Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck.

« Une force qui est, qui ne peut pas être seulement de nous, mais qui ne peut pas être sans nous. Cela c’est de Dieu. - Mais je ne sais absolument rien de Dieu je sais seulement qu’il y a quelque chose en moi qui monte. C’est une trace, un chemin, un parcours toujours nouveau. » - Marcel Légaut

jeudi 19 juin 2014

71 - Mais qui donc est l'homme ? !


C'était un de ces êtres humains au charisme singulier. J'étais allé l'écouter bien des fois. Il avait le mérite d'un discours d'une profonde spiritualité, prenant ses racines dans la mouvance judéo-chrétienne, tout en étant un peu en marge, sans y être vraiment, de ce qu'il est convenue d'appeler la chrétienté ou l'église, avec son arsenal dogmatique qui, selon certains avides, devrait s'imposer à la planète entière…


Au terme de son logos inspiré, qui nous entraînait vers des profondeurs insoupçonnées, où nous élevait vers des sommets qui en dissimulaient toujours d'autres, il terminait le plus souvent par cette formule, sur un ton d'interrogation vibrante dans sa voix et qui nous laissai pantelant dans le silence :
— « Mais qui donc est Dieu ? ! »

Ces derniers temps, je retournais la question ou plutôt je portais le regard non pas sur Lui, mais sur Nous : — « Mais qui donc est l'homme ? ! »
Quelle est donc l'essence de l'homme, qui est-il vraiment ?
Évidemment, je ne vais pas me lancer dans des considérations philosophiques ou religieuses, même si la pensée d'autrui est indispensable à la construction de soi.
Entre :
— Dieu seul est existant par essence (Descartes)
— l'existence précède l'essence (courant existentialiste)
— le rejet d'une approche par l'essence (Kant)
— etc.
je n'opterai pas pour un choix intellectuel.
Je peux juste m'interroger sur moi-même. C'est la seule chose que je sache faire un petit peu : — Qui suis-je, par essence ?

Ce qui me constitue fondamentalement, c'est mon être et ma conscience profonde.
Mon être étant mon essence fondamentale (*), unique, que je n'ai pas « créé » et qui me vient donc d'ailleurs que de moi-même.
Ma conscience profonde comporte la capacité de… 1°- me conscientiser en mon être, c'est-à-dire de le percevoir par décentration, de le considérer ou de le rejeter, 2°- d'en assurer le développement ou le maintien en jachère, de l'accomplir ou de le renier.
Là est donc ma liberté humaine de choisir… Ou pas…
Ne pas choisir me fait demeurer proche de l'animalité
choisir me permet de m'humaniser.

——————— 
(*) — "mon être" = le soubassement de ma personnalité, dont l'émergence est progressive. Il constitue une dynamique foncièrement positive. Il est le lieu de mon identité, du sens de mes actions, de mes liens fondamentaux. Il a une dimension d'ouverture à ce « plus-que-moi-en-moi ».
————— 

De la définition ci-dessus, je m'attarderai à la dernière :
— Il a une dimension d'ouverture à ce « plus-que-moi-en-moi ».
(Pour les autres aspects, je les ai largement développés ailleurs sur un autre blog, depuis des années…) Cette dimension, je l'ai déjà évoquée ici, par exemple dans ce billet - ou celui-ci - et d'autres encore…

Je pense que chacun fait l'expérience dans sa vie de quelque chose qui le dépasse, le transcende, le déborde. Cette expérience n'a rien d'extraordinaire en soi.
Nommer qui est « Le Plus »… C'est encore autre chose…
Des noms pour nommer il n'en manque pas ! Au sens de tout ce qui peut s'élever au-dessus de nous. On dit même de certains qu'ils ont un esprit transcendant…
Des noms inventés pour des divinités inventées. L'Inde fait sans doute figure de proue, avec ses milliers de divinités pour toutes sortes de choses.
Nous ne sommes pas non plus si mauvais avec nos mythologies… Les dieux grecs et latins ont des vies et des vices qui nous ressemblent…
Personnellement, ce n'est pas ma tasse de thé… Un peu trop de monde pour moi !
J'opte pour un seul. C'est bien suffisant… C'est déjà assez compliqué comme ça…

J'opte pour ce « plus-que-moi-en-moi » qui a la coloration de ce que je découvre de Jésus dans les Évangiles. J'opte pour cette relation à celui qu'il appelle « son Père », j'opte pour cet aspect de lui dont il a pleine conscience quand il évoque le « fils de l'homme ».
C'est dans cette sorte d'aura du souffle premier que je me situe, que je rejoins, que je m'abandonne à cette exaltation qui me crée aujourd'hui et chaque matin.

Qui donc est l'homme ?
Et bien le voici ! Non pas moi ! Mais « lui » fils de l'homme, dans cette sorte de  profondeur  (ou sommet, selon le système métaphorique qui convient selon les personnes) qui le caractérise et qui pour moi constitue un pôle d'attraction intense chaque fois que je m'approche de « lui ».
Cet homme-là, ce Jésus, et comme le prototype largement en avant de nous dans l'humanité. On peut dire que je prononce là des conneries. Ça m'est totalement mais alors totalement indifférent, au sens que cela ne peut nullement m'atteindre dans mon essence humaine, dans l'essence humaine du « voyageur ». Cela peut m'atteindre sensiblement, je peux ressentir des grattouillis ou des énervements. Ça peut me faire réagir vertement. Mais tout cela reste plutôt de la mousse…
Et puis franchement, je vais quand même pas prendre pour "figure d'humanité" un de ces ploucs politiques qui gouverne un quelconque pays du monde !

Profondément, au fond de mon coeur, au coeur de mon âme, rien, personne, ne peut venir là et profaner quoique ce soit quant au lien qui m'unit à ce fils de l'homme. C'est de l'ordre de l'impossible. Un chrétien dirait peut-être que c'est de l'ordre de la grâce ?… Peu m'importe.
Pour moi : C'EST AINSI.
Une histoire d'amour en quelque sorte…

10 commentaires:

  1. Bonjour,
    Je viens de passer deux heures sur votre blog. Mon commentaire concerne plus votre blog en général que cet article en particulier. Veuillez m'en excuser : je préfère écrire dans la large fenêtre qui s'ouvre pour les commentaires que sur la toute petite surface réservée aux messages privés!
    Vous m'aviez écrit qu'en allant sur votre blog je pourrai faire votre connaissance... Donc je me suis laissée mener de liens en liens, de votre premier article au dernier sans bien sûr tout lire.
    Je ne sais toujours pas qui vous êtes, heureusement puisque, comme vous le dites, chacun dépasse tout ce qu'on peut dire de lui ! J'ai appris quand même que nous avions a peu près le même âge, que vous ne seriez rien sans l'amour pour (et de) votre compagne, que vous avez été touché par une maladie grave à 11 ans et que cette maladie avait laissé des séquelles importantes...
    Mais j'ai surtout appris que vous savez parler en "je" et donc que vous échappez à tout discours dogmatique. Parlant toujours en "je", vous ouvrez la possibilité à vos amis d'être un "tu" avec vous... Franchement je ne croyais pas que ce soit possible sur un blog! Du coup, j'ai passé avec vous et vos amis un moment de grande liberté d'expression, exempt de toute idéologie. Chapeau!
    Je partage tout à fait votre critique de l’Église catholique en tant qu'institution. J'ai peur que l’Église (en particulier en France) devienne de plus en plus le refuge des gens qui cherchent l'ordre à tout prix et que ceux qui pensaient y trouver la joie de vivre dans la liberté de l'Esprit la quitte (enfin ceux qui ne l'ont pas déjà fait). Car je suis dans ce paradoxe : je ne crois pas que l'évangile puisse se transmettre en l'absence totale d'Eglise institutionnelle mais je crois que l'Eglise institutionnelle est bien souvent un repoussoir pour la foi... Donc je n'ai pas trouvé d'autre solution que d'y demeurer mais sur les marges... La position n'est pas toujours confortable et en tout cas n'est pas du tout "exemplaire".
    Enfin et surtout j'aime votre manière de dire "Dieu" en référence toujours à votre propre expérience de "l’indicible". Arriver à "dire l'indicible" et permettre à d'autres de s'y risquer... Là encore chapeau à vous et tous vos amis qui y participent par leurs commentaires!
    J'ai vu que vous aviez écrit un livre mais j'en ai perdu le titre et j'ignore le nom de l'auteur. Je vous mets en message privé mon adresse mail.
    Enfin, je me suis fâchée il y a peu sur facebook avec le directeur du journal "la Vie" qui traitait d'apostats ceux qui quittaient l'Eglise. Dommage que je ne vous ai pas connu à ce moment, je vous aurais appelé pour m'appuyer! Vous trouvez trace de ce "vigoureux débat" sur ma page facebook en date du 19 avril (adresse de ma page : christine.fontaine.714)
    Un grand merci à vous et vos amis. Je compte bien revenir souvent sur votre blog même si je n'ai pas toujours le temps d'écrire un commentaire.

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    1. Tout d'abord, je vous remercie pour ce long commentaire et d'avoir pris le temps de parcourir ce blog. L'analyse globale que vous en faites montre que vous avez parfaitement cerné ma démarche. Parler aux « je » engage plus fondamentalement que l'échange au seul niveau des concepts, idées, idéologie ou croyances, même si sur ce terrain on révèle forcément un peu de soi-même.
      Oser partager ce qui relève de l'intime, de l'expérience personnelle, invite l'interlocuteur en face à s'exprimée lui aussi à ce niveau. Les personnes qui commentent ici en sont la démonstration.
      Sur ce sujet, votre commentaire me donne l'occasion de les remercier de leur présence Pour cette implication personnelle à laquelle j'attache un très grand prix. C'est pourquoi je m'efforce toujours de répondre après avoir pris le temps de laisser venir en moi ce que j'estime avoir à dire en écho de manière la plus adéquate et si possible la plus constructrice.

      Moi aussi, j'ai passé plusieurs heures sur le blog/site auquel vous collaborez et dont vous êtes co-fondatrice, si j'ai bien compris. J'ai parcouru l'ensemble de vos textes, j'en ai lu plusieurs de manière approfondie. J'en retire de grands bénéfices. Vous avez une parole singulière, élaborée, réfléchie, documentée, tout en étant profondément simple et humaine. Sur le fond, je vous rejoins plus d'une fois. Sur la forme vous êtes limpide, lisible par le béotien que je suis, ce qui est rarement le cas chez les théologiens… Ne changeait rien sur vos fondamentaux, vous détenez une part de vérité qui finira bien par être entendue.
      Pour ma part, j'ai déserté l'église pour les raisons exposées sur ce blog, et pour d'autres encore qui ne sont pas dites ici. J'admire votre persévérance à demeurer en proximité avec cette institution, ce dont je ne me sens pas capable, en tout cas pour aujourd'hui.
      Je ne crois pas non plus que l'Évangile puisse se transmettre sans un « collectif » mais lequel ? L'église ne transmet plus rien qui soit recevable et audible par « le peuple ». Mieux vaudrait qu'elle s'éteigne dans sa forme actuelle. Des formes nouvelles sont sans doute à advenir. Par les marges. Autrement. Ailleurs. Et là vous avez sans doute votre rôle à jouer.
      J'ose avoir la prétention de dire que ce blog en son aspect un peu collectif quoi que totalement protéiforme, concourt à partager un certain essentiel, autour de la question de Dieu, plus largement de la « spiritualité » et plus précisément encore autour de la personne de Jésus, telle qu'elle est donnée par les Évangiles.
      Ce n'est pas un véritable objectif pour moi. Les premiers textes de ce blog montrent mon objectif. Mais c'est une conséquence à laquelle je ne m'attendais pas : que des personnes viennent à leur tour témoigner de leur propre expérience. J'avais même pensé qu'il me faudrait « filtrer les commentaires » tant ce genre de sujet peut amener toutes sorte de dérives par des commentateurs attirés par la polémique et non pas par une recherche personnelle et intérieure. Je constate que je n'ai jamais eu à censurer aucun commentaire et qu'il n'y a aucun filtre préalable mis en place par moi. En tout cas quant à présent… De cela je me réjouis.

      Moi aussi, je continuerai à vous lire avec grand intérêt. Le peu que je connais de vous me fait dire que vous êtes une belle personne. Je suis heureux de vous avoir croisé là où nous avons fait quelque peu connaissance, et je souris que ce fut plutôt sur un ton « pas très catholique » ! Il faut dire que j'ai un côté polémiste. Nul n'est parfait !

      À propos du livre que j'ai écrit et de quelques autres points, je vous écris par mail très bientôt.

      Encore merci d'être venue « ici ».

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  2. Ces réflexions éveillent en moi quelque chose qui me rejoint, comme si chacun de nous marchait sur la même route, celle qui conduit à la liberté d'être. Et je pense que c'est ce que tu exprimes quand tu dis qu'à partir de maintenant, quoiqu'il arrive, rien ne pourra ébranler cette certitude qui est venue à toi au fil de tes questionnements et de ta recherche. Ce divin qui t'habite et auquel tu as librement consenti t'invite à être le témoin vivant qui participe à l'expansion du "royaume". Ton analyse participe à l'éclairage de ma pensée et la conforte.
    Qui donc est Dieu? Combien de fois me suis-je moi aussi posé cette question. Jésus, fils de Dieu s'est fait plus proche de moi car c'est l'homme, le seul à mon avis, à pouvoir comprendre celle que je suis puisqu'il est passé par toutes les blessures profondes qui sont à même de pouvoir atteindre chacun de nous un jour ou l'autre, au cours de notre histoire. C'est par lui que je saisis de plus en plus cette relation qui se joue dans l'intime de ma progression spirituelle. Mon essence est ce qui me constitue, elle naît en même temps que je grandis à moi-même par mes questionnements en profondeur, par mon ressenti et ma prise de conscience d'appartenir au Tout.
    Le Fils de l'Homme, c'est une histoire d'amour entre le Créateur et l'homme. La lumière est là, en ma vie et en nos vies, C'est là que se situe le "plus que moi en moi", c'est ce qui fait ma force devant l'épreuve comme ma joie devant la beauté d'une relation humainement vraie.

    Connais-tu ce livre? Le métier d'homme de Alexandre Jollien. Je viens de le découvrir et n'en suis qu'au début de ma lecture.
    Brigitte

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    1. En effet, je partage ce que tu dis quant à la route qui conduit à la liberté d'être. Un véritable chemin de liberté, de libération, par la rencontre d'un véritable "libérateur par l'intérieur". c'est bien d'un royaume en expansion dont il s'agit, un royaume sans frontières parce qu'il déborde sans cesse de partout, parce qu'il nous déborde.
      Quelle différence avec le monde étriqué qui cherche sans cesse à nous maintenir dans tous les esclavages dans lesquels la société voudrait nous faire rentrer. Pire encore elle considère que c'est sa mission…
      Cela me fait d'autant plus déplorer l'existence des religions dites chrétiennes et qui pour l'essentiel propose un nouvel esclavage aussi pesant que celui qui existait au temps de Jésus et qu'il n'eut de cesse de dénoncer…

      Je n'ai rien lu d'Alexandre Jollien. je le connais par ses interviews à la radio et par un film qui rend compte de ses dialogues avec Philippe Pozzo di Borgo ( le tétraplégique du film « intouchable » - film commercial qui m'a fait sourire mais qui est très décevant au regard de la personne même de Philippe).

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  3. Un très beau texte Cher Alain.

    Pour moi, l'existentialisme est une construction d'intellectuels de canapé qui ont abusé de la psychanalyse. Tout honnête homme - j'entends celui qui aura pris assise en lui-même - finira par observer que l'existence ne précède rien, dès lors que l'essence est continue.

    J'aurais encore beaucoup de choses à dire... je reviendrai sûrement...

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    1. Je prends connaissance de ton commentaire à mon retour de quelques jours de vacances.
      J'aime beaucoup ta définition de l'honnête homme, elle me rejoint bien.

      Dans mon jeune temps je pensais que les constructions des intellectuels de canapé m'amèneraient vers des sommets de la connaissance de l'être humain et que je percerais les Mystères suprêmes…
      J'ignorais encore que seul le "livre écrit en moi" me donnait accès au réel vrai. Le mien d'abord, celui d'autrui ensuite, lorsqu'il partage sa propre expérience et elle seule, sans vouloir en faire des généralités censées s'imposer à tous.
      ( même si la tentation de le faire existe…)

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  4. Le panthéon indien relève essentiellement du symbolisme, et non de la transcendance. Tout peut être divinité, le rat, l'éléphant, le singe, l'homme et la femme, des êtres inexistants (le makara, fusion d'un dauphin et d'un crocodile, par exemple). Ces symboles rappellent que Dieu est là, dans l'instant, dans chaque situation que compose l'existence d'êtres vivants qui ne sont pas entre eux hiérarchisés. Il n'y a pas de distinction à faire entre un Absolu (au sens des religions monothéistes) et le relatif. L'absolu est dans le relatif, baigné d'un réel illuminé par la présence "divine". En ce sens également, pas de distinction envisageable entre animalité et humanité. L'être humain, en tant que concrétion la plus élaborée de la shakti (l'Energie fondamentale) incarne toutes les dimensions de l'être, de la pierre à l'état de grâce. Et si on tentait une définition - fort improbable - du yoga dans sa dimension tantrique, on dirait simplement que la posture inscrit le corps de l'homme dans ces différentes dimensions, pour qu'il n'en reste plus qu'une : l'assise, les yeux baignés de larmes (sat - asana).

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    1. Ton commentaire est très intéressant. Il s'inscrit non seulement dans des connaissances que tu as, mais surtout dans une expérience personnelle que tu fais.
      Les distinctions : absolu/relatif, profane/sacré, etc. relève d'un clivage qui n'est pas fondé sur l'expérience et l'observation de l'être humain en tant que tel.
      Tout au plus peut-on penser qu'il s'agit là d'une hiérarchisation provisoire, d'une construction et d'une structuration personnelle nécessaire pour aboutir à cette relation intime unifiant le dedans de soi et le dehors de soi.
      Et cette expérience est fondamentalement corporelle, que l'on recourt à des postures ou non.
      (D'ailleurs on avait déjà changé à ce sujet il y a quelque temps lorsque j'évoquais mon impossibilité physique de pratiquer une discipline telle que le yoga)

      Ce qui est frappant toutefois c'est cette sorte d'obligation/nécessité que se fait l'homme de recourir à des hiérarchisations, des classements, des castes, des catégories, des initiés/non initiés, etc.
      Chaque regroupement humain qui se crée autour d'un élément rassembleur (un collectif par exemple), finit toujours par générer une structure hiérarchisée dans laquelle l'élément rassembleur finit par se dissoudre. Les référents deviennent les membres eux-mêmes à partir de liens d'intérêts qui unissent (ou divisent !), avant de réaliser… Que tout simplement cela ne marche pas…

      La tentation est grande de s'en tenir à une démarche individualiste.
      Je n'y échappe pas…

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    2. Vois-tu, je ne suis pas un gymnaste, juste assis, comme toi, sous l'arbre des étoiles, amoureux de la combe que ton regard a épousée.
      Très touché par le passage sur le silence et la communion avec ta compagne, main dans la main.
      J'écris ici, parce que ton billet aurait pu être inscrit à la suite des fragments écrits de ton expérience spirituelle.

      Démarche individualiste, je ne sais pas, nous sommes reliés et seuls, par essence.
      Toi qui lis ces mots, nous sommes reliés.

      Au plaisir!

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    3. Merci, grand merci, pour ce que tu écris là....
      - Concernant le corps, les postures corporelles, il y a en moi un "comme les autres", même avec un corps défaillant largement, et en même temps un différent : parce que j'ai tout oublié des réactions et possibilités d'un "corps ordinaire", et que simultanément mon attention à ce corps tel qu'il est devenu, est une permanence de chaque instant. Cela a sans doute beaucoup influé sur ma "vie spirituelle et intérieure", qui est totalement charnelle et présence ressentie en ses manifestations "incarnées".

      - Que tu commentes "ici" ce que j'ai écrit "là-bas" m'interpelle aussi. En effet, ce billet sur l'autre blog aurait pu, partiellement au moins, avoir place « ici ». L'inverse est aussi vrai certain texte écrit sur « le voyageur » aurait pu l'être aussi là-bas…
      Depuis quelque temps flotte en moi cette interrogation : pourquoi garder deux blogs ? Moi qui ne cesse de parler d'unité de toute la personne, parce que je la ressens de plus en plus.
      Il est vrai que l'on ne partage pas forcément les choses au même niveau avec chacun de ceux que l'on croise. D'ailleurs je n'ai pas le même lectorat ici que là-bas.
      Pour l'instant ce n'est pas encore bien net pour moi ce que j'ai à vivre à ce sujet. C'est lié au troisième point sur les reliances.

      - Oui, nous sommes reliés. Peut-être devrais-je écrire que la démarche est personnelle et non pas individualiste. Quant à relié à toi par blog interposé, je le ressens en effet. Nos approches sont assez différentes, mais il me semble qu'elles ont le mérite de relever de l'expérientiel et non pas du débat d'idées. C'est pourquoi pour ma part j'essaye toujours à travers la différence d'approche de trouver la reliance profonde. Parfois je la perçois bien, parfois c'est moins clair ! Mais justement c'est peut-être là que réside d'être reliés. Lorsque l'autre nous apparaît trop semblables l'effort de l'approche tente à se relâcher et c'est dommage. On croit comprendre à demi-mot. On se trompe souvent. C'est un piège.
      Je relis souvent tes billets plusieurs fois pour en pénétrer la substance.

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