Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


samedi 27 avril 2013

47 — De l'utile grande solitude


À mesure que j'avance sur le chemin que je tente modestement de relater ici, plus je me ressens dans une solitude grandissante qui pourrait confiner à l'isolement. En même temps, j'ai le sentiment de ne pas avoir d'autre choix. Mes recherches de rapprochement timide avec quelques « auteurs chrétiens » finissent très vite par me hérisser le poil, tant je retrouve ce jargonnage pénible du vocabulaire théologique et/ou liturgique que je trouve totalement creux, vide de contenu trois fois sur quatre. L'étalage constant de phrases toutes faites, rabâchées, recuites, usées jusqu'à la corde.
Mais qu'est-ce que je recherche ainsi ? Quelle utilité ? Quelle nécessité ? Est-ce que je fais moi-même de l'acharnement thérapeutique au regard de tout ce qui me dégoûte, cherchant à faire survivre ces conneries imbéciles et anciennes.
Comme un besoin !
Alors, je me sens seul, mais en souffrance.
Or, la solitude que j'aime, celle qui m'est nécessaire, ne s'accommode pas de souffrance, mais d'une forme apaisante, se nourrissant de l'essentiel pour le corps à coeur intime avec le divin.

À quelque chose malheur est bon.
En effet, cela me fait comprendre — je veux dire ce besoin d'un collectif, et quand bien même ne trouverait-il pas satisfaction — que ma quête spirituelle et mystique est bien dans la ligne identitaire qui passe par Jésus et par ses compagnons d'aventure. Que je le veuille ou non, j'ai baigné dans cette culture-là et même si elle fut cause de souffrances au sein de l'église catholique, dont je me suis démarqué, elle n'en demeure pas moins imprégnée en moi au point d'en être constitutif puisque l'identité personnelle est inséparable d'une identité culturelle, sauf à se diviser, faute de racines. Si je me sens appartenir à la communauté des hommes quels qu'ils soient, l'appartenance est forcément à un endroit précis à la fois de l'histoire, du lieu, de sa propre terre, de sa ligne générationnelle. Qu'on le veuille ou non, que l'on se soit situé en rupture pour certaines choses ou en adéquation pour d'autres.

Il me faut accepter l'ensemble du patrimoine, l'ensemble de l'héritage, son passif et son actif, sa manière de procéder à la part des choses telle qu'elle doit être faite, selon la conscience personnelle.
Je suis à la fois un homme d'adhésion et de rupture.
Cela caractérise mon existence.
Je relisais ces jours-ci, au coeur d'une forme d'épuisement interne et physique, la synthèse de ma vie que j'ai  faite « d'un seul jet », il y a un an sur plusieurs jours, sans aucune rature, parfaitement ordonnée ; je réalisai à quel point cela me caractérisait : adhésion et rupture.
Pour en écrire l'essentiel en une seule phrase je pourrais dire : adhésion à une fidélité profonde à moi-même ; rupture tantôt délibérée, tantôt subie, mais s'imposant sans cesse, avec ce qui entravait cette marche fidèle.

Il reste à accomplir totalement la fidélité en sa dimension la plus pointue et qui s'impose aujourd'hui : celle du Voyageur que je suis jusqu'à l'ultime rencontre.

10 commentaires:

  1. "Mais qu'est-ce que je recherche ainsi ? Quelle utilité ? Quelle nécessité ?"

    La recherche en question est légitime et bien plus forte que nous, mais avoir déjà une idée où trouver et persister à le trouver à un endroit précis, me semble être l'erreur. Vient un moment où il faut lâcher : "J'abandonne, montre moi, qu'il en soit comme il se doit, où il se doit, je n'en ai aucune idée !"
    Je ne veux pas paraître en savoir plus qu'une autre, mais c'est ce qui m'est venu en te lisant, alors je l'écris.

    Oui, "adhésion et rupture". Adhésion lorsque l'espoir s'éveille et rupture lorsque cet espoir est déçu... jusqu'à l'ultime rencontre et là il n'y a plus de rupture. kéa

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    1. le Voyageur29 avril, 2013



      Merci de ta remarque. J'apprécie les interpellations.
      il me semble qu'en effet j'ai une propension à chercher au « mauvais endroit » (si tant est qu'il pourrait y en avoir des bons…). Probablement que c'est une forme d'évitement qu'à la fois j'identifie, et à la fois je m'y enfère, comme l'abeille bute contre la vitre…

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  2. je crois que lorsque comme toi, on a fait l'expérience dans son corps de perdre la marche et quand on la reconquise parce qu'on l'a voulu, mais aussi parce qu'il y en a eu d'autres qui le désiraient , alors la marche devient une vraie partie de soi. Voyageur tu es, voyageur tu restes, parce que c'est je crois cela qui te fonde. Pour marcher, il faut bien d'arracher au sol (rupture) et faire confiance au sol (peut être ce que tu appelles l'héritage).

    Le sous titre de ma thèse était "Alors ça marche"? D'où ma réaction à ton billet, puisque j'ai eu la chance de connaître des enfants pour lesquels la marche n'était pas quelque chose d'innée, de gratuit, mais qui avait demandé un combat.

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    1. le Voyageur29 avril, 2013

      J'aime beaucoup ce que tu écris à propos de perdre/retrouver la marche…
      Et aussi ta remarque sur s'arracher et faire confiance…
      Ce commentaire me fait du bien.
      Assez curieusement sans doute, j'ai souvent pensé que je n'avais pas beaucoup de légitimité à parler de la marche, puisque comme elle m'est toujours pénible et bizarre, et que mon périmètre d'autonomie se réduit comme peau de chagrin, je crois que je dois n'en rien dire.
      Et pourtant, que d'efforts, que d'étude de ce que c'est que le déroulé du pas, etc. n'ai-je pas fait dans le passé…
      Pour la plupart des gens, marcher c'est naturel. Pour moi c'est toujours un effort physique et de concentration mentale.
      Je me disais… Je pourrais en dire ce que c'est qu'être un marcheur !

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  3. Marcher vers soi pour aller vers les autres.
    Se sentir seul(e) et découvrir qu'on est rien sans les autres.
    Fidélité au combat qu'on a choisi de mener,souffrance traversée pour comprendre ce qui nous lie, nous relie, nous délie... noeuds de notre histoire à démêler et à tisser... reconstruire pierre après pierre, pas après pas ,
    "Rupture et adhésion", comme ce chemin que doit prendre tout humain qui grandit et s'affirme, se détacher pour aller vers son autonomie puis adhérer à ce qu'on est et apprivoiser tout l'amour qui vibre au fond de notre coeur pour le faire rayonner tout autour de nous. La Vie comme un soleil !
    Le voyage est beau lorsque comme toi, on peut marcher vers l'ultime rencontre.Alors continue à voyager et à nous faire voyager sur ce Chemin infini !
    Brigitte

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    1. le Voyageur29 avril, 2013

      Je pense qu'il faut se méfier lorsque le voyage devient trop beau…
      L'utopie ne mène qu'aux illusions…
      La vibration d'amour suppose tout autant l'abnégation du don, que la douceur du pansement.

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  4. "Adhésion et rupture"? puisque tu l'écris c'est donc bien ce que tu ressens actuellement ou en priorité. Pour lire tes blogs je crois que tu pourrais aussi écrire "Ouverture et écoute", "Attente et combat" , "Les autres mais Moi", "Recherches et recherche", "VIE et lutte".... voilà un petit aperçu de ce qui se dégage pour moi de tes écrits et peut être "Bondieu! bon dieu, Bon Dieu et Moi"

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    1. le Voyageur29 avril, 2013

      C'est vrai… Je pourrais écrire également ce que tu dis là.
      On dirait que tu ne connais quelque peu… !
      En tout cas, je crois que je vais retenir ces autres « formules ».
      Elles me parlent…
      Merci !

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  5. Charlotte09 mai, 2013

    On peut refuser un héritage. On peut aussi faire des tris, prendre ce qui nous convient et rejeter le reste.

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    1. le Voyageur11 mai, 2013

      accepter l'héritage veux dire dans le contexte de ce billet, consentir à la réalité de ma condition et de ses origines. C'est alors que l'on peut faire des choix qui tiennent compte de cet ensemble qui s'est imposé à nous, qu'on le veuille ou non.
      Mais je comprends que ma manière de dire puis apparaître comme une sorte de "fatalisation" de la condition humaine.
      J'ai en effet on dispose de la liberté de choix. Mais si beaucoup de choix et d'options sont possibles, tous ne le sont pas…
      cependant l'homme espère toujours être le maître absolu de tout…

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