. Enfin bref tout répertorier  de l'infiniment petit à l'infiniment grand, sous le microscope électronique ou depuis l'espace avec les instruments de plus en plus sophistiqués comme Hubble ou autre.

Tout répertorier pour se croire propriétaire de tout dans l'univers.


Les religions aussi veulent tout quantifier et tout expliquer de l'univers spirituel et/ou divin. Les religions enseignent la science de Dieu, que bien entendu elles sont les seules à connaître parfaitement. Les religions ont mesuré la hauteur, la largeur et la profondeur de Dieu. Elles se sont même appropriées l'infini de son existence. Dieu appartient donc aux religions. Elles disposent d'un droit de propriété sur Dieu et des moyens de l'exploiter et de le vendre à qui en veut (ou  à qui c'est imposé dans les États où  la religion est obligatoire, sous peine de mort, parfois). Il existe des états laïques, mais, globalement, ils sont l'exception.


Où suis-je, dans cette vastitude ?

Une poussière d'étoile pensante. Singulière sans doute. Il n'est pas sûr que toutes les poussières puissent penser leur existence. La poussière est pensante si elle se trouve dotée d'un particularisme qu'on appelle : la vie ! Et encore faut-il qu'elle soit arrivée à un degré suffisant pour structurer une pensée réflexive. Une conscience d'être. Et cette conscience comporte une dimension spirituelle. Une capacité à être en relation  intelligible avec autrui et à collaborer avec lui.


La personne spirituelle reconnaît ses limites matérielles, son déterminisme physique, qui est de retourner à l'état de matière antérieure à son existence. En revanche, sur le plan spirituel, il n'existe aucune limite. C'est la Réalité Humaine qui engendre par nature ses propres limites, sa temporalité, son début et sa fin en tant « qu'être humain ». En tant qu'« être spirituel » il y a une valeur d'éternité, à l'image même de l'univers dans sa globalité dont on ne mesure ni début ni fin. Ce que tend de plus en plus à confirmer la recherche en ce domaine.


Ceci peut sembler au lecteur un exposé théorique, et même une forme de syncrétisme. Mais tant pis. Je livre des réflexions personnelles. Quelles apparaissent comme un tissu de lieux communs, peu m'importe.

Moi elles me donnent à réfléchir excessivement loin et profondément en moi-même. Donc cela n'a rien à voir avec de la spéculation intellectuelle, laquelle, globalement ne m'intéresse guère, ou plutôt ne m'intéresse plus.


Au « qui suis-je ? » qui m'aide à cerner ma personnalité autant que faire se peut, vient s'emboîter : «… dans l'univers »


« Qui suis-je dans l'univers ? » : La question m'ouvre sur des horizons intérieurs et des respirations de vie intense, qui non seulement retiennent mon attention, mais encore me rapprochent de ma source intérieure, laquelle, je le pressens, gagne et va gagner en abondance.

C'est-à-dire en créativité et en bienfaisance, comme une brèche nouvelle, une lumière intensifiée, une dilatation en densité et en vie accueillie.


Que puis-je espérer de mieux ?


10 commentaires:

  1. ....."de mieux".....Rien je crois, car tu résumes à toi seul nos incertitudes, nos interrogations dans le visible et l'invisible.
    Bravo Alain pour ce texte qui me laisse bouche bée !
    merci à toi pour tous ces mots que j'aime car ils n'expliquent rien de notre "réalité humaine" mais ouvrent à la réflexion, au souffle qui respire.

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    1. Merci pour ce commentaire, car j'avais le sentiment que mon texte pouvait être obscur à la compréhension. Tu t'es sentie rejointe et je m'en réjouis.
      D'ailleurs cela ne m'étonne pas de ta part. Tu as beaucoup de finesse sur ce que sont les êtres.

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  2. Profondes réflexions! Je ne peux que te réciter le petit poème du Maitre Huong Hai, répondant à une requête du roi Tran Nhan Tong sur le sens du mot zen :
     L'hirondelle traverse le grand espace,
    Son reflet s'immerge dans l'eau froide,
    L'oiseau ne tient pas à garder sa trace,
    L'eau n'a pas à cœur de garder l'image.
    Le monde est beau et grand, soyons heureux d'en faire partie.
    Toute idée de s'approprier de quoi que ce soit comme bien personnel est complètement absente...

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    1. Merci beaucoup pour ce poème.
      Il est très « parlant »
      accueillir tout ce qui est et n'en rien vouloir posséder.
      Tout est là, et tellement contraire au concept du « c'est à moi »

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  3. Oui un sentiment d'appartenance qui me fait dire "j'existe". Quand je dis "j'existe" une joie éclatante déborde de l'intérieur parce que cela signifie que je suis aimée.

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    1. Merci chère « anonyme ».
      Vous pouvez aussi « signer » votre commentaire…
      cela dit je partage tout à fait cette joie éclatante du « j'existe » !

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    2. Oh j'étais persuadée d'avoir envoyé un deuxième com pour m'identifier. Faut croire que cela n'a pas fonctionné !!! kéa

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    3. Pas grave !
      Hélas, Blogspot garde ses mystères quant à la manière de gérer les commentaires !...

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  4. Ah cher Alain...
    C'est bon de trouver, au fil des blogs, une oasis de réflexion philosophique, que dis-je ? Métaphysique. Et le tout dans une simplicité et une humilité tellement appréciable ! A côté du verbiage incessant qui bourdonne dès qu'on ouvre une radio, un site d'info, une télévision..même un journal.
    Se poser sous les étoiles. Humer l'air. Etre. Inspirer. Expirer. Aspirer à comprendre. Y renoncer en toute conscience. Respirer. Ne pas mesurer l'incommensurable. Laisser les autres mesurer le fond de la mer, comme disait Raimu. Et se penser simplement comme un grain de blé, de sable. Une étincelle. Accepter. Vivre. Se poser sous les étoiles. Humer l'air. Etre. Inspirer. Expirer. Aspirer à comprendre. Y renoncer en toute conscience. Respirer....
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. J'aime bien l'image de l'oasis, chère Célestine,
      les oasis sont là pour nous désaltérer, nous donner, ou nous redonner, toute la vie nécessaire pour poursuivre sur les chemins arides ou les déserts que l'on peut rencontrer. À moins qu'il ne s'agisse de ces lieux encombrés, assourdissants, aveuglants, déprimants, sans aucun sens, que l'on nous propose chaque matin, chaque midi, chaque soir, chaque nuit…
      et autant le dire clairement ! Il Y EN A VRAIMENT MARRE !
      :-)
      Alors en effet on peut s'en sortir dans le flux de la respiration consciente qui nous fait descendre au fond de nous-mêmes dans le jardin d'Éden intérieur.
      Là, personne ne peut nous faire ch.... ;-)

      Pardon pour ce ton quelque peu déjanté…
      c'est aussi une manière de dire que l'intériorité c'est un lieu de joie éclatante, (comme le dit le commentaire ci-dessus), débordante, et d'infinie reconnaissance …

      Merci pour ce commentaire qui fait du bien…

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