Seuls existent les commencements,
les aurores nouvelles,
qui nous tirent de nos nuits.
Être toujours voyageur de l'Aube.

lundi 2 mars 2020

112 - Respecter la croissance humaine


Il en est question dans une parabole archi connue : « Le bon grain et l'ivraie ». C'est l'une de celles de la série appelée « Les Paraboles du Royaume des cieux ».
Pour ce qui est de ce royaume, j'ai plusieurs fois évoqué ce que cela signifiait pour moi. En particulier ici en 2015 ( extrait) :

Cette perception du Royaume intérieur, au fond de soi. Combien mon être profond est cette dynamique positive qui me propulse en avant dans l’accomplissement de mon humanité personnelle.
C’est une vision courte si je la réduis à ma seule personne. 

En revanche si je me ressens comme parcelle d’une forme de l'humanité entière, à laquelle « j’appartiens », comme la planète appartient à un Système en interaction et ne peut s’en extraire, alors c’est tout autre chose, une autre dimension me relie et m’enracine dans un Réel, et non dans les vapeurs imaginaires ou la projection dans je ne sais quel « Grand-Tout » échevelé où je pourrais m’enfuir par la pensée qui l’invente et l’imagination qui l’embellit…

Dans ce champ qu'est le royaume intérieur, à l'origine, fut semé du bon grain. Par la suite « un ennemi » sema de l'ivraie, cette graine réputée pour ses effets possiblement hallucinatoires. L'ensemble commence à pousser dans le royaume intérieur. Faut-il immédiatement aller arracher l'ivraie ? Jésus l'interdit. Il faut attendre le temps de la moisson. Le temps de la maturité humaine.
D'autant plus que le blé et l'ivraie sont deux plantes qui se ressemblent.

Il faut impérativement respecter ce temps de croissance, de mûrissement, de développement de l'ensemble. Le bon blé…
— « Développe les bonnes graines qui sont en toi » disait mon père lorsqu'il portait un vrai regard de père sur son fils.
… Et puis le reste… qui se développera aussi. Les mauvais choses que l'on se trimbale, les erreurs, notre capacité à faire mal volontairement ou non, à cultiver tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi quand il est question de nos conneries.

Ne pas vouloir mettre de l'ordre avant l'heure. Et surtout ne pas faire cela depuis l'extérieur. Ne pas éduquer par amputation, de peur de gâcher les bons épis de blé. Combien de comportements néfastes et de massacres sommes-nous capables, y compris à l'égard de ceux que l'on dit aimer.
Heureusement, les propos bibliques sont repris par la sagesse populaire, qui est finalement une vraie sagesse. « Avec le blé se cueille et la paille et l’ivraie. »

Ça doit être ça la confiance et la foi : Le respect de la croissance humaine, de ses étapes. C'est valable dans l'éducation. Et c'est peut-être en premier valable pour soi. Se respecter dans ses étapes de développement. Ne pas vouloir brûler ce champ intérieur parce qu'il y aurait des mauvaises herbes. Au risque de tout brûler et de devenir un désert intérieur, une terre aride.
Ça permet juste de vivoter une terre aride. Ça ne permet pas de vivre pleinement, et donc de donner.

J'ai mis du temps à comprendre ça. Comme s'il valait mieux une terre débarrassée des mauvaises herbes, mais dévastée. Plutôt que d'une terre riche où poussent le meilleur mais aussi le moins bon et parfois le pire.

La parabole dit qu'il faut attendre la moisson.
C'est quoi la moisson ?
C'est l'âge mûr probablement. (Et on peut être mûr bien jeune…) Là où l'on est capable d'un discernement valable à partir de sa conscience profonde. Là où l'on est capable d'accomplir effectivement et concrètement ce qui est dit dans la parabole en question :
« à l'époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. »

Les moissonneurs, c'est nous, et c'est chacun de celles/ceux que l'on accueille dans cette terre intérieure parce qu'on les considère comme de bons moissonneurs capables de nous assister dans ce tri nécessaire.

À mon âge avancé, j'aime faire le tour de tous les moissonneurs et moissonneuses qui ont jalonné mon parcours de vie. Celles et ceux par qui j'ai pu mettre de l'ordre en moi-même, cultiver mon royaume intérieur, l'ouvrir et l'offrir au monde, au moins un petit peu, comme j'ai pu.
Celles et ceux qui m'ont accepté avec mes petits grains de blé et l'ivraie parfois envahissante.
Comment ne pas avoir une infinie gratitude d'avoir pu aller à la découverte de l'immense oasis luxuriant de ce royaume intérieur. Et comment ne pas désirer y inviter tous ceux qu'on aime.


Cette dernière chose n'est pas la plus simple. Comment partager à ce niveau-là. Surtout lorsqu'on a l'impression de parler dans le vide ou dans le désert…

mercredi 12 février 2020

111 — Où il est question de vibrations.


Dans l'Évangile, un certain Thomas veut voir pour croire. Lorsque des gens de la bande des 12 disent qu'ils ont vu  Jésus vivant après sa mort, il s'exclame :
« Jésus ressuscité ? La bonne blague ! J'y crois pas ! Tant que je n'aurais pas vu, de mes yeux vu, et touché son corps blessé. J'y croirais pas » enfin c'est en substance ce qu'il dit.

C'était un pote à Jésus le Thomas. Très proche, avec qui semble-t-il, il discutaille ferme.
— Et où tu vas, et qu'est-ce que tu vas faire. si tu ne montres pas la route, on sera paumé. Y a pas de GPS ! Et puis c'est un ardent : « allons y nous aussi pour mourir avec toi ! ». Il n'y allèrent pas.
Alors Jésus, qui est censé être mort, se pointe : « vas y, touche ! » 
Coincé, Thomas le sceptique, s'écrit « Mon seigneur et mon Dieu ». Je l'imagine tombant à genoux, complètement bluffé. Ça a dû être une révolution intérieure intense.

Parce que tout se passe dans le corps, là où est l'âme. Qu'importent les yeux et le toucher. Et puis d'ailleurs qu'est-ce qu'une preuve ? Ça aurait pu être un type déguisé ! De la magie, de l'illusion, du virtuel dirait-on aujourd'hui.
 Le sceptique a plus d'une fausse croyance dans son sac.

La réponse de Jésus : «Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! »
Il est toujours positif Jésus. Mais quand même la fin est une vraie leçon. Celui qui croit sans voir sera plus heureux que celui qui dit : faut que je vois pour le croire.
Une double erreur au regard du bonheur.
— Ne pas croire à la vibration intérieure, toujours subtile, peu palpable, rarement évidente dans l'instant. Première erreur.
—  Être toujours dans le doute un peu sur tout et son contraire Quelle posture impeccable. « À moi on ne la fait pas » . Vouloir toujours des preuves irréfutables, des démonstrations, des trucs par A+ B. ! Deuxième erreur.

 Quel manque de confiance, en soi-même d'une part, mais aussi en l'autre qui partage sa conviction personnelle, sa foi, son expérience intérieure. Comme si tout ça ne valait rien. « T'es sûr ? Tu crois pas que t'es dans l'erreur encore une fois ? »


J'aurais dû m'appeler Thomas.
Je doute tellement de cet amour reçu pour transmettre.
Pourtant j'en connais les vibrations subtiles dans le corps.

Cette nuit je ressentais le doute. Une attaque massive. Il profite des états de faiblesse, le bougre. Et en ce moment mon corps est faible et des soucis de plusieurs ordres sont préoccupants. Alors ce fond d'angoisse menace d'envahir. Comme la montée des eaux, l'inondation gagne peu à peu, centimètre par centimètre. Et ce sentiment que l'on ne pourra rien pour l'empêcher.

Je ne sais pas trop pourquoi, enfin si, certainement un réflexe de l'être profond, au cœur de la nuit, deux choses ont surgi du fond des eaux troubles :
— la phrase de Thomas « Mon seigneur et mon Dieu ».
— Et puis cette sorte de psalmodie : « Dieu vient à mon aide. Seigneur à notre secours », invocation qui revient souvent dans les offices de moines. Peut-être cela m'est-il revenu parce que mon père aimait beaucoup le chant grégorien. C'est ici (après 50 sec)

Je me suis tourné dans le lit. Ma compagne de vie a pris ma main, sans véritablement se réveiller. Et j'ai ressenti cette vibration intérieure, si fine qu'elle se remarque à peine, comme une réponse à mon appel.
Ce n'était pas ma compagne que j'appelais. C'était en quelque sorte le divin en elle. Ce divin que je connais, que nous partageons, et  toutes ces expériences vécues  ensemble quant à ses manifestations palpables et impalpables.
« Ce plus que soi en soi » que j'évoque souvent.

Cela fonctionne comme une transfusion. Quelque chose passe, s'inocule comme une bienfaisance. Il n'y a aucune volonté qu'il en soit ainsi. Mais « ça se fait ».
Peut-être que si des scientifiques nous bourrent de capteurs, il y aurait plein de machins qui font des bips et des jolies courbes sur écran. Ils concluraient alors qu'ils ont vu des choses pour croire… sauf qu'ils n'auraient rien compris, enferrés dans une recherche scientifique, pour le plaisir de la recherche. On aurait servi de cobayes. Pas d'humains.

Un amour plus grand que nous-mêmes. Silencieux. Mais présent comme le silence peut se faire épais et réchauffant l'âme. Le silence qui n'est jamais la solitude. Ces silences tellement habités qu'on les entend être.
Le silence divin qui ne se manifeste au désert, selon les expériences rapportées dans la Bible ou d'autres livres comparables.
« Je t'emmènerai au désert et parlerai à ton cœur » est-il écrit.
Pour moi ce ne fut pas le désert, mais quelque part du côté du Larzac, il y a bien des années en arrière.
Cette nuit, il n'y avait plus besoin d'aller là-bas. C'était au présent. 
Maintenant. 



vendredi 10 janvier 2020

110 — À qui irions-nous ?




Note préliminaire :

Curieux ! Il a fallu que je rédige le billet précédent (et bien entendu qu'il y ait vos commentaires) pour que me viennent de nouvelles inspirations d'écriture sur la thématique de ce blog.


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Ce n'est pas ce qui manque des gens qui sont dans la panade. Un peu ou beaucoup perdus. Ne voyant plus très clair sur ce qu'il faudrait faire, ou pas. Comment voir clair, choisir, s'engager ou se retirer, changer de cap ou poursuivre.
Évidemment je ne m'exclus pas. La panade j'ai connu. Même si c'est moins qu'à certaines époques de ma vie, le brouillard se fait parfois épais. Ne plus voir clair entraîne facilement le découragement quand ce n'est pas la désespérance.

Si on n'a pas le corps et l'esprit trop tordu on se demande qui pourrait bien nous aider. Vers qui pourrions-nous aller. Parfois on trouve. Parfois non. Parfois on trouve la bonne personne, mais on n'écoute pas vraiment. Après tout je fais ce que je veux ! C'est bien connu : les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Autant rester dans le marasme.

Et puis arrive l'expérience de « la rencontre » de celui/celle en qui on se met à faire confiance sans trop savoir pourquoi, parce que la confiance n'est pas la résultante d'un raisonnement intellectuel ou mathématique. Ce n'est pas un CQFD. C'est de l'ordre de l'impalpable, de l'intuition fine, la certitude que c'est vraiment la bonne personne et en même temps une forme de doute que l'on pourrait peut-être se tromper.
Alors on expérimente « en vrai ». Jusqu'à découvrir que c'est « le maître » que l'on cherchait sans trop savoir. Mais maintenant on sait. C'est lui/c'est elle.

Il y a bien des années j'ai découvert mon « maître à vivre ». Je suis entré dans la confiance, parce que j'ai reçu des lumières éclairantes comme jamais je n'en avais eues. Il montrait un chemin de libération accessible, non sans efforts, mais accessible. Je n'étais pas le seul à être à son écoute. Il n'y avait pas des foules. Un petit groupe, qui s'agrandissait peu à peu. J'ai constaté, comme souvent dans les groupes, l'apparition des contre leaders. Un en particulier. C'était un homme de valeur. Pas un contredépendant. Il pensait sincèrement que la route devait être un peu plus au nord-ouest, ou au nord-est, qu'importe. Mon « maître à vivre » indiquait clairement qu'il convenait de marcher plein nord.
Certains sont partis avec l'homme du  nord-ouest. Pour ma part, je suis resté, d'autres aussi. J'aurais pu suivre , car à l'époque j'avais pas mal d'attirance pour les contres leaders. Mon côté rebelle et baroudeur m'y poussait facilement. Il y avait plus d'attrait à être marginal que suiveur aveugle.

Entre la griserie d'une forme de transgression et l'écoute intérieure des intuitions profondes (que je n'appelais pas encore ainsi) il fallait choisir. Mais ai-je choisi ? J'ai plutôt cédé à une sorte d'évidence intérieure  que mon maître demeurerait celui-là.
Parce que… parce que… parce que c'était lui et pas un autre qu'il me fallait choisir en tant que disciple volontaire, raisonné et actif.
Pas un seul jour de mon existence je n'ai regretté mon choix. Bien au contraire.

Le titre du billet évoque un passage de l'Évangile de Jean (6,60 – 69). Il est aussi question d'un moment assez crucial. Jésus parle de manger sa chair et boire son sang pour avoir la vie éternelle !. Comme on dirait aujourd'hui : « franchement, il est grave le mec ! Il y a intérêt à se tirer fissa ! ». Ce qu'un certain nombre de disciples de l'époque firent.
Jésus s'adressa aux fidèles du premier cercle : et vous ? Vous comptez vous barrer aussi ?
Simon Pierre lui répondit : « Seigneur à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle… »
Pourtant, ces gars-là, qui étaient des petits patrons pêcheurs, fallait sûrement pas leur en raconter ! Et surtout pas des trucs incompréhensibles comme certains propos de Jésus.
Mais voilà : ils ont cette évidence intérieure : on reste avec lui !
Entêtement ? Désarroi ?( « À qui irions-nous ? »). Paumés pendant un moment ?

Pourquoi pas ! Peut-être bien même ! Mais il y a le réflexe intérieur, quelque chose qui est en nous et qui nous vient d'ailleurs. De ces certitudes viscérales. Des machins comme : c'est pas possible qu'il en soit autrement !

Comme dans la chanson de ma jeunesse, les rois mages ! « Où tu iras j'irai, fidèle comme une ombre, jusqu'à destination ».
Soit ils sont visionnaires, soit ils sont barjots. Soit ils sont les deux.
Ça doit être pour ça que qu'ils me plaisent les mecs et les nanas qui suivaient Jésus…
j'y reviendrai à cet entourage indispensable, sans qui Jésus… ne serait pas devenu et demeuré Jésus…

dimanche 5 janvier 2020

109 — Le point. Final ? Ou pas ?

En ce début d'année, faisons le point.
Six billets publiés ces deux dernières années. C'est peu, c'est le moins que l'on puisse dire !
Ce bloc peut sembler en déshérence, mais il n'en est rien quant à son auteur. Bien au contraire. Ma quête spirituelle n'a jamais cessé. À condition de ne pas assimiler spiritualité et religion, comme souvent. S'ajoute une dimension mystique, quelque chose de l'ordre de l'expérience, ou plutôt de son analyse et du sens donné. Soit il s'agit du domaine du réel, soit il s'agit de celui du délire. C'est une question d'option.

J'ai relu quelques-uns de mes premiers billets. Aussi  la manière dont je commentais dans les premiers temps. Distant. Retenu. C'est intéressant à observer huit ans après. Et puis les contenus : beaucoup de démêlés avec la religion chrétienne. C'est en passe de disparaître quant à l'aspect outrancier. Je le considère comme un progrès spirituel.

Il y a les commentateurs. Certains, pas beaucoup, sont là depuis le début. D'autres ont disparu de même que leurs blogs. Que sont devenues toutes ces personnes ? Je ne saurai jamais. C'est comme une sorte de creux, un manque. Il ne reste que des traces anciennes. On ne sait jamais dit au revoir. C'est quelque chose de suspendu. C'est vrai aussi pour mes autres blogs, évidemment, et de la blogosphère en général. Mais, pour  celui-ci qui se voulait plus… profond… c'est une sorte de petite béance. Peut-être comme une nécessité ?

Alors la question se pose, sans encore s'imposer, quel avenir pour ce « voyageur de l'aube » ?
On change de décennie. C'est banal. La nuit du 31 décembre n'a pas inauguré un changement dans mon existence. Encore que… je n'ai jamais cru aux bonnes résolutions, pas plus qu'aux mauvaises. Mais nous avons besoin d'étapes, de jalons, nos vies ne sont pas de mornes continuités.

Alors quoi ?
J'ai créé ce blog « par besoin », ce que j'expliquais dans le premier billet. Avoir écrit si peu depuis deux ans ne peut que m'interroger ? Le besoin est peut-être assouvi.
Ou alors il faut autre chose, mais quoi ? Je n'ai nul souhait de me transformer en prêcheur ou quoi que ce soit de ce genre. Je n'ai strictement aucun message à délivrer au monde ! Je laisse cela aux prosélytes.

Clore ce blog est-ce couper une branche morte ? Ou serait-ce une branche encore vive qui doit se développer ?
Là est peut-être la bonne manière de poser la question.

vendredi 15 novembre 2019

108 — « En ce temps-là »

Expression que l'on entend souvent. Expression qui évoque « avant ». Avec la plupart du temps un fond de regrets : — C'était si bien en ce temps-là…
Dans bon nombre de passages de l'Évangile, l'épisode commence ainsi : « En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples… ».
Ah oui ! C'était il y a plus de 2000 ans qu'il parlait ainsi. De la vieille histoire. Époque révolue, avant le réchauffement de la planète. Le bon vieux temps en quelque sorte. Le pêcheur remplissait sa barque miraculeuse, le berger gardait ses moutons, on sacrifiait l'une ou l'autre de ces bêtes à Dieu, on priait, on jeûnait, on faisait l'aumône, et on s'en allait en paix d'avoir accompli son devoir religieux. Ensuite, toutes les frasques humaines, n'étaient que broutilles…

Mais bon, aujourd'hui c'est autre chose. Faut trier ses déchets, moins consommer, manger bio, végan  ou sans gluten, migrer à la campagne pour respirer au grand air, ne pas fumer du cannabis ,(un petit peu quand même !), ne pas se saouler (sauf occasionnellement), porter son  (vieux) Smartphone à la déchetterie, manifester contre le nucléaire, et autres choses du genre. Ainsi on aura rempli son devoir de citoyen responsable, sauveur en puissance de la planète. Ensuite, on pourra prendre son gros diesel 4x4, et aller manger en paix un méga Burger chez McDo.

Avant il y avait la loi de Dieu à respecter dans le cadre de sa religion.
À présent il y a la loi de la Nature, à respecter dans le cadre de la Nouvelle Religion Écologique. 
L'une et/ou l'autre à sa raison d'être et sa nécessité.


Cependant, dans tous les cas,nous sommes, hier comme aujourd'hui, « en ce temps-là » : , comme là maintenant, au moment où j'écris, au moment où vous lisez. Ce « temps-là », c'est l'instant même. Maintenant.

C'est ainsi que je lis l'expression dans l'Évangile : au présent. L'instant même où je suis.


Mais « ce temps-là » c'est peut-être aussi bien autre chose…

« Ce temps-là » c'est simultanément un Ailleurs. Un Autre temps présent. Une dimension autre, en soi et hors de soi.
Et ça change tout…

Ailleurs, ce n'est pas un autre monde pour plus tard, dans je ne sais quel endroit qualifié de paradis ou vocables équivalents. Ça, c'est une invention religieuse.
Un Autre temps, ce n'est pas une histoire de calendrier, d'éphémérides, de siècles  à venir ou d'années-lumière pour remonter le temps. Ça, c'est de l'étroitesse cérébrale, qui veut tout posséder par quantification. C'est intéressant, mais ce n'est pas essentiel.

 C'est ici une autre dimension de l'instant. Quelque chose qui à la fois nous dépasse très largement et nous est offert instantanément, dans une forme d'ordinaire simplicité étonnante. Étonnante en tout cas pour celui/celle qui ne la perçoit pas, et donc ne peut la comprendre, faute du commencement du début d'une expérience. Mais qui alors mettra en chemin vers cette autre Dimension que j'appelle « ailleurs/autre temps » ?

Qui dialogue avec l'incrédule Nicodème ? Ce savant qui en est largement à bac + 15, ne pige rien des paroles de Jésus, qui parle de renaître :
« Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? »

Comme aurait dit mon père : il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

L'Autre monde, que tant de gens recherchent éperdument et à tâtons, il est juste là,  à notre portée, sans faire de savantes études, ni participer à je ne sais trop quelles activités ésotériques à base de contorsions de toutes sortes et cul par-dessus tête. C'est juste cela : Présence Maintenant, du côté du cœur, de l'être profond, de l'âme, c'est là que campe l'Autre monde. Et pas dans la cervelle, qui n'a pour fonction que d'avoir l'humilité d'aller s'intéresser à cette Autre Monde.… En soi…
Et surtout, ce cerveau bavard, l'inviter à se taire, mais alors vraiment se taire, et il entendra et verra dans le silence intime ce qui se passera… il en restera cerveau-bé...

Que dire de plus à l'instant, je ne sais même pas si on comprend ce que j'écris…

*


Ce texte m'a été inspiré par ce que déclara une personne à l'occasion des obsèques d'un prêtre catholique. Il n'en constitue nullement un commentaire, ni une paraphrase. Il fut nourriture pour mes balbutiements de recherche. À cause du contexte dans lequel j'ai lu l'expression « en ce temps-là »  La personne concernée, si elle passe par ici, se reconnaîtra probablement. Ce qui ne veut pas dire approuvera mes propos.


mercredi 25 septembre 2019

107 - Jésus et Amélie


Ce n'est pas si fréquent qu'une auteure (qui plus est à succès) écrive un livre où il est question de sa relation et de sa perception personnelle de Jésus, sans que cela soit emberlificoté dans un jargonnage religieux, théologique, ou autre du genre.
Tel est l'ouvrage que publie Amélie Nothomb « Soif » après avoir opté pour « parler au je », c'est-à-dire faire parler Jésus. Il s'agit évidemment d'un procédé littéraire propre à transmettre sa perception de Jésus, sa manière de l'aimer, sa relation à lui facilement lisible entre les lignes. En quelque sorte c'est une forme de témoignage à travers cette option littéraire. Il est bien évident que Jésus n'a jamais tenu de tels propos. Comme il est tout aussi évident que dans l'Évangile, officiel, il n'y a aucune garantie que les propos attribués à Jésus furent effectivement prononcés tels que rapportés. D'autant que cela est différent d'un évangéliste à l'autre… Personne n'était là pour enregistrer avec un magnétophone ou une vidéo.
La critique qui consiste à dire et à insister, pour démolir le texte d'Amélie, que Jésus n'a pas parlé comme cela est une imbécillité de plus de clercs ou de laïcs endoctrinés.

Je le dis clairement : j'aime beaucoup, ce livre.
Ce n'est pas pour autant que je le co-signerai. Certes, non.
J'ai beaucoup aimé, car il est question, en premier, de l'humanité ordinaire de cet homme de Galilée. Il est question de Jésus. Pas nécessairement de Christ.
Il me plaît que soit donné à « entendre » une certaine réalité d'un vécu relationnel avec cet homme, qu'on le considère comme un prophète, le fils unique de Dieu, ou un sage parmi d'autres. Personne n'a de pouvoir sur lui.
Hors de question de me comparer avec Madame Nothomb, il n'empêche, qu'au final, c'est ce que je fais sur ce blog. Témoigner d'une relation intime. Et j'ajouterai que j'apprécie lorsque des commentateurs font de même. Ça évite les théories de toutes sortes, fumeuses ou avérées.

Je suis quasi certain que cela peut rapprocher certaines personnes de cet homme, alors qu'elles s'en sont éloignées parce que la religion qui s'est accaparée Jésus a fini par réduire son humanité à sa seule divinité supposée. Comme si l'incarnation passait au second plan. On affirme « vrai Dieu et vrai homme », mais en expose surtout un Christ omnipotent et omniscient, qui serait un Dieu avide de pratiques cultuelles et de moralisme grand teint. Ce que ce même Jésus paradoxalement critiquait de son vivant sur terre. Tout cela ne peut qu'éloigner les hommes contemporains, à qui « on ne la fait plus ».
Face à cela, j'ai été heureux de lire qu'un certain nombre de personnes ont eu un nouvel attrait pour Jésus après avoir lu Amélie Nothomb. Tant mieux. N'en déplaise aux détenteurs des vérités premières.

L'un des mérites de ce livre me semble qu'il peut renvoyer, et même qu'il devrait renvoyer, à la question que Jésus lui-même posait :
— Et vous, qui dites-vous que je suis ? (Ev. Matthieu Chap 16)
On connaît la réponse officielle mise dans la bouche de Simon Pierre :
Tu es le Messie, le fils du Dieu vivant.
Le crédo chrétien invite à signer et il convient de respecter cet officiel sans en dévier jamais. Voilà, il n'y a rien d'autre à voir. Ni à penser autre chose.
Je ne vais pas développer la suite de ce passage de l'Évangile. Il y aurait beaucoup à dire, ce sera peut-être pour une autre fois. Pour l'instant c'est la question qui m'intéresse. Me la poser à moi-même. 

Qui est donc cet homme pour moi ?
Impossible de répondre par une formule. Surtout pas théorique ou théologique. Peut-être pourrais-je dire : tu es un homme qui m'a séduit, il y a bien longtemps dans mon enfance. Tu étais celui qu'il est convenu d'appeler « l'enfant Jésus ». Celui de la crèche bien entendu, mais plus fondamentalement celui que je ressentais au fond de mon cœur. Peu à peu tu es devenu un maître de vie, de libération, d'une forme de bonheur qui brule. Au fond je pourrais peut-être résumer cela. Tu as été et tu demeures mon libérateur. Qu'est-ce que je pourrais espérer de mieux qu'une libération par l'intérieur, par l'amour et l'affection,  et par la médiation de celles et ceux qui m'ont aidé à y parvenir parce que, pour eux aussi, tu étais un maître à vivre.
C'est à la fois simple et compliqué. Disons que c'était simple au départ et que cela s'est compliqué pour avoir trop fréquenté un système religieux qui a bien failli m'éloigner de toi à jamais.

(À suivre… peut-être… j'écris parfois cela et la suite ne vient pas. Vous en êtes peut-être quelque peu frustrés, chères lectrices et lecteurs. Il y a des suites à l'intérieur de moi depuis des années que j'écris ce blog. Je n'en rends pas toujours compte ici. Ce n'est pas l'objet du blog. )




jeudi 28 février 2019

106 - La Porte


« Je suis la porte »

Depuis quelques semaines la méditation qui me revient et cette parole de Jésus : « Je suis la porte ». Je sais d'expérience qu'alors il ne faut rien faire, si ce n'est se laisser habiter par ce qui émerge à la surface des eaux.
« Avant » c'est un peu comme un ballon dégonflé qui serait sous les eaux sans se manifester. Et puis, par je ne sais trop quelle alchimie intérieure, il se met à enfler et voilà qu'il émerge à la surface des eaux où il flotte librement. Il faut juste l'observer de la rive. J'avais fait une vidéo d'une petite bouée flottante dans un port de mer que la légère houle ballottait sans cesse de manière répétitive et pourtant à chaque fois différente. La méditation, la mienne, c'est un peu cela…

Arrive un jour je sens que je peux commencer à écrire. C'est aujourd'hui. (C'est probablement pour cela que mes publications ici sont irrégulières).

« Je suis la porte »
il y en a partout des portes. Comme tout le monde, j'en ai franchi des milliers. Et je ne parle pas de cette porte symbolique de mon origine qui m'a fait passer du ventre de ma mère à l'existence.

C'est aussi une symbolique forte et significative dans l'architecture. Les portes dans les anciennes villes qu'on ouvre le matin pour accueillir, qu'on ferme le soir pour se protéger. Quand on n'a pas fait des douves et un pont-levis pour rester entre soi… les portes dérobées, secrètes, menant à des lieux d'initiés. Mais aussi les portes banales qu'on ouvre à tous les vents, dont on interdit l'entrée, celles qu'on claque au nez pour faire taire. Les portes de prison y compris ces prisons dans lesquelles on s'enferme soi-même… Enfin bref on pourrait multiplier les exemples.

« Je suis la porte »
un être humain dit cela. C'est un peu idiot, non ?
Pas « UNE » porte… mais « LA » porte.
Pas « je suis COMME la porte » mais JE SUIS.

Je connais bien des gens qui ont lu cela dans l'Évangile… et puis ils sont passés à autre chose… Comme si le propos était sans densité. Une parole comme une autre, histoire de causer… !

J'en connais d'autres, penseurs en chambre, chrétiens ou non, qui ont glosé à l'infini sur cette « thématique » et ont décliné de savantes explications théologiques, puissamment intellectuelles, ou sérieusement farfelues. Ils ont justifié leur propos par toutes sortes de références bibliques qui expliquent le pourquoi du comment.
C'est certain qu'à les lire cela nous aide chaque jour et chaque minute à éduquer les enfants, faire la vaisselle, remplacer une ampoule, préparer le repas et se rendre au travail pour vendre des assurances par téléphone dans un open space.

« Je suis la porte »
c'est presque un mantra, à la fois immense et dérisoire.
Sans doute pour faire entendre de quelle porte il peut s'agir, l'évangéliste Mathieu, après avoir médité lui-même, cru nécessaire de préciser qu'il s'agissait d'une porte étroite et que le chemin pour y parvenir n'était pas l'autoroute des vacances, et il ajouta, — bien peu optimiste le Mathieu ! — que beaucoup ne trouveront ni le chemin ni la porte…
En fait, je pense qu'il était plutôt réaliste…

Or, Jésus précise que si on entre (par lui) on trouvera des pâturages.
Évidemment aujourd'hui les pâturages ça fait un peu bouseux, baba cool, « l'amour est dans le pré » et au mieux quelque peu écolo…
Mais à l'époque c'est quand même la symbolique d'un vrai bonheur, d'un paradis, d'un lieu d'accomplissement. « Sur des verts pâturages, il me fait reposer » chantait le psaume.
Le pâturage c'est la terre riche et bienfaisante, généreuse, nourricière, en quelque sorte ce rêve que chacun nourrit au fond de soi : le grand soir, le nouveau paradigme, l'ère du Verseau, le nirvana, le « plus jamais ça », bref la félicité…
une arnaque ? Un rêve irréalisable ? Un attrape-nigaud pour neuneux ?
Pour piger que ce n'est rien de tout cela, il faut sans doute revenir à Mathieu tel que j'en parle plus haut. Le chemin n'est pas facile à trouver, la porte est étroite.

« Je suis la porte »
c'est peut-être l'ardent désir de cette porte étroite qui m'a mobilisé depuis longtemps. Comme une promesse à laquelle j'ai cru, parce que je savais qu'elle n'allait pas me tomber toute cuite dans le bec. Parce que mon histoire de vie m'a démontré l'âpreté, la dureté du chemin. Parce que d'autres ont vécu l'identique. Parce que Jésus lui-même y a laissé sa peau dans des conditions inhumaines.
Je n'ai jamais cru qu'à l'exemplarité du témoignage authentique.
Et je n'ai jamais cru tous ceux qui proposent le bonheur immédiat et absolu à 50 € hors-taxes, payable par carte bancaire. Vous recevrez en retour le mode d'emploi du bonheur par fichier PDF....

« Je suis la porte »
un être humain qui, par sa personne, offre librement le passage à celui qui le choisit, sans en attendre une « récompense » (et on sait ce que fut celle de Jésus… !), mais par ontologie, ne peut qu'être habité de divin.
Un être humain qui par sa personne dont il a déployé le potentiel essentiel, et qui offre à d'autres la même expérience possiblement : accède à ce « plus que soi en soi » qui est la trace du divin.
Un être humain, qui s'est transformé (transfiguré ?) à ce point porte le témoignage vivant des pâturages promis.

« Je suis la porte »
Finalement, c'est probablement cette phrase fondamentale (pour moi) qui m'a fait choisir Jésus comme Maître. Et que je ne l'ai jamais regretté… parce que désormais
 « les pâturages » je connais…


(À suivre… peut-être…) 





vendredi 23 novembre 2018

105 — le désir de l'homme

Dans les stages que j'ai animés, il y avait cette question :
— quel est votre plus grand désir dans l'existence ?
(J'explicitais le sens du mot : l'aspiration la plus profonde) 

Bien entendu les réponses étaient diversifiées suivant la personnalité de chacun/e, qui cueillait la sienne au niveau de profondeur ou de surface où il ressentait son propre désir.
Ayant eu de nombreux participants pendant bien des années, et sans vouloir globaliser trop, il est possible de synthétiser les réponses. Revenait fréquemment : — le désir d'être heureux. —  le désir de réussir sa vie en entreprenant quelque chose qui en vaille la peine, fasse sens, permettent de s'accomplir, soit utile.
Bien sûr, certaines personnes n'arrivaient pas à cerner leur désir. Les raisons en étaient multiples, et ce n'est pas le lieu pour les évoquer.


Il est fréquemment question de bonheur dans les Évangiles.

 On connaît bien comment Jésus en parle d'une manière assez étonnante, aux apparences contradictoires.
— Heureux les pauvres  en esprit (ceux qui se sont désencombrés la tête pour trouver la simplicité de l'être profond)
— heureux les affligés (ceux qui ont abandonné leur besoin de toute-puissance, et la croyance que l'on peut se suffire à soi-même. Ils entrent dans la chance de l'altérité salvatrice, en se reconnaissant affligés de manques et/ou de souffrances )
— heureux ceux qui sont doux (qui ont expulsé de leur psychisme la violence réactionnelle qui contribue à leur malheur et au malheur d'autrui)
— heureux ceux qui ont faim et soif de justice (ceux dont leurs tripes profondes les poussent à l'engagement en ce sens)
— heureux les miséricordieux  (qui ne détournent pas le regard de la misère des autres, délaissés, migrants, SDF, parents ou grands-parents dans un mouroir… posent des actes concrets, et dès lors peuvent se regarder en face)
— heureux ceux qui ont le cœur pur (ceux qui ont retrouvé l'enfant pur au fond d'eux-mêmes et le laisse vivre la surface de leur existence)
— heureux les pacifiques (qui ont guéris de leurs souffrances relationnelles,  sont devenus aptes au pardon des offenses subies. Leurs actions génèrent plus de Paix)

et je pourrais continuer ainsi.

Il est fréquemment question de désir dans les Évangiles.

Non pas le « mauvais désir » évidemment, c'est-à-dire tout ce qui relève de la convoitise, du désir de posséder l'autre comme objet, etc.
Il s'agit surtout du « désir de vivre autrement » que dans l'état de vie où l'on est présentement.

Cela concerne beaucoup d'épisodes relatés, appelés « les miracles ».

Je ne vais pas insister sur la traditionnelle confusion que l'on fait entre miracles et actes magiques… je ne prends pas mes lecteurs pour des ignares là-dessus. Le miracle n'est pas une intervention divine descendue du ciel, ni un acte de magicien, mais une interaction humaine de deux personnes qui ont une foi viscérale dans le changement profond. L'un (Jésus) aide à le recevoir, l'autre (« le miraculé ») en bénéficie parce qu'il y croit.. C'est à la fois aussi simple que ça et aussi mystérieux que ça.

L'homéopathie réussit, parce que le thérapeutique y croit fermement, et que le patient y croit tout aussi fermement. Alors ça marche. Question de foi !
(J'ai évoqué dans le billet précédent combien la foi déplaçait les montagnes)

Jésus a guéri des lépreux, des boiteux, des paralytiques, etc. mais il n'a pas guéri TOUT LE MONDE... 
et cependant la guérison est offerte à tout homme, déclara-t-il en substance.

En s'interrogeant  sur le pourquoi, on comprendra bien des choses…

Pour ma part, et d'une certaine manière par expérience de thérapeute, je dirais que la "guérison" n'est offerte qu'à celui qui croit à l'interaction humaine que je soulignais ci-dessus. Je n'ai jamais pu aider aucune des personnes qui n'avaient pas confiance dans ce que je proposais.
Je n'ai jamais pu constater de résultat palpables chez celui qui ne croyait pas qu'il pouvait s'en sortir fondamentalement, à l'instar des propos de Jésus :
— « lève-toi, prends ton grabat, et marche ! »
(Je ne mets pas en doute la bonne volonté de certains, mais il y a tant de bénéfices secondaires et de déni sous-jacent, que le véritable désir de changement reste enfoui sous les décombres de l'histoire personnelle).

Autrement dit, chez Jésus, il n'est jamais question QUE de l'accomplissement du désir de l'homme.
Il ne faut pas oublier que le seul nom qu'il s'est attribué lui-même est : 
« fils de l'homme ».
Ce n'est pas lui qui s'est appelé  LE fils de Dieu… (unique)
lui il parlait de son Père.

L'accomplissement du désir se réalise :
Par la foi en soi-même, et par la foi en cet homme, Jésus.
C'est aussi simple et aussi compliqué que ça.

C'est en tout cas mon option, choisi délibérément et librement, ce qui ne veut pas dire que c'est facile d'en vivre 24/24h.


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Le voyageur de l'aube va progressivement à la découverte de son propre paysage intérieur qu'il choisit de donner à voir. Il s'agit de l'expérientiel et ses billets n'ont rien de didactique.
Les billets sont d'abord écrits pour moi-même , selon  l'émergence de ce qui jaillit du fond de moi, « en instantané », face au lectorat qui passe par ici. J'y trouve là une certaine rigueur personnelle. 





lundi 8 octobre 2018

104 — 6 mois plus tard



Le billet précédent annonçait une nouvelle étape. C'était audacieux d'une certaine manière. Une nouvelle étape se caractérise souvent par un changement concret, matériel, visible. Ainsi d'un changement d'activité, d'état personnel, d'un déménagement, ce qu'on appelle parfois « une nouvelle vie ».
Rien de tout cela en ce qui me concerne. Mon entourage ne doit pas avoir le sentiment que j'ai « changé ».

Je n'ai pas changé. Je suis changé.

En ces domaines les choses sont souvent de l'ordre du constat. Pas de l'action directe. Même si action il y a, engendrée par la transformation intérieure opérante.
On peut changer de métier par décision et mise à exécution. On ne peut pas changer de psychisme de la même manière. C'est un instantané impossible, car hors de tout mouvement volontariste dont on aurait pu rêver.

On ne change pas le monde. On choisit de se laisser changer. Cela suppose l'observation intérieure qui permet de devenir acteur de l'accompagnement de son propre changement. 

Accepter de se mettre dans le mouvement qui consiste à se laisser changer par l'existence, par soi-même et par ce qui nous environne et nous pousse à être.
Cette acceptation change énormément de choses par rapport à la résignation de subir.

Le désir n'est pas le vouloir.
Le désir spirituel n'est pas le vouloir d'y parvenir.
C'est plutôt l'acceptation d'un état intérieur préexistant.
Je ne dis pas universel, mais je le pense, au sens que j'aime en faire l'hypothèse.

J'ai été biberonné à « la morale du devoir »  dispensée par le milieu catholique dans lequel j'étais, comme la quasi-totalité des français de ma génération.
Celle-ci avait ses vertus. Ce serait une grave erreur de la passer par pertes et profits. 
Elle présentait cependant un manque, en forme de gouffre, l'absence de reliance au Désir.
Dès lors, le biberon suivant, qui était : « faire la volonté de Dieu », ne pouvait que consister à se conformer aux règles, lois, préceptes, et autres rituels labellisés par une organisation externe, censée connaître ce qu'il en était de ladite volonté divine.
L'ensemble des prescriptions été codifiée dans d'importants ouvrages, résumé dans un code moral appelé : « catéchisme ». Tout manquement devait faire l'objet d'une confession, d'une pénitence matérialisée, et d'un repentir censé être « sincère ». Ce qui n'empêchait pas de continuer à enfreindre le catalogue. Mais fort heureusement, on pouvait se confesser autant de fois que nécessaire. Ouf !

Autrement dit, la primauté est donnée à « l'amour de raison » au détriment de « l'amour de cœur », considéré comme éminemment suspect, puisque la proie des « passions charnelles ».

Or, s'il existe une morale spirituelle développée par Jésus, c'est la « morale du désir », dont il est convaincu d'avoir les clés  par intuition personnelle fondamentale, et qu'il les reçoit de celui qu'il appelle « son Père ». (C'est intéressant au passage d'observer qu'il ne se considère pas comme autosuffisant…)

Quel est donc le Désir de Jésus ?

Ceux qui l'ont connu racontent ça dans les Évangiles. Ce n'est donc pas compliqué. Il n'y a qu'à aller à la source. Et bien sûr lire le texte avec des yeux neufs et pas avec « des yeux de curé ! » C'est-à-dire avec des souvenirs des salades qu'ils nous ont racontées jusqu'au gavage. (Pas tous, bien entendu, mais beaucoup quand même…)
Dans la mesure où la personne est désormais adulte, une telle rupture de l'endoctrinement antérieur est accessible, d'autant que l'on est plus « obligé de croire » dans l'État français laïc.

Personnellement ce que j'ai retenu, c'est qu'il me fallait répondre moi-même : « qu'est-ce que je désire réellement et profondément ? »

C'est l'invitation principale qui m'est faite.
Et il semblerait que lorsqu'on a cerné « SON désir », et dans la mesure où il a été cueilli à la profondeur que l'on sait atteindre,… il peut se réaliser… les chrétiens vont alors ajouter quelque chose d'assez juste : « avec la grâce de Dieu ».
En langage ordinaire on pourrait dire : avec la confiance dans les forces de la Vie internes. (Nom d'ailleurs que s'attribue Jésus lorsqu'il dit : « je suis la vie ») Ainsi que dans les forces de vie de certaines personnes que d'aucuns qualifieront de « médiations ».

C'est ce qu'affirme Jésus dans une formule bien connue : une foi à déplacer les montagnes.

«  Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. »


Évidemment si on s'en tient à une lecture littérale et fondamentaliste… cette phrase est idiote ! Mais à celui qui a véritablement « foi en l'homme » elle parle clairement et nettement. La métaphore lui fait sens, parce qu'il en a expérimenté les effets.

(.......)

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Ce billet est écrit en roue libre. Comme ce fut souvent le cas sur ce blog. Les textes sont d'abord écrits pour moi-même même s'ils s'adressent à un public. Comme je l'ai dit au début de ce blog, je confronte l'évolution et l'émergence de ce qui jaillit du fond de moi, « en instantané », et face au lectorat qui passe par ici. J'y trouve là une certaine rigueur personnelle.

mercredi 4 avril 2018

103 - Nouvelle étape



Peut-être aurez-vous remarqué que j'ai changé le texte en exergue de ce blog. Ce n'est évidemment pas par hasard. Je veux ainsi marquer une nouvelle étape.
Laquelle ?
Pour l'instant c'est le sentiment que quelque chose est achevée. À la fois quelque chose qui est en train de tomber du côté de mes démêlés avec les religions ; et à la fois mon désir et mon choix (qui doit encore s'affirmer) de faire en sorte que cette chute des vieilleries anciennes, aille jusqu'aux abysses.

J'en suis en quelque sorte à sortir du « sas de décompression », pour rentrer dans ce que je pourrais appeler le renouveau d'un « en avant ».
La vie est évidemment au présent, mais tout est dans une dynamique des commencements.
Ces derniers temps j’avais tendance à trop oublier le titre de mon blog qui fut un jaillissement reçu dans une forme d'inspiration, il y a maintenant plus de 6 ans, que je n'ose pas vraiment qualifier de divine… mais presque… !

Mon corps m'a fait prendre conscience ces derniers mois que je m'étais éloigné de cet Élan Vital que j'évoquais dans la dernière phrase de mon texte numéro 102. Cela m'a fait mal de relire que j'avais tant stagné durant près de quatre mois. Et merci au passage à mon corps de m'avoir envoyé des signaux d'alerte que j'ai mis du temps à décoder. « Vieux motard dans l'allée » (expression de ma jeunesse remplaçant mieux vaut tard que jamais… ).

Je ne sais pas pourquoi je me suis tant engourdi. Repli hivernal ? Il y a de cela, mais ce n'est qu'une explication très partielle. La pente passive est toujours une tentation. Le chemin de traverse en est une autre.
Il m’aura fallu relire des passages d'un livre mémoriel relatant une histoire dont je fus en partie témoin et en partie acteur, et qui m'a renvoyé à cette parole biblique : « voici que je fais toute chose nouvelle ».

 ... Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ;
—car le premier ciel et la première terre avaient disparu, … (apocalypse chapitre 21)

Ça m’a percuté !
Il n'était donc plus temps de cultiver sur des terres intérieures anciennes.
Il était temps de faire ma révolution agraire et d'opter pour l'écologie divine !
Sur les terres nouvelles n'existent que des commencements.
Et non pas des recommencements cycliques où l'on fait toujours plus de la même chose.

M’est revenu au grand galop, tels les chevaux de l'apocalypse, ce jour à la fois lointain et facilement présent où je reçus ma « terre intérieure ». Bien sûr il m'aura fallu le temps pour comprendre que ce jour-là j'avais franchi la porte du « Nouveau Monde », ce que par ailleurs j'appelle le Royaume

Seulement voilà, la paresse spirituelle guette toujours. Les petits accommodements minables. L'engourdissement qui conduit à la mort celui qui se laisse refroidir sur un sol gelé.

J'espère de tout cœur que les signes du corps que j'évoquais sont désormais des signaux d'alerte suffisants pour me faire entrer dans un changement effectif et concret. Il comporte des actes posés, (certain sont accomplis), des rencontres à décider, et d'autres choses encore qu'il n'y a pas lieu d'exposer ici.

Le Voyageur sait bien que les aurores nouvelles sont chaque jour différentes et non reproductibles. À lui de demeurer le Voyageur de l’Aube…




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-o0o-  FIN D'UNE ÉTAPE -o0o-

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jeudi 14 décembre 2017

102 - Dieu ?


Il y a « les maîtres inspirants ». J'en ai parlé plus d'une fois. Ce ne sont pas des modèles à suivre plus ou moins librement ou servilement, qui me diraient ce que je dois faire ou ne pas faire. Ce sont plutôt des « (é)veilleurs de ma vie » qui m'ont permis d'aller à la découverte de ce qu'il en était de moi-même, au-delà des images et des représentations que j'avais pu me fabriquer ou que d'autres avaient tenté de m'imposer.
Ils furent comme des « révélateurs » à l'image de ces papiers-photo plongés dans le bain de révélateur et sur lesquels apparait quelque chose que ombres et lumières du négatif ont incrusté dans le papier photographique mais ne se voit pas encore. C'est-à-dire, et pour quitter la métaphore,  quelque chose qui jusque là n'était pas encore ma conscience plus ou moins claire.

J'ai plus d'une fois indiqué que Jésus faisait partie de ces maîtres–là.

vendredi 29 septembre 2017

101 - Quelle Justice ? Dans quel Monde ?

Sur un site Internet, il est proposé de méditer sur les ouvriers de la vigne qui reçoivent le même salaire alors qu'ils n'ont pas travaillé le même nombre d'heures…

Je le reprends ici pour ceux qui ne connaîtraient pas :

jeudi 17 août 2017

100 - La mort ?… Et après ?…

Sur un autre blog, j'ai relaté la mort récente d'un ami que je connaissais depuis 45 ans. En quelques 15 mois il a été emporté par le cancer.
Quelqu’un a commenté de la manière suivante :

Gérard Philipe avait noué une immense et profonde amitié avec Georges Perros du temps de leur prime jeunesse; quand l'un écrivait à l'autre "C'est bien de te savoir avec moi sur le globe", l'autre lui répondait "J'ai hâte de te coudoyer"... 
Quand Gérard Philipe a pris le même chemin que ton ami, dans les mêmes circonstances, Georges Perros a dit sur sa tombe: "Ce sera moins dur de mourir, maintenant, pour ceux qui t’ont aimé. Moins bête. Il y aura un rendez-vous à ne pas manquer, que nous ne manquerons pas."

dimanche 5 mars 2017

99 - Le Libérateur asservi (partie 2)

3. - Qu'est-ce que Jésus voulait ?

Cela peut se résumer d'une manière simple, considérée  souvent aujourd'hui  comme simpliste, et dont on se moque allègrement : « aimez-vous les uns  les autres » moi-même je l’ai brocardée avec un : aimez-vous les uns sur les autres…
Évidemment c’était pas aussi simple que ça, surtout quand il avait ajouté : aimez vos ennemis !… Faut quand même pas pousser mémère…