Tentative éphémère et provisoire, à partir de ma seule petite expérience de vie,

de relater « la question de l'Homme » sous l'angle de « la spiritualité »,

telle qu'elle n'a cessé de voyager en moi de l'aube jusqu'au couchant

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" Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur." — Elisabeth Kubler-Ross

"« De même qu'il y a un objet matériel derrière chaque sensation, de même y a-t-il une réalité métaphysique derrière tout ce que l'expérience humaine nous propose comme réel. » - Max Planck


jeudi 31 mai 2012

30 - Le donateur et le don


Lorsqu'on reçoit un cadeau, il y a ce qui est offert d'une part, celui qui le donne d'autre part. On différencie les deux. On a de la reconnaissance pour le donateur. Surtout si son cadeau correspond à un désir profond qui est le nôtre, ou encore s'il nous apporte une sorte de révélation de qui nous sommes sans encore l'avoir découvert. On utilise ce que l'on a reçu, éventuellement on l'embellit, on le fait fructifier. Ainsi, par exemple, de recevoir un jeune arbre en cadeau. Où le plantera-t-on ? Comment prendrons-nous soin de lui ? Que ferons-nous des fruits ?


La parole intérieure que j'ai reçue, évoquée par ailleurs, je l'ai vécu et je la vis comme un cadeau précieux qui m'a été fait. J'ai volontairement ci-dessus pris l'exemple de l'arbre, parce que ce cadeau suppose une action de ma part. L'arbre peut mourir, vivoter, ou  prendre toute sa dimension. J'ai pris soin de cette parole qui s'est enracinée dans ma terre intérieure. Sur mon papier à lettre personnel et professionnel, il y avait un petit arbre stylisé qui symbolisait cela.

Ce cadeau c'est un peu d'avoir reçu ma terre en héritage. C'est un donné pour que la promesse ne soit pas vaine. L'arbre et sa terre. À moi d'engager ou non ma liberté pour que l'arbre s'enracine, prenne force et se déploie. Rien ne m'y oblige. Si ce n'est moi-même. C'est l'avantage du don, si je puis dire.
Quand on reçoit un cadeau, on peut le virer à la poubelle, le revendre sur eBay, ou le laisser traîner et moisir dans un coin. On fait ce qu'on veut. Si on l'expose uniquement par obligation morale, ou parce qu'on a la trouille du regard de la belle-mère qui ne verra pas son beau vase pur Limoges, made in China, trôner sur le buffet, alors, c'est qu'on est un(e) imbécile…

J'ai pris soin de cette parole intérieure, par ce que je la voyais à l'oeuvre en moi, j'en ressentais la puissance et la force au coeur même de mes fragilités humaines. Je voyais que cette force animait mon action, tout comme l'arbre s'enracine dans la profondeur de la terre, insensiblement, mais avec toute la puissance de sa vie que rien ne peut empêcher, sauf de décider de décapiter l'arbre pour en faire du petit bois sans grand intérêt.

Ma comparaison, ma métaphore, s'arrêtent là. Sinon il y a le risque de l'embellissement littéraire, et donc risque de trahir le fond des choses.
Et Dieu ?

Il y a (entre autres) deux épisodes dans l'Évangile qui ont des saveurs particulières pour moi :

— Le dialogue avec la Samaritaine  et cette exclamation de Jésus : « Si tu savais le don de Dieu ». 
(La Samaritaine : une exclue, pour ne pas dire une traînée qui a plein d'amants…, Et Jésus qui ose lui faire la causette au bord du puits, là où les femmes se rassemblent pour les potins genre café du commerce. Une étrangère qui n'est même pas de souche et que Marine Le Pen virerait à coups de pied dans les fesses… )

Et moi, qu'est-ce que j'en sais ? Du don de Dieu ? C'est qui ce généreux donateur. C'est quoi cette histoire que si elle lui avait demandé à boire, il lui aurait donné de l'eau vive ? Seulement elle a rien demandé. Moi non plus.
Pourtant j'ai reçu… Elle aussi, au final…


— un autre passage : Extrait : (…) Une femme atteinte d'une perte de sang depuis douze ans, (c'est-à-dire une femme qui perd toute son énergie vitale et de plus se retrouve totalement rejetée dans les milieux juifs de l'époque) s'approcha par derrière, et toucha le bord du vêtement de Jésus. Au même instant la perte de sang s'arrêta.  Et Jésus dit: Qui m'a touché? (…) Maître, la foule t'entoure et te presse, et tu dis: Qui m'a touché? Mais Jésus répondit: Quelqu'un m'a touché, car j'ai senti qu'une force était sortie de moi. (…)

"J'ai senti qu'une force…"
Évidemment, je ne vais pas me comparer à Jésus… Reste que j'ai senti qu'une force n'habitait, qu'elle ne me quitterait plus, que j'avais fait le bon vrai choix, que je pourrais probablement, si j'y mettais ma volonté et mes énergies, donner toute la mesure dont je me sentais capable. 


Et moi, et moi, et moi ? …

Autre manière de voir les choses : (une commentatrice évoque d'ailleurs ce point de vue)
Cette parole pourrait être une anticipation de moi-même, comme s'il était donné de me voir plus loin que je ne suis lorsqu'elle se prononce. Voilà pourquoi je m'aurais le sentiment qu'elle ne vienne pas de moi, au sens d'avoir choisi de la dire avec mes-mots-à-moi, tels que je les aurais choisis.
J'avais déjà un peu pensé à cela dans le passé, mais sans m'y arrêter vraiment, donc pas de manière aussi précise. Je m'en tenais surtout à cette seule alternative : parole de Dieu ? Ou pas parole de Dieu ? (Pour faire un peu simpliste…).
 C'est un commentaire ici qui m'a fait revenir cette hypothèse, avec une certaine acuité, et un grand intérêt.

Ce qui m'attire, c'est cette sorte d'anticipation est à la fois projection dans l'avenir, et invitation à y aller. C'est donc plus une sorte de ratification d'un a-venir offert comme réalisable, réaliste, et non pas une vaine promesse ou un fol espoir, qui génère souvent des feux de paille sans lendemain. C'est pour cela que la phrase entendue comporte une force de réalisation. Un possible évident.

Ce qui m'attire encore, c'est cette manifestation de ce que j'appelle souvent le plus-que-soit-en-soi c'est à dire quelque chose qui n'est pas réducteur et fermé sur soi-même, mais ouverture par le dedans, ouverture au surgissement de l'inconscient positif qui nous anime avant même que nous ayons conscience de ce qui advient.

J'ai déjà évoqué ailleurs qu'on ne peut se suffire à soi-même, qu'il faut des éveilleurs d'intériorité et de personnalité. L'accomplissement de soi et le développement de la vie spirituelle suppose une altérité, la conscience d'un plus grand que soi qui nous transcende par le dedans, c'est-à-dire qui, à la fois habite en nous, et nous traverse.

C'est là sans doute tout le mystère de l'être humain. Mystère qui donne naissance aux divinités qui auraient existence réelle, et ne seraient pas seulement projection de nos besoins et/ou de nos aspirations.
En même temps, pourquoi faudrait-il faire appel à elles ? Pourquoi s'intéresseraient-elles aux humains ? Et avec quelles intentions ? 

La religion chrétienne, inscrite dans une tradition biblique d'un peuple juif, élu de Dieu, lequel envoie son fils Jésus à sa rescousse, a donné ses réponses. Ce Jésus, transcendé en Christ, explose en une dimension universelle, avec pour mission de « sauver le monde ». Quelque part cela a de l'allure ! Et curieusement, pour bien des hommes, cela n'a pas de succès ! (Voir le déclin des églises).

Alors, ma tendance, serait de désirer l'avènement de l'Homme divinisé, qui n'aurait rien d'un sur-homme, encore moins d'un Superman ! Bien au contraire, il serait entré dans l'humilité spirituelle, qui fait sa vraie grandeur.
En ce sens, Jésus est pour moi une figure d'humanité, ayant pris ce chemin d'une « divinisation », se retrouvant à l'inverse de Superman, puisqu'il fait don de sa personne jusqu'à la mort, nous laissant en héritage « sa personne elle-même », à la fois comme modèle et comme nourriture spirituelle.
Reste à examiner de près la relation à celui qu'il appelle « son père » et qui l'anime par le dedans pour l'accomplissement de sa « mission ».

12 commentaires:

  1. Tout d'abord te dire que je suis fort contente de te lire car je commençais à trouver le silence bien long.

    Ensuite pour te signaler l'existence d'un livre: 7 raisons de croire en l'au de la du docteur Charbonier (aurait la foi du dit charbonnier) qui compare l'homme à une sorte de poste de télévision. Quand le poste est ouvert, il retransmet et capte des émissions, (le conscient) mais quand il est fermé, les émissions continuent à être émises. or il est tout à fait possible quand dans certaines conditions, (ce que tu as vécu dans ce moment précis) t'ait permis de recevoir "cette émission" là, qui était pour toi et toi seul.

    Cela ne répond pas à la question de l'émetteur,mais quand une parole met en route, pour moi, elle est vraie (vérité).

    En ce qui concerne la "force" qui sort de Jésus, que certains appellent aussi énergie divine, je crois que lorsqu'on a fait l'expérience, parce que c'est bien d'expérience qu'il s'agit), on ne peut pas faire comme si ça n'avait pas eu lieu et là encore cela provoque un changement. Là j'ai expérimenté et j'expérimente encore.

    Moi aussi je désire l'avènement de l'homme soit divinisé soit réellement humanisé.

    A suivre...

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  2. le Voyageur31 mai, 2012

    Giboulée,
    C'est un silence à la mesure de la longueur de mes absences du net de ces dernières semaines...

    Oui, j'ai aussi cette expérience de ce que tu nommes "énergie divine" (je n'ose pas {encore} employer une telle expression, vécue bien des fois dans mon activité professionnelle.
    Je me disais qu'aujourd'hui je ne suis plus attentif à cela, comme si elle s'était éteinte avec « la retraite »...
    or, je ne vois pas pourquoi elle ne serait plus active…

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  3. Te demander (depuis tant de temps)ce qu'est réellement cette parole qui est don pour toi, qui te l'a donnée, c'est d'une certaine façon interroger le donateur. Dans la multiplication des pains, Jean dit que la foule (càd grégaire) a bouffé le pain, s'en est emparé sans questionner le donateur.
    Le don est dans ce cas considéré comme un dû!
    Et je pense que très souvent dans notre vie nous faisons de même.
    Merci Alain pour cette réflexion très dense

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  4. Se réjouir de ce qui est donné, c'est comme "le multiplier". C'est peut-être ça, le miracle de la multiplication des pains ...

    Pour moi, peu importe les mots qu'on met dessus, l'expérience de ce don transforme la vie au quotidien, dans son grain le plus fin. C'est sans prix.

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  5. le Voyageur01 juin, 2012

    Coumarine,
    ce qui me semble important, le plus important peut-être, c'est la « reconnaissance expérientielle » que la vie se reçoit, et qu'au fond on n'a d'autre choix que de l'accueillir.
    Parfois je me dis que c'est plus essentiel que de connaître qui est l'éventuel donateur, en tant que « quelqu'un ». C'est si commode d'en appeler aux divinités… Ça ouvre la porte à tous les relâchements… À toutes les projections…
    Au lieu d'accueillir, sans trop savoir d'où cela vient, on se met à revendiquer, à implorer, à exiger, du genre : « alors Dieu ! Qu'est-ce que tu fous ! »
    Et les autres ! Et mon père ! Et ma mère ! Et l'État-providence ! Et le gouvernement ! Alors quoi ! Ça vient ? Oui ou m …. !
    Parfois je pense aux bénéficiaires d'une greffe du coeur. J'aime bien que la législation interdise de connaître le donateur, obligeant ainsi le bénéficiaire à demeurer face à lui-même, face à une forme d'ampleur de sa reconnaissance envers un inconnu de lui.
    Et à supposer que Dieu soit le donateur. N'est-il pas pour toujours le grand inconnu ? L'innommable ? L'innomé ?
    En même temps, ce n'est pas ce que disent les chrétiens….
    Puisque pour eux il y a eu Révélation…

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  6. le Voyageur01 juin, 2012

    Lise,
    en effet, l'expérience du don transforme la vie au quotidien.
    Existe-t-il plus grande générosité au monde ?

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  7. merci Alain pour ce long commentaire, qui me parle autant que ton billet
    Je rumine tout ça..(dans le bon sens, ça ne se digère pas si vite)

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  8. le Voyageur01 juin, 2012

    À propos de rumination… Cela me fait penser à ce que les savants d'église appellent : la manducation.

    Je pensais aussi à ce petit tableau de Chagall, illustrant la demande de Dieu à Ezequiel de manger le rouleau de la Torah.


    Il me dit fils d’homme, ce que tu trouves mange-le, mange ce rouleau et va parler à la maison d’Israël. J’ouvris la bouche, il me fit manger ce rouleau et me dit : Fils d’homme, fais manger ton ventre et remplis tes entrailles avec ce rouleau que je te donne. Je le mangeai et il fut dans ma bouche doux comme du miel. (Ez 3,1-3)


    ( décidément ma culture chrétienne m'imprègne…
    Est-ce grave ? :-)) )

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  9. Je suis très sensible à ce que tu as écrit. Depuis un an environ, je suis allée vers des lectures qui m'étaient jusqu'alors totalement étrangères. La psycho n'expliquait pas tout, il y avait "autre chose". Par certaines lectures, j'ai eu la conviction que nous sommes chacun d'entre nous une part du divin. Mais cette conviction parfois s'étiole dans mon coeur, et il n'en subsiste qu'un raisonnement mental ou intellectuel. C'est assez désarmant.
    Tous les textes que je lis semblent pourtant se rejoindre : que ça soit par le yoga, par certaines expériences de méditation, d individus plus ou moins connus (Eileen Caddy par exemple), le fameux "lâcher prise", même les lectures sur le cerveau, toutes semblent véhiculer le même message de fond : on est une part du divin, la connaissance existe en nous, charge à nous de la trouver, elle est à portée de main. L'amour ou la peur sont les deux clés fondamentales de nos décisions et de nos actes, il ne nous arrive dans la vie que ce que nous voulons, et aussi, ce sont nos pensées qui font le monde, nous devons donc être vigilants quant à nos pensées. A nous de savoir ce qu’on veut.
    C'est bien ce libre arbitre qui nous a été donné en venant sur terre, ce choix qui est pourtant simple (faire confiance et aimer) et qui s'avère si difficile à réaliser dans nos vies.
    Et là on peut rejoindre la psycho et des auteurs comme Alice Miller qui ne sont toujours pas correctement entendus : on doit d'urgence apprendre à nos enfants à s'aimer et à se respecter pour que le monde change.

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  10. charlotte04 juin, 2012

    Encore une fois tu m'interpelles ... Que de questions tu soulèves en moi. J'ai noté quelques réflexions à la suite de la lecture de ton texte.
    Souvent dans la vie de tous les jours ,je me suis dit que la position du donneur ( donateur) était plus valorisante que celle du receveur...et que le donnateur parfois donnait, en attendant des remerciements ou aussi une reconnaissance de sa valeur supérieure à celui du recevoir ( le pauvre le faible le malade, etc) et que pour lui heureusement qu'il y avait des pauvres,des imbéciles, des faibles des malades sinon lui le bon le généreux se sentirait en manque de ce besoin d'aider secourir et de cette reconnaissance narcissique. J'ai parfois fui loin de ces donneurs ( à qui j'avais rien demandé) intéressés comme je me pose souvent la question du pourquoi je veux donner ...
    Je pense ici aux mendiants dans la rue à qui je ne donne quasi jamais sauf si le mendiant par exemple, me regarde. Ce genre de don me met très mal à l'aise. Je crois qu'il est difficile de "bien" donner.
    En ce qui concerne la samaritaine, c'est Jésus qui lui demande: "Donne moi à boire" Sa demande sous entend qu'elle a quelque chose à lui donner. Cela me touche beaucoup, me conforte dans l'idée pas toujours évidente que chacun là où il est,là où il en est, a quelque chose à donner .
    J'ai rencontré ce we une femme qui tremblait des mains, elle devait prendre son verrre à deux mains pour qu'il ne lui échappe pas en le portant à sa bouche. Mais ce qui sortait en parole de sa bouche était d'une grande assurance et sensiblité humaine.
    Nous parlions justement du sujet que tu invoques dans ce billet et moi de ne vouloir reconnaître que la solidarité entre les hommes et elle d'y ajouter "ce plus divin" dont tu parles, à l'humanité ...
    Quant aux éveilleurs d'intériorité je ne vais plus te parler de la psychanlyse dont tu sais tout le bien que je pense...
    Mais j'ajouterai quand même ceci c'est qu'il y manque quelque chose! Une dimension supplémentaire, une dimension spirituelle ou philosophique je ne sais comment exprimer cela . Quand j'ai terminé ( on ne termine jamais en fait) mon psychanalyse j'avais comme envie d'en commencer une autre analyse mais philosophique ou religieuse cette fois!!!
    Dans le mot psychanalyse il y a le mot "âme "

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  11. le Voyageur07 juin, 2012

    Lechalote,
    non, la psycho n'explique pas tout loin de là. Je crois qu'elle est d'abord une base de compréhension de soi-même. Elle nous donne des clés de lecture, mais c'est nous qui ouvrons nos propres portes.
    Parmi ces clés, il y a celle qui ouvre sur la dimension de transcendance, comme composante de l'être humain. Je l'ai évoquée à bien des reprises dans mes écrits. Ce "plus que soi en soi" que l'on peut en effet appeler la part du divin. Mais il faut que ce soit expérientiel, et non pas intellectuel, car dans le monde des idées, on peut toutes les brasser dans tous les sens avec nos facultés cognitives. On peut même tout inventer, et donner aux chimères l'apparence du réel.
    Seule l'expérience ne trompe pas. L'expérience est le plus souvent « corporée », c'est-à-dire qu'elle relève du ressenti intérieur. C'est bien différent que l'excitation qui peut venir du brassage des idées ou de la pensée tournant sur elle-même.

    Par ailleurs, tu as tout à fait raison: Le choix simple (en apparence) de faire confiance et d'aimer (choix assez spontané que fait l'enfant…), se révèle être souvent le plus difficile qui soit. Il faut alors s'interroger sur pourquoi la méfiance et/ou le non-amour se sont installés en nous… On trouvera souvent quelques explications dans notre histoire d'enfance, (ou plus récente, sous forme de traumatismes marquants), non pas au terme d'un raisonnement, fut-il subtilement élaboré par notre tête, mais d'un creusement personnel des ressentis anciens, dans lequel on avance forcément à tâtons.

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  12. le Voyageur07 juin, 2012

    Charlotte,
    moi aussi, j'ai souvent considéré qu'il y aurait une sorte de relation hiérarchique entre le donneur et le donateur. Une forme de sens unique. Moi je donne —> toi tu reçois. (Et inversement).
    On m'a même appris qu'il ne fallait rien demander, à personne. Il convenait de s'en sortir par soi-même, en toutes circonstances. « Je n'ai besoin de personne en Harley-Davidson ! ». Demander c'est s'humilier. Demander ce n'est pas être capable de s'assumer par soi-même.
    Le système a été porté à sa perfection dans la rééducation que j'ai connue. Puisqu'il s'agissait justement de sortir de la dépendance d'autrui, et d'enfin savoir « se débrouiller par soi-même » comme on ne cessait de nous le répéter… Et à juste titre en l'occurrence… Enfin presque…

    Or, dans le domaine humano-divin, c'est l'inverse. « sauve-toi toi-même ! » hurle Satan aux oreilles de Jésus, par la bouche de plusieurs hommes… Et Jésus de répondre dans un cri, qu'il s'en remet aux mains du Tout Autre. C'est-à-dire qu'il fait le don de sa vie. Autrement dit : ce n'est pas par moi-même que je suis victorieux de la mort. (Et la volonté forcenée d'autosuffisance, de ne vouloir dépendre de rien ni personne, est une forme de mort).
    Qu'on soit croyant ou pas : ça a quand même une autre allure !

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