Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck.

« Une force qui est, qui ne peut pas être seulement de nous, mais qui ne peut pas être sans nous. Cela c’est de Dieu. - Mais je ne sais absolument rien de Dieu je sais seulement qu’il y a quelque chose en moi qui monte. C’est une trace, un chemin, un parcours toujours nouveau. » - Marcel Légaut

samedi 2 mars 2013

42 - Le sacré, le religieux et l'intime (1)


Dans mon enfance et ma jeunesse, le sacré est relié au religieux. Il s'agit surtout d'interdits, de ce qu'il ne faut pas profaner, transgresser, sous peine de sacrilège, c'est-à-dire d'une terrible vengeance qui s'abattrait sur moi et porterait condamnation définitive. En particulier il y avait à respecter la messe (je me souviens d'un cousin qui jouait à faire la messe, et je trouvais cela inadmissible…). Sacré aussi, l'autel de l'église et son environnement protégé par des grilles, le tabernacle contenant les ciboires et surtout l'hostie qu'il fallait avaler rapidement, ne pas croquer, mais qui collait quand même au palais et qu'il était difficile de décoller avec la langue. qui plus est, recevoir la communion en état de péché pouvait entraîner de terribles conséquences



J'ai quand même transgressé, comme j'en parle ici.
Sans doute dans une forme de vengeance inconsciente en raison de mon incapacité à accéder « officiellement » à l'autel.

Ce dont je me vengeais, c'était l'incapacité dans laquelle ce sacré me mettait d'accéder à mon intériorité et à cette relation intime avec Jésus 

Est-ce que j'avais tort ? Est-ce que je n'étais pas suffisamment adulte ? Fallait-il comprendre que le sacré était indispensable ?
Le sacré doit signifier la crainte, la fascination pour une puissance invisible qu'il faut respecter par des signes, des cérémonies, des offrandes, des rituels structurés, immuables, destinés à entretenir une forme de relation assez distante  avec la divinité, l'être supérieur, le Tout-Puissant, toute autre, inatteignable et lointain, qu'il convient de vénérer en toutes circonstances avec l'espoir de ne pas « réveiller le courroux divin », mais au contraire de s'attirer quelques condescendants bienfaits, en étant irréprochable dans ses pratiques religieuses et si possible vertueux dans sa vie.

Le sacré permet à ceux qui en détiennent les modalités d'exercice d'étendre leur domination sur les autres, en s'instituant intermédiaires indispensables entre l'adepte de base et le Dieu tout-puissant. Je parle ici de l'ensemble du dispositif structuré et hiérarchisé qui va du séminariste au pape.
Autrement dit, c'est comme dans le commerce et la finance, il faut instituer une série d'intermédiaires qu'il faut payer d'une manière ou d'une autre, et qu'il faudra vénérer autant, si ce n'est plus, que Dieu lui-même !

Tout cela a permis à la chrétienté de développer en 2000 ans un système autant effrayant que fascinant d'expansion par la domination, la crainte, les menaces, les anathèmes, les châtiments, la guerre de conquête manu militari, mais aussi la guerre de conquête et de manipulation des esprits, le viol de conscience, et l'exclusion de ceux qui ne se mette pas à genoux en baissant la tête pour demander pardon pour leurs crimes d'oser prétendre être libres, et leurs désirs de vivre selon leurs propres lignes d'existence, de choix, d'engagement enraciné dans leurs convictions personnelles. Ces exclusions ont été d'autant plus horribles, que les pouvoirs dits profanes, économiques, politiques, étaient entièrement manipulés en sous-main par l'ensemble des prêtes, évêques et autres papes… Telle fut la situation en France jusqu'en 1905 ! (Séparation de l'église et de l'État). Bref pour moi, une sorte d'horreur absolue !

Autrement dit, ce sacré-là me semble destiné à être mis à la poubelle ! C'est ce que j'ai fait !

Qu'en est-il alors du sacré pour l'adulte que je suis aujourd'hui ?

(À suivre…)

12 commentaires:

  1. Et bien voilà, tu as posé les bases, disant quel sacré tu as mis à la poubelle...
    Et donc j'attends la suite avec une certaine impatience...:-))

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    1. Le Voyageur04 mars, 2013

      La suite viendra.
      Et aussi ai-je raison de mettre à la poubelle ce que j'ai évoqué.

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  2. Comme je me reconnais dans ce texte. Ce sacré... religieux, que de faussetés inculquées en exigeant soumission et par le fait même impossible de ne pas se sentir toujours coupable.
    J'ai été tellement tourmentée par la religion jusqu'à l'âge de 18 ans. À partir de cet âge j'ai rejeté par dessus bord beaucoup de ces concepts mais la culpabilité reste sournoise et me rattrapais bien souvent. C'est un long cheminement de se départir de cette culpabilité introduit en nous depuis la tendre enfance.
    Maintenant, pour moi le sacré c'est "sacré" et n'a rien à voir avec quoi que ce soit, ni qui que ce soit. Il habite en moi, profondément en moi.
    Je n'ai pas les mots pour décrire ce que ce "sacré" représente... peut-être qu'il n'y a pas de mots, juste le senti. maty

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    1. le Voyageur04 mars, 2013

      Le pire est sans doute de s'être senti coupable alors qu'on n'avait foncièrement « rien fait de mal » pour reprendre une expression d'enfant (en tout cas c'était la mienne). C'est sans doute cette "culpabilité de l'innocence" qui est la plus difficile à se débarrasser.
      Aujourd'hui, je ne ressens plus de culpabilité, mais l'imprégnation garde des traces en moi de l'ordre de la « vengeance ».

      Quant à l'autre dimension du sacré, je tenterai de la définir dans le texte qui suivra.

      Merci pour l'implication personnelle.

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  3. Toujours très intéressants ces écrits et j'attends moi aussi la suite avec impatience.
    Le terme religion m'embarrasse, je conçois mieux ce mot en considérant sa racine latine "religere" qui veut dire relié. Car par expérience, je me sens reliée à quelque chose qui m'échappe parfois et qui peut être sacrément grandiose, subtil et émotionnellement fort!
    Pour moi aujourd'hui, ce qui est sacré , c'est la vie qui m'habite et que j'expérimente , c'est ce que j'appellerais plutôt ma spiritualité.
    C'est vrai que le catéchisme qu'on a suivi dans notre petite enfance et les messes auxquelles on nous entraînait ne pouvaient pas nous donner le sens de l'amour de Jésus . Tout reposait sur une obligation alors qu'en découvrant notre intériorisation, on accède à la liberté de cet amour qui nous est donné et qu'on apprend à accueillir au fil du temps. Vivre vrai, c'est pouvoir, grandir et évoluer en relation avec soi, l'Autre et les autres.
    Merci pour ces échanges.
    Brigitte

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    1. Admettons que la religion ait pour fonction de relier. Ai-je besoin de la religion pour être relié ? pour l'instant, je dois dire que je m'en passe très bien. Et que je ressens en moi des liens spirituels sans « le secours » de la religion…

      je partage ce que tu dis du sacré et de la spiritualité.
      quant au catéchisme, issu de la religion, en effet, tout comme toi, il n'a fait que m'éloigner de l'essentiel…

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  4. "Rendre à César ce qui appartient à César" donc... Le pouvoir et la domination n'est pas le fait du sacré mais des hommes qui se l'accaparent.... Par contre, une religion intime, personnelle ou chacun peut faire sa propre sauce spirituelle, sans rituel et sans "communion" perd aussi un peu de son sens, il me semble.

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    1. Ta dernière phrase, figure tout à fait au coeur d'une des questions…
      faire sa propre sauce spirituelle me semble une forme de l'égocentrisme.
      C'est pourquoi il me semble, là comme ailleurs, nécessaire qu'il existe des formes communautaires.
      reste à savoir lesquelles...
      je reviendrai certainement sur tout cela… Même une évidence pour moi de l'approfondir.

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  5. MAIS POURQUOI L'HOMME A-T-IL CHERCHE DIEU ?

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    1. Et aussi pourquoi continue-t-il de le chercher… Malgré les apparences… ?

      On ne peut que constater que l'homme à cette quête intérieure probablement depuis qu'il a commencé à se penser lui-même.

      Mon ami Google me signale que : La plus ancienne liste de dieux connue figure sur des tablettes datant du 28ème siècle av. J.-C. et compte les noms de 560 dieux. !

      quant au point de savoir si il en est qu'UN seul et unique, comme le proclame les monothéismes… À chacun de se faire son opinion.

      Cette incessante recherche doit bien vouloir dire quelque chose sur la nature même de l'homme…

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  6. Mon opinion :

    cette quête est une production culturelle, une invention du Néolithique, le fruit de la constitution des groupes humains en cités et en société. L'intellect de l'homme qui s'est extrait de la Nature a inventé le concept de Dieu, en lieu et place du rapport sacré qu'il entretenait à la vibration du vivant et au Grand Esprit associé.

    Je dis cela...

    il ne s'agit également que de conjecture :)

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    1. Durant toute une époque de ma vie, j'ai dit sensiblement la même chose que ce que tu exprimes là.
      Une question demeure : si l'homme a inventé le concept de Dieu, pourquoi justement celui-là ? (De concept). L'homme a rarement inventé quelque chose qui ne lui soit pas utile pour son propre développement. Et parfois au prix de l'hégémonie. au-delà du besoin négatif d'obtenir plus de pouvoir « au nom d'un Dieu », il est des aspirations plus centrales de l'homme qui tiennent à sa transcendance.
      Quant à cette conjecture-là… L'hypothèse de l'anticipation d'une vérité est dans la vibration… Pour le surplus, les traditions ancestrales disent que nos sens ne peuvent percevoir que la trace lointaine de ce qui ne nous est pas encore accessible.
      Et puis… La conjecture est une dynamique puissante… :-)

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