Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


jeudi 12 décembre 2013

65 - La vérité ?


J'ai dit quelque chose sur un mode réactif. Il s'agit d'une thématique facilement polémique et même tristement polémique. Mes propos ne correspondaient pas à ce que je pense et ressens réellement sur le sujet dont il était question. J'ai eu droit à une réponse sur un ton de neutralité froide. C'est pire que le « contre-emportement »… Je me suis retrouvé avec ce sentiment douloureux de la trahison de moi-même, de la trahison de ce que je porte au coeur profondément.


Défendre une cause que l'on estime juste à la fois pour des raisons objectives et pour des raisons personnelles, c'est déjà s'exposer à la critique, la contestation, l'invective et parfois la méchanceté. 
Mais prendre une position réactive envers quelque chose que l'on ne ressent pas profondément, mais qu'il est aisé de soutenir pour d'obscures raisons, dans lesquelles l'inconscient intervient quasi à notre insu, c'est à mes yeux la pire des choses. C'est comme un coup de poignard au coeur, et c'est à la fois celui d'en face et moi-même qui tenons le manche du poignard et enfonçons la lame. Je me déteste et me détresse dans ces cas-là. (Du verbe inventé  se détresser = se mettre soi-même dans un état de détresse).

J'ai alors pensé : je me suis mis en dehors de ma vérité.
M'est venue cette parole de Jésus : « la vérité vous rendra libres ». 
On peut inverser le propos : « le mensonge vous rendrait esclave ».

Vivre en vérité avec moi-même, je ressens que c'est bien un chemin libérateur.
Tout mon être, toute mon âme, a soif de vérité plus grande.
Quelle vérité ?
Celle du réel.
Différente du dualisme moral : vérité/mensonge. S'éloignant de la pression infantile : « c'est pas bien de mentir ! ». 
En réalité, si je puis dire, c'est plus grave que ça… !
La vérité du réel c'est un consentement à l'existant : à l'être, y compris à la dimension de transcendance qui le constitue.
si je suis humain, je ne peux rien au fait qu'il en soit ainsi. Je lisais récemment les propos d'une personne qui se déclare athée, mais parle avec justesse de ce réel constaté de son humanité plus grande qu'elle-même. Je comprends très bien. J'ai tenu des propos identiques en son temps.

La vérité est en quelque sorte une adhésion délibérée (au sens de pesée, puis choisie) au réel observé en soi-même, là se manifeste une sorte de plénitude de vie qui ne vient pas de nous-mêmes.

Les faits relatés au début m'ont fait sortir de cette plénitude. Je n'étais plus dans une dynamique de vérité, mais dans l'emportement de l'orgueilleux qui hurle avec les loups, pour mieux dévorer les agneaux.

La liberté que Jésus affirme comme étant une sorte d'aboutissement, c'est autre chose que la seule recherche de la liberté intérieure au sens psychologique de sortie des aliénations de toutes sortes. Bien sûr, cela passe par là, mais c'est bien « au-delà ».

C'est la liberté du serviteur, tel que Jésus en parle d'ailleurs dans le même passage des Évangiles (Jean Chap 8, ver. 31 et s.), La liberté de celui qui n'est pas l'esclave du mensonge, et qui a donc la capacité de vivre la plénitude du serviteur.
Le serviteur accomplit librement et volontairement ce que son Maître lui demande.  Et ce, sans aliénation au Maître. (sinon c'est un esclave).
Il y trouve son bonheur et sa raison d'être.

Je suis convaincu de cela. Cependant, dans l'accomplissement concret, je suis loin du compte. Je tiens à ma « petite liberté », celle qui est étriquée, qui tourne autour de mon nombril, celle qui proclame :  — « après tout je fais tout ce que je veux ! Merde alors !… »
Et quand je me laisse mener par cette proclamation, j'en tire peut-être quelques satisfactions, - c'est toujours amusant d'être un peu rebelle, - mais au final, ça laisse toujours un goût amer dans la bouche.

Reste la question : Qu'est-ce donc qu'un bon maître ?
Ce sera pour le prochain billet….

6 commentaires:

  1. Mais qu'as tu donc tenu comme propos réactifs qui te fait tenir un tel discours... Tu me diras sans doute : "quelle importance" Et moi je me pose comme question: "Pourquoi donc as tu besoin de le défendre?"
    En tous les cas, ton honnêteté est toute à ton honneur...
    Et un curé dirait ! : "faute avouée est déjà pardonnée"
    Sois en paix, Alain.

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    1. Les faits ne sont pas l'essentiel. La difficulté est lorsque les propos qui ont leur justesse quelque part, débordent et « dépassent la mesure », c'est-à-dire la juste mesure, ou la mesure juste…
      Le reflet porte alors bien son nom. On se voit dans le miroir de son erreur.

      Quant à la phrase du curé, hélas connue et répandue, je peux te dire que je la déteste totalement !
      Infantilisation…
      Seule la responsabilité à une valeur à mes yeux.
      La responsabilité de soi-même, face à soi-même, face à autrui.
      Je n'ai rien à avouer, je n'ai rien à me faire pardonner, j'exprime seulement la réflexion sur moi-même.

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  2. Durant les années où je ne voulais pas croire surtout en côtoyant la misère des enfants porteurs de maladies graves invalidantes et la détresse de leurs parents, j'avais en moi une autre phrase de Jean; Jean, 3, 21: Celui qui fait la vérité, vient à la lumière. Le verbe faire est employé dans la bible de Jérusalem. Faire la vérité. Et pour moi cela renvoyait au parler vrai de Françoise Dolto. J'ai essayé d'être dans le vrai avec ceux que je rencontrais et cela a été mon chemin.

    Maintenant quand Jésus dit: la vérité vous rendra libre, il y a l'interprétation que tu en fais. Les mots vérité et liberté ayant un sens disons philosophique. Mais pour Jésus, je crois que quand il dit cela (ou quand on lui fait dire cela) il s'agit d'autre chose. La vérité c'est reconnaître qui il est, et d'où il vient. Je suis le chemin, la Vérité et la Vie. Il y a une phrase quelque part que je cite de mémoire: la vérité c'est qu'ils te connaissent et moi ton envoyé.

    Alors quelle vérité? En tous les cas, faire la vérité comme tu le fais, cela rend libre.

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    1. J'aime beaucoup ton commentaire. Et donc merci.

      Je suis tout à fait d'accord avec l'autre interprétation que tu mentionnes : « La vérité c'est reconnaître qui il est, et d'où il vient. ».
      Je l'évoque d'ailleurs en indiquant que c'est au-delà du seul sens psychologique. (Ou philosophique…)
      Mais est-ce que les deux ne s'emboîtent pas nécessairement ?
      Reconnaître qui est Jésus et d'où il vient peut évidemment être une démarche intellectuelle d'adhésion, voire de foi proclamée, de credo récité, permettant en quelque sorte de choisir son camp.
      Mais cette reconnaissance, pour impacter et la vie personnelle, dans le sens « d'entrer dans le royaume », suppose une longue démarche d'intériorité, un cheminement dit spirituel, dont je doute qu'il puisse être de l'ordre de l'instantanéité, et dont je doute qu'il puisse faire l'économie d'un minimum de « travail sur soi ».
      Enfin, disons que c'est ma démarche personnelle…
      Quant à la démarche des autres, qu'elles ressemblent ou diffèrent de la mienne, je ne peux qu'en espérer le dévoilement par ceux qui en témoignent effectivement.
      Comme toi tu le fais d'ailleurs sur tes propres blogs.
      Je le souligne, car, de fait, « ça ne court pas les blogs »…

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  3. "...dans le sens « d'entrer dans le royaume », suppose une longue démarche d'intériorité..."

    Suis pas sûre de ça car... pour citer Jésus (encore lui), je me souviens qu'il est sensé avoir dit au larron sur la croix : "Ce soir même tu sera avec moi en Paradis " ou quelque chose du genre en tout cas.
    Faut dire que cette phrase me cause un peu problème parce que "ce soir" ça semble vouloir dire "dans quelques heures lorsque nous serons morts". C'est plutôt mêlant tout ça !
    Évidemment le nouveau testament a été traduit et retraduit et une traduction c'est toujours une interprétation qu'on le veuille ou non. Sans compter les manipulations évidentes sinon flagrantes !

    Un poème de Krishnamurti qui décrit bien selon moi ce que c'est que l'expérience du Royaume :

    « Oui j’ai cherché mon Bien-Aimé
    Et je l’ai découvert établi dans mon cœur.
    Mon Bien-Aimé regarde par mes yeux,
    Car maintenant mon Bien-Aimé et moi nous sommes un.
    Je ris avec Lui,
    Avec Lui je joue.
    Cette ombre n’est point la mienne,
    C’est l’ombre du cœur de mon Bien-Aimé,
    Car maintenant mon Bien-Aimé et moi nous sommes un. »

    Krishnamurti indiquera ce qu’il entend par le « Bien-Aimé ».
    « Pour moi, le Bien-Aimé est chacun de vous, le brin d’herbe, le pauvre et le riche, le chien malheureux et les montagnes grandioses, les arbres magnifiques… kéa

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    1. Peut-être que ce qui te gêne dans l'histoire du « bon larron », c'est que le royaume (ou le paradis), dont il est question dans cet épisode, n'est pas le même que ce dont je parle. Il s'agit bien dans l'Évangile en question d'un « lieu après la mort » où l'on réside en attendant la résurrection. (d'on cette remarque du "ce soir" (ou aujourd'hui dans d'autres trad.) Je ne veux donc pas m'étendre sur ces aspects liés aux croyances religieuses.

      En revanche ma phrase que tu reprends,-du commentaire au-dessus, mériterait certainement que je précise plus. en effet, elle laisse entendre que la démarche d'intériorité serait comme un préalable. À mes yeux ce n'est pas exact. Du moins ce n'est pas une nécessité absolue. Mais je ne vais pas développer ici plus avant. Peut-être que je reviendrai plus tard sur tout ça.

      Il n'empêche que, — je ne parle ici que pour moi-même — , disons que pour pouvoir demeurer dans le royaume il me faut développer une intériorité, au sens d'une présence à soi-même dans l'instant, et, dans l'absolu, à tout instant de l'existence.
      C'est donc une forme « d'état », de permanence, quui ne m'est pas entièrement "naturelle" . Je suis aussi enserré dans tous les conditionnements de ma condition humaine, mon éducation, la culture environnante, les innombrables influences reçues et/ou subies, etc.

      Autrement dit, pour arriver à écrire le poème que tu cites, il faut probablement des années, non pas pour l'écrire, car l'oeuvre poétique intellectuellement est à la portée de tous, mais pour en vivre vraiment, dans le quotidien de sa vie, au jour le jour.
      Pour ma part je n'y suis pas encore, loin de là…
      J'envie ceux qui ont cette "génération spontanée".

      En ce sens, je relève par ailleurs ce propos de Krishnamurti :

      "Le commencement de la méditation est la connaissance de soi, ce qui veut dire être conscient de chaque mouvement de la pensée et de l’émotion, connaître toutes les couches de ma conscience - non seulement les couches superficielles, mais les activités cachées, secrètes, profondes."
      « De la connaissance de soi »- Krishnamurti

      (ce poème fait pense au cantique des cantiques !)

      Merci pour ce commentaire très intéressant qui enrichit celui qui le lit.

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